AqME

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On ne les présente plus ! AqME, l'un des groupes phares de la scène métal française, est de retour avec un quatrième album, Hérésie . Un album résolument plus brut et puissant que ses prédécesseurs et qui aura largement divisé les avis au sein même de notre équipe.

Toujours aussi torturé et sombre, AqME reste fidèle à son univers de prédilection, fait de souffrances et de désillusions. Pour donner vie à cet opus, le quatuor a opté pour un retour aux sources en reprenant le chemin de la Suède et en enregistrant sous la direction de Daniel Bergstrand, déjà à l’origine de Sombres Efforts, le premier disque du combo.

Un album riche et surprenant, à l’image de ses initiateurs. Rencontre avec Etienne, batteur, et Thomas, chanteur pour un long entretien.

Le premier constat que l’on peut faire après l’écoute d’ Hérésie, c’est qu’il est beaucoup plus proche de vos deux premiers albums que de La Fin Des Temps . Etait-ce une volonté de votre part de revenir à un son plus brut et intense ?

aqme3 Etienne : Pour nous, cet album est une avancée et pas un retour aux sources. A nos yeux et à nos oreilles, ce disque est très différent de nos trois précédents albums. Il y a un peu des éléments de ces trois opus mais avec une toute nouvelle énergie. On sentait assez vite, quand on a composé les morceaux, qu’on avait envie de faire quelque chose de puissant, voire de très puissant. On voulait vraiment retranscrire l’énergie du live sur ce disque. C’est ce qu’on dit à chaque fois mais on n’a jamais réussi. On s’est dit que retranscrire l’énergie du live sur cd, ça passait peut-être d’abord par bosser les chansons dans ce sens-là et avoir moins de morceaux calmes et plus de morceaux énervés parce que c’est vrai que sur scène on joue à 90% des morceaux pêchus. Alors que les albums, c’est plus 60% de morceaux pêchus et 40% de titres beaucoup plus calmes. On voulait rétablir un équilibre comme on fait sur scène donc je pense que non seulement les morceaux pêchus sont plus violents qu’avant mais, en plus, ils sont là en plus grand nombre. Sinon, pour ce qui est de la composition des titres, on a bossé de la même façon que sur les précédents disques. Ce qui nous a permis d’avoir ce recul, c’est d’avoir du temps.

Avec l’album La Fin Des Temps, vous avez divisé l’opinion. Beaucoup de critiques ont vu en ce disque un virage plus rock et mélodique de votre part. Quelles sont vos impressions face à cet album ?

Etienne : Quand on a écrit le disque, on n’avait pas du tout cette impression ! On savait que ça serait un album progressif donc c’est certain qu’il y a plus d’ambiances, mais progressif ne veut pas forcément dire plus facile à écouter. Au contraire, parce qu’écouter des morceaux de neuf minutes avec plein de choses qui se passent c’est pas très facile ! Pour nous, l’album La Fin Des Temps est une vraie prise de risques. C’est un vrai pari, un challenge même en tant que musiciens. C’était encore une volonté de ne pas faire comme tout le monde et de se mettre vraiment en danger. Je pense que c’est un disque qui a tranché parce qu’il y a plein de gens qui ont trouvé absolument génial d’avoir fait ça et d’autres qui ont trouvé ça absolument nul. Mais, nous, on fait de la musique pour susciter des réactions et pas pour faire toujours la même chose.

C’est marrant d’ailleurs que certaines personnes nous reprochent de faire tout le temps la même chose ! Si c’était le cas, il n’y aurait pas d’avis aussi tranchés sur notre musique ! En tout cas, ça nous a donné envie de faire les choses encore différemment. Désormais, il y a un style de jeu AqME qui est là, qui est le nôtre et qui est naturel pour nous donc il n’y a aucune raison qu’on change notre manière de jouer et qu’on revienne à notre premier album mais, par contre, on voulait donner une énergie supplémentaire donc c’est vrai que s’il y a un regret qu’on doit avoir sur La Fin Des Temps c’est que les morceaux énergiques n’ont pas été aussi énergiques qu’ils auraient pu l’être. Ça, c’est vraiment de notre faute ! On n’a pas eu assez de recul au moment où on a écrit le disque. Pour ma part, en tant que batteur, je pense qu’on a bossé les morceaux d’une manière trop basse au niveau du tempo. Sur scène, les titres de La Fin Des Temps passaient super bien, mais sur CD, ils étaient moins bons. Ça veut dire qu’on a manqué quelque chose à un moment. Sur le coup, on a fait des choix un peu étranges. Mais il y a des choses de La Fin Des Temps qu’on a gardées, notamment l’approche brute des sons, mais en la poussant encore plus loin pour avoir un résultat plus gros et plus méchant.

