Arnaud Fleurent-Didier, un homme qui aime, qui aime faire des disques

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Les Francofolies ont envahi Montréal. Pendant plusieurs jours, la métropole est le centre du monde pour la chanson francophone. Pouvions-nous imaginer meilleure occasion de rencontrer Arnaud Fleurent-Didier et ainsi revenir sur son excellent disque La Reproduction ? La réponse est non.

De passage au Québec afin d’y donner deux représentations avec son groupe, dont une en première partie du chouchou des québécois Pierre Lapointe, Arnaud Fleurent-Didier prend davantage de recul sur le déchainement médiatique engendré par son nouvel album. Beaucoup de choses semblent s’être passées depuis France Culture, chanson parue l’été dernier. Encore plus de choses depuis l’enregistrement du merveilleux Portrait du jeune homme en artiste (un disque tout simplement obligatoire).

Ainsi, on le retrouve sur rendez-vous, bien installé dans le confort de la salle de presse du festival des Francos. Dans une ambiance détendue, après avoir échangé quelques mots sur le cinéma, on se dit tout…

Depuis janvier, tu ne laisses pas indifférent, que ça soit les blogueurs ou chez les journalistes, mais au moins le disque ne dort pas. Comment te sens-tu par rapport aux critiques et aux éloges, à ce que les gens disent de toi?

Image de AFD_Repro Tu sais en France, c’est tranché, on aime où on n’aime pas, donc bon, ce que je peux te dire, ce dont je suis assez satisfait, c’est que le débat s’est, je pense, beaucoup installé sur les chansons, sur la pertinence. Ce que je n’aime pas, et avec la maison de disques c’était pas évident à installer parce que eux ils sont là, ils découvrent un artiste, ils apportent un artiste aux gens, c’est quand on juge l’artiste, on juge sa gueule, sa voix, son style, donc si c’est ça les critiques… Et c’est là-dessus que tournent les critiques négatives, « j’ai pas de voix », « j’ai une tête de bourgeois », le parler-chanter, le parisianisme etc.

Tout ça c’est pas super intéressant, en tout cas on ne creuse pas, mais très vite par contre il y a un autre débat qui se créé sur « ah ouais la reproduction », « ah ouais c’est intéressant », « ah ouais nos parents » donc après on peut dire « c’est pertinent, c’est mal chanté mais c’est pertinent ». Les chansons font parler d’elles-mêmes et ça c’est une chance, j’aime bien ça. Faire davantage débattre sur le fond plutôt que sur de l’apparence, ce n’était pas gagné.

Dès qu’un artiste français fait parler de lui, on veut lui coller des étiquettes et on enchaîne les comparaisons : Gainsbourg-Polnareff-Delerm-Benabar et j’en passe. Ça ne te saoûle pas?

Non non, ça ne me saoûle jamais même maintenant, avec les Belges, les Suisses et toute la promo d’ailleurs, même ici dans le dernier papier qu’est tombé il y a un nouveau nom, il y aura toujours des nouveaux noms auxquels on me compare. Tu vas au bac de disques français d’un magasin, on m’a cité « tu ressembles à ça, ça, ça etc. À tout le monde! ». Donc un disque qui s’appelle La Reproduction c’est cool, pas de problème si je ressemble à tout le monde (rires).

Qu’as-tu ressenti lorsque tu as signé chez Columbia? As-tu senti ton intégrité artistique perdre des points comme le Phantom du Paradise dans le film de De Palma?

Tu sais on a passé le film à Paris au MK2 et j’ai fait venir le patron de Columbia, il est venu jouer de la basse. Il est super sympa et il ressemble à Swan.


Tu veux dire physiquement?

Disons que physiquement Swan il est trop particulier, mais en tout cas il a la même démarche, il est super petit, il a des petites vestes cintrées, et il marche pareil. Et tu vois c’est une sorte de gourou, il a des lunettes fumées, donc il y a un truc comme ça mais par contre on est amis, enfin pour le moment, peut-être qu’on va être ennemis avec des avocats un jour (rires). Pour le moment ça se passe bien. Je crois qu’on s’est rencontré au bon moment, il y a eu pas mal d’artistes ou d’autres gens qui lui ont amené mon disque six mois avant, il venait d’arriver. Par exemple, Mirwais, c’est un artiste signé par lui chez Naïve, un autre label. Et je pense que si on avait signé six mois avant, ça n’aurait pas été le bon moment, là il était en train de reprendre les rennes de Columbia, avec l’envie de faire les choses différemment. Il passait son temps à dire aux équipes « si on continue comme ça, c’est faire le jeu d’une major » donc à boire du champagne quand Michael Jackson meurt (rires), tu vois à faire n’importe quoi, payer des clips super chers etc. Et bien on accompagne doucement une décroissance.

