Arther

par |
Juliette (chant), Alex (guitare), Kevin (batterie) et Benoît (bassiste) forment le groupe Arther. Après avoir sorti un maxi des plus prometteurs en 2004 et conquis un large public sur Myspace, le combo a quitté sa Bretagne originelle pour rejoindre la capitale afin de laisser libre cours à sa musique.

Un exil qui se solde aujourd’hui par la parution d’un premier album éponyme sur le label indépendant Daruma Productions . Entre rock ravageur et pop mélodique, Arther nous balade au grès de ses influences diverses tout en affirmant son propre style. Le début d’une nouvelle aventure pour un jeune groupe à suivre de près.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

arther-2 Alex : Kevin et moi, on s’est connu au lycée à St Brieux en Bretagne quand on avait 15-16 ans. On a commencé à jouer. On a eu pas mal de groupes. Et puis on est parti un an en Angleterre en 2000. On a vécu beaucoup d’expériences musicales là-bas avant de revenir à Rennes. On a rencontré Juliette début 2003. Elle venait d’arriver à la fac. Elle avait 18 ans. On a donc commencé le groupe comme ça, en 2003, et après on a trouvé Benoît, le bassiste, en 2004. On a enregistré un maxi la même année. L’an dernier, on a enregistré deux titres qu’on a mis sur Myspace et c’est ce qui a vraiment lancé l’aventure.

Juliette : C’est grâce à Myspace qu’on a rencontré notre label. Daruma Productions est un label indépendant. Du coup, on a vraiment eu une bonne relation. On a construit tout le projet ensemble. On a beaucoup appris les uns des autres. C’était très intéressant.

Vous sortez votre premier album. Comment vous sentez-vous à l’heure actuelle ?

Juliette : C’est forcément stressant mais, en même temps, c’est super agréable. C’est énorme de voir les chansons qu’on travaille depuis longtemps posées sur l’album. C’est le début d’une nouvelle période parce qu’on va vendre notre disque, on va tourner avec nos chansons. On va pouvoir se rendre compte des réactions du public grâce aux concerts. Car c’est vraiment sur scène qu’on peut juger ce que pense le public.

Alex : C’est une fin et un début en quelque sorte. On a déjà des bons retours sur Myspace mais l’album concrétise vraiment tout notre travail.

Comment s’est passé l’enregistrement de l’album ?

Kevin : On a beaucoup travaillé l’album à Rennes dans un studio très sympa, surtout au niveau des guitares, basse et batterie. Du coup, on a gardé les prises pour l’enregistrement final qui a eu lieu à Paris. En fait, on a enregistré le disque en deux fois.

Juliette : On a vraiment pris le temps d’enregistrer donc c’était plutôt agréable. Ça a duré un mois et demi. On a pu se poser et réfléchir à ce qu’on voulait vraiment faire.

Alex : On est très content du résultat final !

Comment s’est passée la composition de cet album ?

Kevin : On n’y a pas vraiment réfléchi. C’est un mélange des influences de chacun de nous car on a tous des cultures musicales différentes. Alex et moi, on se rejoint assez dans nos goûts musicaux mais Juliette a une culture plus pop.

Juliette : Notre album est le reflet de la confrontation entre ce que Kevin et Alex écoutent et ma voix. On a des instruments qui sont très puissants et, moi, j’ai une voix qui reste assez douce. Du coup, on est dans quelque chose d’assez antagonique, en fin de compte, mais on construit des chansons dans lesquelles on se retrouve.

Alex : On a eu un directeur artistique qui nous a poussé à mettre des guitares acoustiques, des banjos, histoire de donner une couleur un peu plus divertie au disque.

Quelles sont vos principales influences musicales ?

Alex : Chantal Goya, comme tout le monde !

Kevin : Les Red Hot (Chili Peppers, ndr) principalement et, en ce moment je suis à fond dans les Strokes .

Juliette : J’écoute des trucs plus cools comme Radiohead et la musique des années 70. Sans oublier Beth Gibbons de Portishead .