Vous avez enregistré Hérésie en Suède, comme pour vos deux premiers albums, et vous avez collaboré avec le producteur Daniel Bergstrand. Comment s’est passé l’enregistrement ?

Etienne : C’était génial ! Ca, c’était un retour aux sources dans le sens où on rebossait avec notre premier producteur et surtout dans une situation aussi agréable que lorsque l’on a enregistré notre premier disque. Pour le premier disque, avec Daniel, ça s’était super bien passé. Pour le deuxième, pas trop. On avait des avis différents donc on n’a pas spécialement réussi à accorder nos violons comme on le voulait. Il fallait donc que ça se passe bien et on a senti très vite qu’on allait retrouver le Daniel Bergstrand du premier album. En revanche, il était hors de question, dans le boulot, dans le son, dans l’approche des morceaux, qu’on revienne au premier disque. Il fallait qu’on passe une étape et qu’on aille de l’avant. Je pense que, quand on écoute cet album-là, il y a évidemment des points communs avec le premier et le deuxième mais aussi bien notre producteur que nous-mêmes avons réussi à aller de l’avant, à bosser de manière différente. On a tout remis à plat. On voulait vraiment avoir le son qu’on a en répétitions et sur scène. Nos albums passés sonnaient super bien mais on avait l’impression qu’ils ne nous ressemblaient pas à 100%. Et on a tout de suite dit à notre producteur en préparant ce quatrième album que, si on repartait avec lui, c’était pour avoir notre vraie personnalité et pas la personnalité de son studio et de son matériel. Il a été tout à fait d’accord avec cette démarche. A l’arrivée, on a quelque chose qui a la qualité de nos deux premiers albums et, en même temps, les qualités qu’on a aujourd’hui à faire valoir sur disque : notre personnalité tout simplement.

Au niveau des textes de vos chansons, ce qui est frappant chez vous, c’est cette capacité à faire passer vos messages avec des mots simples tout en restant crédibles.

aqme1 Etienne : A mon sens, les textes de Thomas sont très travaillés mais pour en faire quelque chose de simple. Il y a des gens qui sont sensibles à ça et d’autres à qui ça ne parle pas. Le but de Thomas c’est de faire ressentir des émotions ou tout simplement de dire ce qu’il a à dire. C’est pas d’écrire un bouquin ! Je pense que son écriture a évolué au fil du temps. Elle est devenue plus naïve par moment. Il y a une espèce de simplicité qu’on aime beaucoup et que lui apprécie aussi énormément. C’est une démarche vraiment sincère de sa part. C’est pas facile de faire ça. On ne pardonne rien du tout en français. C’est ce qui fait que soit on est gêné par moment par ses textes, parce que peut-être qu’ils manquent de pudeur, mais d’un autre côté, je pense que c’est aussi ça qui touche directement les gens. A la base, c’était pas un choix, c’est venu naturellement. Thomas se sentait d’écrire des textes en français. Il n’est pas encore très à l’aise avec l’anglais, bien qu’il le soit de plus en plus. On a par ailleurs la sensation que le fait de chanter en français fait partie intégrante de notre personnalité. Mais si un jour, artistiquement, on sent qu’on a des choses à dire en anglais, peut-être qu’on le fera. Cependant, à l’heure actuelle on n’a aucune frustration à ce niveau-là. Au contraire, on peut s’exprimer librement en français et ça accentue notre personnalité, dans un mauvais sens comme dans un bon selon le point de vue dans lequel on se place, mais au moins ça nous appartient. Que ça plaise ou pas, c’est comme ça, ça fait partie de nous !

L’autre aspect marquant de vos textes, c’est leur côté mélo-dramatique avec des thèmes récurrents tels que le sens de la vie, les amours déchus, les désillusions, la mort. Pourquoi ces thèmes vous inspirent-ils tant ?