Il a donc choisi de faire comme ça je pense : on va utiliser Arnaud Fleurent-Didier pour faire les choses différemment. Déjà un artiste qui s’appelle Arnaud Fleurent-Didier c’est bizarre avec un disque qui sonne bizarre, un truc qui s’appelle La Reproduction (rires), le mec il ne se montre même pas sur la pochette, enfin tu vois ce que je veux dire, des trucs un peu bizarres pour une major. Et je crois qu’il a aimé cette manière de faire. Au début il voulait faire un clip sur France Culture, le premier single, un truc du genre « Samuel Cogrenne fait un disque : il faut montrer sa gueule » etc. Donc je leur ai dit « non, non », on fait un truc super sobre et ça ils ont adoré. Et je crois que pour le moment, on a un rapport de confiance, sur un cahier des charges on va dire, comment on fait les choses. Je pense que cet état de grâce ne va pas durer.

Pessimiste?

Non je pense que c’est du réalisme. Je suis très Proustien. Il faut toujours se dire que ça va mal se passer. Ou Schopenhauerien.


L’album La Reproduction est-il une reproduction de Portrait du jeune homme en artiste ?

Très juste. Dans mon choix de titre La Reproduction, c’était important. Car je ne me vois pas du tout comme un artiste, je veux dire un chanteur avec une carrière. Ce métier m’échappe dans son intérêt fondamental. Ce qui m’intéresse, ce que j’adore, c’est faire des disques. J’ai adoré en faire trois dans ma vie. Et ce que je veux dire par là, c’est que lorsque je faisais Portrait du jeune homme en artiste, j’avais des amis qui signaient des contrats d’artistes où tu t’engages pour cinq albums. À propos de Portrait du jeune homme en artiste, c’est que je n’avais qu’un disque à faire dans ma vie, c’était celui-ci. Après je n’avais plus qu’à mourir (rires).


C’était comme un défi personnel ?

Exactement. Et c’était lui qui comptait et rien d’autre. Et donc une fois que tu l’as fait, tu meurs un peu, puis tu revis et il faut faire autre chose. Cette autre chose, c’est la reproduction. Alors dans le choix du titre, ça comptait. Mais ce n’est pas très intéressant pour les gens. Ce qui est important c’est que c’est aussi la reproduction d’autres trucs, le sexe etc.


Tu parles souvent de Stéphane Briat alias Alf…

Dans la technique, dans le processus de création, ça a beaucoup compté car ce disque. Je ne sais pas pourquoi, je n’arrivais pas à le mixer, il y a eu Mémé 68, même plus que France Culture, des titres qui me fatiguaient en quelque sorte, j’avais comme une incapacité à prendre du recul sur les morceaux et puis le côté radical de certains titres, justement comme France Culture, que personne n’avait jamais entendu. J’avais besoin qu’un type comme Alf dise « ah si c’est bien! ». Tu sais, c’est simple, il met le truc sur sa table, il écoute, et au bout d’un moment tu vois juste un truc comme ça (il tape du pied au rythme d’une chanson imaginaire) et puis il te dit parfois « Là j’ai eu les poils », ça veut dire qu’il a été ému, tu vois sur un mot. Et il ne travaille que comme ça. Il ne cherche pas à ce que la batterie soit comme ça… Moi je me disais qu’en allant le voir, par exemple Imbécile Heureux, c’est moche cette chanson, lui il va me faire le son de Phoenix sur la batterie, ça va être super. Et ce n’est pas du tout ça qu’il a fait. Et c’est pareil pour le titre France Culture où tu lui dis « Mais attend il y a des violoncelles un moment sur Reproductions, ils montent, c’est pas possible que tu gommes mes violoncelles! ». Il me dit : « Non non, si je gomme les violoncelles là, on est là (il place sa main pour figurer un niveau élevé), les violoncelles quand tu les mets, on n’est plus dans l’air, on tombe et je n’ai plus les poils! » Tu vois c’est cette petite émotion qu’il recherche.

Tout comme toi…

Oui mais c’est plus rare chez un technicien. Moi je pensais qu’il allait plus m’engueuler sur la qualité des prises qui sont parfois faites à la maison, tout seul, ce n’est pas le matériel habituel qu’il a. D’habitude, tu lui emmènes un album, il est enregistré super bien.