Quels sont vos thèmes de prédilection pour les textes de vos chansons ?

arther2 Juliette : On écrit les textes ensemble avec Alex . Le thème global de l’album, c’est vraiment notre regard sur la société actuelle et sur le monde qui nous entoure. Totally Out est une critique des puissants de ce monde qui ont de l’argent mais qui se nourrissent de la douleur humaine. C’est comme une espèce d’orgie où ils se gavent jusqu’à en devenir fous. TV Show porte sur les médias et sur leur influence sur les comportements. Parce qu’aujourd’hui, on a l’impression qu’on ne peut plus changer le monde mais qu’on est en train de le subir. On veut dire que l’esprit collectif est toujours là et que ça marche. Il faut pouvoir retrouver cette conscience collective pour faire bouger les choses. La chanson Woman parle du féminisme et elle dit qu’il faut se retrouver entre hommes et femmes parce que tout reste à faire ! On ne va pas vers quelque chose de très bon en ce moment et ça se ressent dans notre façon de vivre au quotidien.

Vous avez repris le titre Ederlezi de la BO du film Le Temps des Gitans . Pourquoi avoir choisi ce titre ?

Alex : C’est simple, on est incapable de faire des reprises. Généralement, quand un groupe commence, il fait des reprises. Nous, on ne l’a jamais fait. C’est la seule reprise qu’on arrive à faire.

Kevin : On a repris ce titre sans connaître la version originale. On a joué notre version directement. Elle aurait été différente si on l’avait écoutée avant parce qu’on aurait cherché à retranscrire les mêmes arrangements.

Juliette, est-ce que tu as une technique particulière pour travailler ton chant ?

Juliette : Je fume beaucoup et je bois. Je n’ai aucune technique particulière et je ne fais pas du tout attention à ma voix.

Alex : Elle ne se casse jamais la voix !

Juliette : C’est parce que je suis jeune.

Vous chantez en anglais. Est-ce un choix ?

Kevin : Oui, c’est avant tout un choix. On n’a même pas essayé de chanter en français. Quand on était plus jeune, on jouait dans des groupes en français, mais après notre séjour en Angleterre, on a vraiment trouvé notre style.

Alex : Quand tu chantes en français, tu es obligé de faire des compromis sur la musique. Le langage est tellement poétique que tu dois le faire passer avant la musique. Il faut savoir le faire.

Est-ce que vous envisagez une carrière à l’international ?

arther3 Alex : On aimerait bien, mais là, en termes d’indépendant, on part vraiment de rien. Si l’album marche, c’est sûr que ce sera un de nos objectifs. C’est même le but ultime. On essaye de devenir les nouveaux U2 ! On a joué à Londres et ça s’est super bien passé. Donc on espère y retourner bientôt.

Juliette : En Angleterre, ça joue vraiment fort et ça nous correspond bien parce qu’on est un groupe de rock avant tout. On s’est vraiment régalé ! Le public est très attentif. Par contre, on est devenu sourd !

Comment vous définiriez votre musique ?

Alex : Je dirais qu’on est assez inclassable. Généralement, quand il y a une fille qui chante, on s’attend à un style très calme. Dans le cas contraire, on reste dans une espèce de métal assez bizarre. En ce qui nous concerne, on arrive à faire une musique qui tient la route rock avec une voix de fille.

Juliette : On est dans la confrontation d’un style pas évident parce que notre son est vraiment puissant donc on est sans cesse en train de réajuster la voix et les instruments pour que chacun ait sa place. La composition n’est pas simple mais les heurts constants font partie de notre son.

Que pensez-vous de la scène rock française actuelle ?

Juliette : Il y a plein de groupes qu’on aime bien. J’aime beaucoup Hushpuppies par exemple.

Alex : On aime bien Rhesus . On a d’ailleurs fait leur première partie.

Kevin : J’aime bien Mademoiselle K et Cali aussi.

Quels sont vos projets ?

Kevin : On se concentre vraiment sur l’album et la tournée. Pour l’instant, on ne réfléchit pas à ce qui va se passer après. On a encore beaucoup de boulot !

En savoir +

Site officiel : www.arther-music.com

Myspace : www.myspace.com/arthermusic

Partager !

A propos de l'auteur

Image de : Fraîchement débarquée dans la vie active après des études de communication, j'assouvis ma passion pour la musique en jouant les apprenties journalistes et en écumant les salles de concerts parisiennes à la recherche de nouvelles sensations ! Et même si ma guitare commence à prendre la poussière, un jour j'arriverais peut-être moi aussi à faire quelques chose de mes dix doigts.

1 commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires
  1. 1
    le Mercredi 5 mars 2008
    ThomThom a écrit :

    Arther aime Rhesus . C’est drôle!
    Ca coule de source (humour saignant).

Réagissez à cet article