Etienne : On a toujours profité d’ AqME pour exprimer ce qu’on avait de plus sombre, de plus méchant et de plus torturé dans nos personnalités. En plus, ça nous permet de passer pleins de bons moments en exprimant ces choses-là. C’est peut-être paradoxale mais, en même temps, c’est complémentaire. Thomas est enclin naturellement à se pencher sur ce genre de sujets. Il voit plus souvent les côtés sombres que les côtés positifs de la vie. On respecte ça parce qu’on partage son point de vue. Peut-être que Charlotte et Ben sont un peu plus positifs, et encore. C’est pas que l’on soit forcément plus sombres que les autres, simplement on accepte cette part de ténèbres et on l’exprime, contrairement à d’autres qui voudraient l’occulter.

Thomas : Il suffit de regarder un peu autour de soi pour se rendre compte que la vie n’est pas toujours évidente. J’ai même l’impression qu’elle empire. C’est le reflet de la vie d’aujourd’hui.

Est-ce qu’on peut dire que la musique est un exutoire pour vous ?

Thomas : Oui, clairement. Pour moi, c’est même une thérapie. Les bons moments, on les vit ensemble. On n’est pas non plus tout le temps sombre ! Mais tous les passages un peu plus compliqués, on préfère les sortir. C’est un bon moyen de se déchaîner.

Etienne : Pour moi, la musique, ça tourne à l’obsession, plus que les autres membres du groupe par moments. Je fais tout le temps de la musique, j’en écoute tout le temps aussi. C’est un besoin primordial. Ça a même dépassé le cadre de ce que j’ai envie d’exprimer, c’est presque devenu faire de la musique pour faire de la musique, d’une manière obsessionnelle. Ça se complète bien avec ce besoin que ressent Thomas de dire tout le mal qu’il pense du monde, et aussi avec notre envie de simplement faire de la musique.

Votre quatrième album s’appelle Hérésie . Pourquoi ce titre ?

Etienne : C’est d’abord le titre de l’album avant d’être celui d’un morceau du disque. On trouve que cet album est assez hérétique. D’ailleurs, à nos yeux, AqME est hérétique. On est toujours allé dans le sens contraire de ce qu’il se faisait. On a un sens de la contradiction assez poussé donc ça a tendance à nous influencer. Plus les groupes deviennent calmes, plus on s’énerve. A l’époque où il n’y avait que le métal qui comptait, on a surpris tout le monde en mettant plus de morceaux calmes dans nos disques. On aime bien cette dualité. Pour ce qui est du titre du morceau, comme c’est notre album le plus énervé, on trouvait assez marrant d’avoir une intro très calme, en contradiction avec le reste de l’album.

Vous êtes avant tout un groupe de scène. Qu’est-ce que ça représente pour vous ?

aqme2-2 Etienne : C’est ce qui remplit nos vies à l ‘heure actuelle.

Thomas : C’est une drogue. C’est vraiment le moment où je ne pense plus à rien. Je m’évade complètement. Je me laisse porter par le show, par les gens, par la musique. Parfois, je dis et je fais n’importe quoi mais je suis dedans et c’est pas grave, on verra après. C’est un moyen de me libérer.

Etienne : Pour un groupe, c’est ce qu’il y a de plus important. J’aime beaucoup les disques, je trouve ça hyper gratifiant. C’est vraiment important de construire les choses. Une fois que tu as enregistré ton disque, tu n’as qu’une envie, c’est de partir sur les routes pour le défendre, pour démontrer à ceux qui l’aiment comme ceux qui ne l’aiment pas que c’est un super album.

Vous avez déjà commencé votre tournée. Quel est l’accueil du public ?

Etienne : On a quelques très bonnes dates. On a déjà un super accueil. C’est très sympa. On a rarement commencé les tournées avec autant d’engouement. En général, c’est assez mou au début, notamment sur les nouveaux titres où c’est pas la folie. Mais, là, ça a pris tout de suite donc c’est très bien. On aimerait bien faire 80 à 90 dates.

AqME a toujours partagé l’opinion, avec d’un côté ses fans et de l’autre ses détracteurs. Comment réagissez-vous face à ça ?