Tu parles parfois de ta préférence pour le format chanson plutôt que le format disque …

Ah c’est pas vrai. Moi je préfère le format disque. Mais par contre ça n’a aucun sens, aujourd’hui, le concept d’album, l’idée de faire un album. Ça j’adore. Tu vois c’est comme un film, c’est une œuvre avec un début, une fin, tout ça. Et ça c’est passionnant mais complètement démodé.


On constate que la narration est importante dans ta musique, que ce soit dans une chanson ou même à l’échelle de l’album…

C’est quelque chose qui me rassure ainsi que dans le choix du titre. et puis je commence toujours par la fin. Là c’est Si on ne se dit pas tout, pour Portrait du jeune homme en artiste, c’était pareil, si je n’ai pas la chanson finale, je n’ai pas le disque. Je ne dis pas aux gens que je fais un disque. Là il a aussi fallu une autre chanson, tu vois avant de me dire que je fais le disque. La Reproduction, il a fallu que j’ai Si on ne se dit pas tout, Mémé qui est devenue France Culture après, mais je veux dire, ça fait un diptyque. Ça fait questions/réponses. Enfin dans ma tête (rires). Et après un autre diptyque qui était le cul et le côté social : France Culture/L’origine du monde par exemple, une mécanique comme ça. Genre « tiens c’est trop bon de faire l’amour avec cette fille, qu’est-ce qu’on va en faire », et non après un coup de poing dans la gueule : France Culture. Mais je ne vais rien faire du sexe, je ne vais pas faire un gamin demain. Quand tu as cette dynamique, tu tombes sur le titre La Reproduction, tu te dis : voilà c’est un beau programme. J’ai ce qu’il me faut, c’est ça que je voulais raconter. Puis après tu remplis!


Laisses-tu une part de surprise, lorsque tu enregistres en studio ou tout est déjà extrêmement défini et programmé dans ton esprit ?

Ça n’est fait que de surprises même je dirais. Parce que en studio, je tenais un studio personnel, pas un véritable studio, la plupart des chansons, elles viennent au fur et à mesure, je sais pas, il y a deux/trois phrases qui marchent sur quatre accords de piano, c’est tout. Et après il faut des surprises. Tiens par exemple la chanson Reproductions, le refrain il balance bien et puis « je te vois » et puis là « tiens j’ai envie de faire du violon », et hop, bon j’exagère un peu mais disons que tu pars dans une idée musicale même si tu peux avoir écrit seize vers en plus, s’ils ne rentrent pas avec l’idée musicale, tu changes le texte. Et donc, les surprises elles sont permanentes. Et puis il y a les mauvaises surprises aussi. Par exemple Ne sois pas trop exigeant, un moment il y a un truc qui fait « Pam palapa pam palapa pam » (en chantant crescendo). Ce truc là, je me dis ce matin c’est sûr je vais faire les violons de Ne sois pas trop exigeant, je prends mon violon (il prend son violon imaginaire, magnifique de surcroit et imite le son du violon en accord avec le morceau), et là je n’y arrive pas, mauvaise surprise, je ne sais pas jouer ce truc, je n’y arrive pas. Donc qu’est-ce que je fais ? Je le chante. Et après je suis là « ah ouais c’est cool » (d’un air satisfait). Mais c’était quand même à la base une mauvaise surprise, une déception, et tu dois sans arrêt gérer avec ça et de ton incapacité à faire les choses.

Le paradoxe de La Reproduction réside dans une sorte de règlement de compte (sans aucune méchanceté) et en même temps d’un cri d’amour filial : ça s’est dessiné naturellement dans le processus créatif ?

Image de France Culture Ça a toujours été là, même dans France Culture, il y a trop de phrases négatives dans cette chanson. Quand je faisais le morceau, mon désir secret, c’était que les gens, et certains m’ont dit qu’ils entendaient ça, voient que l’amour existe dans France Culture, c’est tendre. Par exemple, mes parents, bon malheureusement ils ne l’ont pas fait, auraient pu penser à leurs propres parents et à cet héritage qu’ils ont eu ou pas eu. Je trouve que c’est une chanson d’amour parental, enfin je ne sais pas comment dire mais du genre « ok vous n’avez pas fait tout ça mais c’est quand même cool. »


Et ils ne l’ont pas ressenti de cette façon?

Non, ils l’ont pris genre « comment ça je trouvais que les noirs sentaient, qu’est-ce que c’est que ces conneries » ou « comment ça on t’a pas appris tel truc ».


Alors que pourtant c’était clairement dit qu’il y a des petits mensonges et même du texte de Perec…

Bien sûr et ils le savent.


Pourquoi avoir décidé de séparer Mémé 68 et Pépé 44 dans l’album ?

