Arab on Radar – Yahweh or the Highway

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En lieu et place de l'introduction bidon et chiante de présentation qu'on peut avoir l'habitude de balancer à propos d'un groupe, voici une petite mise en avant des paroles d'Arab On Radar, pour mieux situer l'univers du quatuor:

arab sometimes, I just gotta jerk off

ejaculation is a waste of valuable resources

he cloned a deviant to rape her

Ce qui appelle immédiatement deux remarques:

1) Ici, on ne va pas causer Teletubbies, mais organes génitaux qui s’entre-fouettent et tout le bazar.

2) Ces personnes ont un penchant assez marqué pour ce qui est du domaine de la débilité la plus profonde

Certains indices auraient pu tout de même nous mettre sur la voie: Arab On Radar est signé sur Skin Graft, réputé et excellent label qui regroupe la crème des groupes complètement cramés et absurdes que peuvent contenir un pays comme les États-Unis; mais surtout, le groupe nous vient de Providence, fameuse région où naissent la plupart des groupes qui laissent leur neurones à la maison avant de partir en tournée ou d’aller composer: Lightning Bolt, Landed, US Maple … Bref, Arab On Radar fait partie de tous ces combos dont la santé mentale s’égare quelque peu.

En découle donc une musique primaire, brutale et bassement binaire. Ce qui ne peut la rendre qu’encore plus appréciable. Le son est sec, tranchant, brut de décoffrage. Les deux guitares ne jouent pas la carte de la puissance, mais empruntent des chemins beaucoup plus tortueux, à coups de riffs pervers et dissonants à mourir, jouant sur la répétition magnétique jusqu’à la transe.

Attention, du sang commence à couler de tes oreilles. Le batteur ne se fait pas non plus prier dans le genre sauvage, tabassant ses toms avec une rudesse excessive qui sied magnifiquement bien à la musique du quatuor. Mais ne lui demandez pas un solo de jazz, le bougre n’exécute que des rythmes bien binaires et basiques, qui te donnent foutrement envie de te mettre à poil et de te rouler dans du jambon un soir de pleine lune. Bizarrement dansant, alors que superbement vicieux.

Et cette voix ? Que dire de ce petit poulet qui vocalise comme il le peut, poussant son organe pour te faire entendre toutes les insanités qu’il a à dire à propos de ta mère. Ce groupe cristallise la tension. Ce genre de tension qui te donne envie de tendre tous les muscles de ton corps jusqu’à ce que tu gerbes:  » God Is Dad « . Pas le temps de souffler, d’entrée, le riff te mets à terre, tu ne te relèves plus, tu souffres et tu aimes ça, tu en redemandes. Vient rapidement le bordel final, jouissif, avec cette voix haut perchée, innocente mais finissant pourtant de t’enfoncer la tête bien profondément dans le sol,  » I love her, I love her… « . Tout ça en deux minutes, un viol auditif, c’est beau, j’en veux encore…

Ce groupe de tarés défonçait en live, malheureusement il a splitté en 2001. Et malgré les différents combos montés suite à ce split ( Chinese Stars, Athletic Automaton, Made In Mexico ), difficile de ne pas rester sur sa faim. Alors, après une bonne rasade de groupes math-funk-jazz-rock-pepsi-cola-orangina joués à quinze mille à l’heure sur des rythmiques à te faire pleurer, enchaîner avec une musique d’une telle débilité ne peut qu’être d’une puissance orgasmique profonde et salutaire !

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1 commentaire

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  1. 1
    Yves Tradoff
    le Mercredi 31 décembre 2008
    Yves a écrit :

    Chapeau l’ami! ta prose tordue convient parfaitement aux riffs dégoulinants de tout les combos mathématiques-déglingués-nezdanslaproudre dont tu parles – et qui souvent m’attire! D’ailleurs, j’imagine que tu as dû allègrement piocher dans les biblio de Bangs, Thompson et consorts dans ta jeunesse encore inachevée, je me trompe? C’est en tout cas, l’impression qui ressort tes papelards!

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