Thomas : Avec ceux qui nous adorent, on essaie de calmer un peu le jeu en disant qu’on est des gens comme les autres. En général, on apprend à se connaître et ça se passe plutôt bien. Pour les autres, je me souviens qu’une fois à un concert, il y avait carrément le comité anti- AqME . Ils portaient des T-Shirts à l’effigie de leur club. Mais je ne me suis pas démonté. Je leur en ai demandé un et je l’ai porté pendant tout le concert ! Parce qu’il faut respecter les gens qui n’ont rien à faire dans leur vie et qui sont frustrés de ne pas pouvoir faire de la musique ! Le truc qui est très drôle, c’est qu’ils nous ont envoyé un mail après pour qu’on leur renvoie le T-Shirt dédicacé ! Ils se sont rendus compte qu’on n’était pas là pour nuire au métal ou faire de l’argent, mais qu’on était restés nous-mêmes.

Etienne : Les gens qui n’aiment pas AqME, j’ai envie de les convaincre. Même s’ils ne changent pas d’avis, je veux au moins qu’ils se disent qu’on forme un groupe qui mérite le respect. On a toujours fait profil bas, on n’a jamais essayer de péter plus haut que notre cul et je trouve que s’il y a un groupe de notre génération qui mérite un tant soit peu le respect, c’est bien nous.

Vos premières parties à l’Elysée Montmartre ont été assurées par Sna-Fu, Dysfunctionnal By Choice, Ed-Ake et Headcharger. Est-ce que c’est vous qui les avez choisis ?

Thomas : Oui, on essaie un peu de soutenir les groupes qu’on aime bien. Il y a aussi les Bukowski qu’on apprécie et qu’on aimerait faire jouer en deuxième partie de tournée. On a déjà filé des coups de main aux Lazy, à Fischer, à Feverish qui est vraiment un très bon groupe. C’est dommage qu’il ait disparu ! C’est une grosse perte.

Etienne : C’est un des groupes les plus talentueux et les plus ignorés de sa génération ! Mais ils vont revenir avec quelque chose d’énorme, c’est sûr ! La scène métal française a plus que jamais besoin de soutien. Il n’y a aucun nouveau groupe ces dernières années qui arrive à marcher. On nous parle souvent de Gojira, mais ils en sont quand même à leur troisième album. C’est un groupe qui a évolué à son rythme et qui maintenant explose, et c’est tant mieux. Mais pour l’instant, malheureusement Gojira n’entraîne personne dans son sillage. C’est terrible de voir qu’un groupe comme celui-là ne parvient pas à entraîner une nouvelle scène derrière lui. Il y a un vrai renouveau du métal et du rock français qui chante en anglais et qui le fait bien. Ces nouveaux groupes méritent vraiment l’attention de tout le monde. Il faut qu’il se passe quelque chose ! On ne peut pas rester qu’avec des vieux groupes pour qui c’est en plus un peu plus dur qu’avant. Il faut que le public s’intéresse à ces nouveaux groupes et que ces nouveaux groupes réussissent à intéresser le public à leur style musical. Pour l’instant, les deux ne se connectent pas donc, si on peut essayer de faire le tremplin à ce niveau-là, c’est déjà pas mal.

Est-ce que vous avez l’impression que le métal est bien représenté en France ?

aqme4 Etienne : Non. Il n’y a pas de fondations solides. Il n’y a de la place que pour les vielles légendes : Iron Maiden ou Metallica qui remplissent des salles immenses. Et même les phénomènes comme Tokyo Hotel, qui se rapprochent plus de la variété que du rock, n’amènent pas le public vers des groupes au son plus dur.

Thomas : Je crois qu’en règle générale le métal n’est pas bien vu en France. Par exemple, on peut prendre le cas des Victoires de la Musique. Bien que ce soit les professionnels du milieu qui décident et non pas le public, je ne trouve pas ça normal qu’il n’y ait pas de catégorie métal . Pourtant, on a vraiment une bonne scène métal en France. Rien que les groupes qu’on a cités tout à l’heure ont un réel talent et une super énergie en live. C’est dommage que ça n’intéresse pas grand monde.

Etienne : Dans d’autres pays, ça ne se passe pas comme ça. Le métal fait partie de la culture musicale au même titre que le rock ou le hip hop. On le voit bien quand on va en Scandinavie, le rapport n’est pas le même. Il y a une scène qui vie, même s’il y a des hauts et des bas. Mais, même au plus bas, elle est plus haute que les moments où la scène française est au plus haut.

Thomas : Là-bas, il n’en ont pas honte. Le métal a été à la mode à la belle époque de la Team Nowhere qui a suscité un réel engouement pour la scène. Donc les gens étaient curieux de voir ce qu’il se passait. L’autre problème, c’est que quand les gamins commencent à jouer, la première question qu’ils se posent c’est : Comment on va faire pour devenir célèbres ? . Et c’est très grave !