Ça c’était pour des raisons de construction d’album. Il y a une édition vinyle du disque qui existe où il y a Mémé 68 en version originale, c’est-à-dire la version longue. On va la jouer comme ça Salle Pleyel à Paris [le 3 juillet prochain], c’est à peu près la même structure, Mémé 68 et Pépé 44 collés. Donc c’est comme ça qu’est né le morceau. J’ai fait deux versions du disque parce que je trouvais que celle-là était moins triste, moins introspective. Et puis ça reprenait le diptyque que j’évoquais tout à l’heure, t’arrives à Risotto aux courgettes, le héros arrive à refaire l’amour car il arrête de se prendre la tête, il n’est plus trop exigeant, et là petit rappel coup de fouet, avec les nazis, machins (rires).

À propos de Ne sois pas trop exigeant, morceau le plus complexe de l’album, tu varies entre la première personne du singulier et la troisième : est-ce une référence directe à Un Homme qui dort de Perec ou est-ce davantage comme ce passage où le héros s’adresse à son fils « et tu seras longtemps heureux mon fils » ?

Dans mon esprit, il se rêve père dans le square. Il y a un petit square à côté de chez moi où je vais beaucoup lire et je me souviens, passé un certain âge, tous les jours tu avais un SMS qui tombait de copains qui devenaient papa et tu t’imagines papa, alors parfois je regardais les gamins et je m’imaginais mon fils. Tu vois c’est comme ça que j’ai appréhendé cette phrase, et je reconnais que ce n’est pas très clair. On ne sait pas trop…

Pour ton dernier clip, Reproductions, non seulement tu as reproduit un film de Resnais [Je t’aime, Je t’aime, 1968] mais aussi un de tes souvenirs en Sicile : la reproduction est décidément partout?

Quand j’ai eu envie, en revoyant Je t’aime Je t’aime, de faire un clip à partir de cette idée, j’ai cherché un lieu dans ma tête, et mon souvenir c’était Erice, la côte Ouest de la Sicile, où j’étais passé avec une femme que j’aimais il y a six/sept ans. J’étais vraiment pas sûr, tu sais comment sont les souvenirs, c’était pas gagné au niveau du dispositif mais j’avais peint, parce que parfois je fais un peu de peinture, juste un petit cadre à la maison d’une toile pas finie avec des pêcheurs qui partent, et je me suis dit « putain c’est là qu’il faut tourner le truc. ». On a pris les billets d’avion, et puis il y a eu les problèmes de volcan, on ne pouvait pas voler mais après on y est allé. On loue une voiture, on y va… : incroyable, le lieu était nickel, parfait. Par contre c’était horrible mais horrible à faire, l’eau était super froide, il y avait du vent, on n’avait que deux jours pour tout tourner, on a eu un sale temps, tu ne vois pas le soleil, rien, et puis juste pendant deux heures, il y a eu du soleil, « donc vite les palmes! » (Rires). C’était horrible. Et en deux heures : (il fait des sons pour symboliser l’intensité et la vitesse du moment) j’en pouvais plus!


Ça ne paraît pas dans le clip…

Ouais quand même, je trouve que quand je marche, si tu regardes bien, je souffre, j’ai mal (rires).


Quel était le plus gros challenge pour reproduire La Reproduction sur scène?

Là, le plus gros challenge c’est que j’écris encore des partitions, je suis en retard pour Pleyel. Ça, ça me stresse, beaucoup. Parce que comme je travaille seul, cette espèce de chance qu’on me donne, ça ne va pas durer, si ça se trouve ça va être ma seule opportunité de jouer comme ça avec plein de musiciens dans une super salle. Donc ça me stresse t’as pas idée! En plus c’est compliqué : je découvre la musique, je l’appréhende différemment… Je montre mes partitions à un copain qui est orchestrateur et parfois il me dit « Tu sais coco, si tu fais jouer cette ligne de violon et cette ligne de cor en même temps ça va dissoner. » Je me dis « merrrrde! », et le pire c’est aussi les contraintes financières : tu écris pour vingt-quatre partit’ et puis on te dit « finalement il n’y aura que douze mecs », c’est horrible. Ça c’est stressant mais c’est aussi un stress d’un genre nouveau et qui te fait devenir un peu plus musicien, un peu plus conscient des contraintes de la musique. Tu vois, je préfère travailler avec le groupe, enfin ce n’est pas que je préfère, c’est que c’est un travail de collage, de recherche, on est cinq donc on va faire autre chose que d’habitude, et ça c’est super d’être toujours dans cette espèce de créativité, c’est moins exigeant qu’écrire des partitions et aller à la grande justesse de l’expression. Mais sinon la pop music, travailler dans un groupe pop à quatre ou cinq pour retranscrire un album comme ça, moi j’adore, c’est super excitant. C’est stimulant, c’est comme faire un autre disque avec des copains. Parfois on en parle et on fait durer le morceau, parfois on chante tel couplet, etc.