Etienne : Il y a un nouveau groupe qu’il faut suivre de près et qui, à mon avis, va bénéficier des moyens suffisants pour faire quelque chose de grand, c’est Clone . Ça a l’air vraiment chouette. En plus, ils ont apparemment une distribution mondiale, donc c’est intéressant de voir si ça va marcher pour eux.

Le premier album de Vicky Vale, La Vie Après l’Amour, est sorti le 17 mars. Thomas, est-ce que tu peux en dire plus sur ce nouveau projet ?

Thomas : C’est un projet qu’on mène avec Yann de Mass Hysteria et Nick, un jeune chef d’orchestre. Au départ, ça devait être quelque chose de très pop, guitare et voix, et, en fait, quand on a rencontré Nick, on s’est dit que ce serait pas mal de mettre d’autres instrumentations et il est arrivé avec tout un orchestre. Du coup, on a pu mettre plein d’instruments différents. Le label a appelé notre style : pop acoustique et folk alternative. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire. C’est un peu flou, mais ce sont de lourdes chansons d’amour. Pour le coup, c’est très sombre. Il y a un thème principal : l’amour, et tout ce qui ne va pas dans l’amour.

Etienne, toi aussi tu as un side-projet, Grymt.

Etienne : Enfin , j’ai eu. C’est pas forcément fini, mais c’est pas en train de continuer non plus. A vrai dire, on a enregistré le projet fin 2005 et il est sorti fin 2006. J’ai encore d’autres idées pour faire deux/trois morceaux dans cette veine-là. Peut-être avec les mêmes musiciens, peut-être avec d’autres gens. C’est un truc qui peut se faire et se défaire à volonté mais, pour l’instant, on est tellement tourné vers AqME et je m’épanouis tellement avec ce qu’on fait en ce moment que j’ai pas d’envie nécessaire à mon propre bien être d’aller voir ailleurs pour l’instant.

Et il y a Ben aussi qui travaille sur Die On Monday.

Thomas : Oui, ils sont encore en train de composer. Il y a quelques morceaux démos sur leur myspace. C’est un projet avec Toni d’ Enhancer, entre autres. C’est un groupe apparemment très 70′s. Ils devraient enregistrer le premier album pour fin 2008 ou début 2009. Je pense que ce sera plus près des 2012, mais bon !.

Ces side-projects, c’est un moyen de prendre du recul face à AqME ou simplement un besoin d’exploiter une autre face de votre personnalité ?

Etienne : Un peu des deux. On a quand même vécu énormément de choses ces six dernières années. On avait besoin de respirer un peu. Ça élargit aussi notre champ de vision, ce qui est toujours agréable. Après, je ne sais pas si ces projets s’inscriront dans la longueur ou pas, on verra.

Thomas : C’est avant tout super agréable de bosser avec d’autres gens. C’est une autre manière de travailler, du coup, ça t’enrichit. Et quand tu vas bosser avec AqME, tu reviens avec une autre manière de penser et c’est vraiment bien ! On est avant tout musicien, donc c’est vrai que c’est cool de grandir là-dedans et de gagner en maturité.

Qu’est-ce que vous vous dîtes quand vous regardez tout le chemin que vous avez parcouru depuis vos débuts ?

Etienne : Que c’est un très beau parcours.

Thomas : On a eu un peu de chance quand même !

Etienne : Oui, mais on a su la provoquer au bon moment. On a attendu notre heure. Si on a fait des erreurs, elles n’ont fait que nous enrichir et nous faire aller de l’avant. C’est un peu dur de se retourner vers ce qu’on a fait. Parfois, je me dis que, ces six dernières années, on a fait autant de choses qu’en vingt ans donc c’est assez étonnant. On a une liberté que quasiment aucun autre groupe n’a. Pourvu que ça dure ! Si on nous enlève notre liberté, ça ne marchera pas !

Thomas : C’est vrai que maintenant, ça va être difficile de nous dompter !

Live-report: AqMESna-FuDysfunctionnal By Choice

L’ Elysée Montmartre

Le vendredi 28 mars 2008

aqme5Qui dit nouvel album dit nouvelle tournée. En ce soir du 28 mars, AqME signe ses retrouvailles avec le public parisien depuis son passage à l’ Olympia le 22 octobre 2006. Un retour « à la maison » dans la salle qui a vu grandir le groupe, celle de l’ Elysée Montmartre . Que le spectacle commence !

Mais avant que le quatuor vedette de la soirée ne fasse son entrée, ce sont deux groupes très prometteurs qui ouvrent les festivités : Dysfunctionnal By Choice, suivis de Sna-Fu . Le ton est donné ! Après ces deux prestations des plus réussies, il ne reste plus qu’à patienter. Les retardataires ont pris place dans la salle qui affiche complet. Le public est prêt.

Les lumières se baissent, la voix des fans se fait entendre ! Des silhouettes prennent place sur scène au rythme de la mélodie d’ Hérésie . C’est bon, on peut y aller. Plein feu sur AqME ! C’est le titre Lourd Sacrifice, issu du dernier album du groupe, qui marque le début d’une set-list idéale. Le quatuor nous aura fait l’honneur d’interpréter tous les plus grands titres de chacun de ses disques : de Si n’existe pas à Karma et Nicotine en passant par A chaque seconde ou Pas assez loin . Et ce, pour le plus grand plaisir du public qui reprenait en choeur tous les textes. Un public quelque peu timide au début qui finira par se lâcher suite aux appels de Koma et sa bande. S’ensuivront plusieurs séances de slams et pogos. Un jeu auquel Koma s’est prêté avec un plaisir communicatif. De quoi mettre la foule en ébullition ! Pas question de laisser retomber la sauce. Pour la peine, on aura même droit à une séance de braveheart à la suite du titre phare du combo : 1,2,3. Superstar !

Le groupe est au meilleur de sa forme et ne cache pas sa joie d’être de retour dans la capitale ! Une énergie intense transparaît tout au long du concert et l’harmonie qui existe entre le quatuor saute aux yeux. Koma s’amuse avec ses bouteilles d’eau entre deux morceaux en arrosant la foule, allant même jusqu’à se cracher dessus ! Une simple bouteille en plastique acquiert dès lors une connotation sexuelle assumée par le chanteur : Oh, ça va ! Vous passez votre temps à vous rouler des pelles ! Et lorsque ce dernier bafouille au moment d’annoncer la prochaine chanson, ses amis venus l’applaudir sont là pour le remettre dans le droit chemin à base de phrases du genre : Ferme ta gueule et joue ! . C’est beau l’amitié ! Car ce soir, des membres de Lazy, Feverish ou encore Mass Hysteria étaient présents.

Un concert intense qui prendra fin avec les titres 312 et Triskaidekaphobie, tous deux issus d’ Hérésie . L’ovation est méritée en vue de la performance assurée. Pour finir la soirée en beauté, une pluie de champagne s’abat sur le public. Il ne reste plus qu’une chose à dire : Merci !

Crédits Photos: Rod de l’excellent Webzine Le Hiboo

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Site officiel: http://www.aqme.com
Myspace: http://www.myspace.com/aqme
A lire sur Discordance: [AqME en concert privé (Nouveau Casino)->413] / [Chronique d'Hérésie->482]

A propos de l'auteur

Image de : Fraîchement débarquée dans la vie active après des études de communication, j'assouvis ma passion pour la musique en jouant les apprenties journalistes et en écumant les salles de concerts parisiennes à la recherche de nouvelles sensations ! Et même si ma guitare commence à prendre la poussière, un jour j'arriverais peut-être moi aussi à faire quelques chose de mes dix doigts.

2 commentaires

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  1. 1
    le Vendredi 4 avril 2008
    VIOLHAINE a écrit :

    « Pour les autres, je me souviens qu’une fois à un concert, il y avait carrément le comité anti-AqME . Ils portaient des T-Shirts à l’effigie de leur club. »

    C’est moi, ou se payer une place pour le concert d’un groupe qu’on déteste juste pour se faire remarquer c’est complètement crétin ??

  2. 2
    le Samedi 5 avril 2008
    dom a écrit :

    on y était aussi !!ya rien à redire ct excellent!!aqme c vraiment géant !!toute la famille est accro(pat 48ans dom 41 thomas 20 pierre 17 et paul 13ans qui était avec nous au concert )on s’est éclatés!!merci à la maman de charlotte pour sa gentillesse et sa bonne humeur !!on a passé un très bon moment près des parents du groupe!!et merci à vous pour cet article

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