Dans le groupe, il y a aussi Dorothée et Milo. Mise à part leurs talents de musiciennes, qu’ont-elles apporté à La Reproduction ?

Image de DorotheeMilo Des idées, un ton. Par contre elles ne m’aident pas sur Pleyel, là elles me disent « débrouille-toi » (Rires). Il y aussi Emma à la batterie (Emmanuel Mario, ndr), Stéphane aux platines (Stéphane Fleurent-Didier, frère d’Arnaud, ndr), ce sont des mecs super gentils, toujours à dire « hmm j’ai une idée là » et l’idée elle est bonne. Ce n’est pas habituel pour moi, c’était habituel quand j’avais dix-sept ans dans un groupe de pop. Aujourd’hui, c’est super des gens qui te disent « j’adore la fin de Reproductions, j’ai envie de la jouer comme ça », c’est super.

(L’attaché de presse me signale que le compteur tourne, je jette un coup d’œil à mes notes : merde ! J’avais encore prévu dix questions. Alors j’en sélectionne une, cruciale)


Pour finir donc, selon toi, qu’est-ce qu’il y a de mieux dans le sexe?

(Il réfléchit) Oh lala… Le goût. Ouais le goût parce que ça a plusieurs sens.

Ainsi se termine l’entretien. Neuf questions restent sur le papier. Il y aurait pu y avoir un goût d’inachevé avant de réaliser que quelques heures seulement me séparent de la première représentation d’Arnaud et de son groupe sur l’esplanade de la Place des Arts. Bel emploi du temps. Et en rangeant mes affaires, je repense à ce que disait Robert Bresson lors d’une interview pour la sortie de L’Argent : « Il n’y a pas d’art sans surprise, sans changement. ». Arnaud Fleurent-Didier semble fonctionner comme le cinéaste, voire même, si on y regarde de plus près, comme un cinéaste.

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Site web : http://www.arnaudfleurentdidier.com/

Myspace : http://www.myspace.com/arnaudfleurentdidier

Le 3 juillet à la salle Pleyel à Paris, puis en tournée en France et en Belgique.

A propos de l'auteur

Image de : "Si un homme traversait le Paradis en songe, qu’il reçut une fleur comme preuve de son passage, et qu’à son réveil, il trouvât cette fleur dans ses mains… que dire alors?"

4 commentaires

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  1. 1
    le Mardi 29 juin 2010
    isatagada a écrit :

    Merci pour cette super interview. J’ai découvert récemment le garçon, et je suis ravie de voir qu’il a ouvert pour « Pierrot » que je trouve absolument exceptionnel !
    http://isatagada.blog.com/?s=pierre+lapointe
    http://isatagada.blog.com/tag/arnaud-fleurent-didier/

  2. 2
    Isatagada
    le Mardi 22 mars 2011
    isatagada a écrit :

    Là j’arrive à la fin de l’interview et je vois … que j’avais déjà laissé un commentaire !
    Parfois tu ne lis rien de personne sur internet, surtout quand tu écrit et que la vie est déjà bien trop remplie. Parfois, au hasard des liens, tu vas relire deux fois le même article à propos du même artiste, du même auteur.
    Je trouve ça complètement dingue et complètement génial aussi.
    Tu me bluffes, et lui aussi. Et c’était chouette de vous lire AVANT mais aussi APRES mon 1er concert :-)
    http://isatagada.blog.com/2011/02/14/arnaud-fleurent-didier-la-cigale-8-fevrier-2011/
    Un grand bravo pour cette interview

  3. 3
    Isatagada
    le Mardi 22 mars 2011
    isatagada a écrit :

    « Surtout quand tu écriS »
    Ouch !

  4. 4
    Samuel Cogrenne
    le Mardi 22 mars 2011
    Samuel Cogrenne a écrit :

    Et bien ça fait doublement plaisir! :) Je me rappelle avoir mis beaucoup de passion dans la préparation de cette interview, car autant AFD est un artiste que j’aime, autant c’est une personne que je respecte énormément. Et je serais sans cesse impressionné par sa générosité artistique (flagrant su scène) et humaine (comme pendant l’entretien). En tout cas, doublement merci Isabelle.

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