Ape School

par Déborah|
Prendre du LSD un soir d’automne et, après une montée fabuleuse, ne trouver que des feuilles mortes. C’est un peu ce qu’on ressent à l’écoute du premier album d’Ape School, le projet solo de Michael Jonhson.

En parcourant la toile, on peut lire des critiques honorifiques sur ce premier album éponyme, mais soyons francs avec nous mêmes : malgré un talent évident, Michael Johnson n’a rien inventé et l’écoute de l’album fait à peu près le même effet que sa pochette représentant un singe qui fait la gueule. L’ode à la pop psyché, colorée, enjouée et novatrice qu’on attendait s’avère être un projet naïf et balbutiant qui traîne en longueur, les cinq premières pistes ne se distinguant pas réellement les unes des autres.

Là où tout le monde se rejoint, c’est à propos du caractère intemporel du projet. En effet, s’il était sorti en 1967, personne ne s’en serait étonné. Les seuls liens qu’entretient Ape School avec notre époque sont une production et des arrangements très habilement menés qui contribuent nettement à sauver cet album ; merci Michael Pecchio .

ape_school_b1Cependant, tout n’est pas à jeter dans Ape School . Il convient notamment de saluer la performance de Michael Johnson qui a écrit, composé et instrumentalisé la totalité de l’album. On sent la recherche et la réflexion, mais si le protagoniste de ce projet voulait se faire passer pour Brian Wilson ( The Underground ) ou Syd Barret, c’est raté. Notons tout de même l’originalité de morceaux tels que Caverman vs Canary . Ce titre ne fera peut-être pas l’unanimité et rendra une partie du public perplexe à cause de sa sonorité presque extra-terrestre, mais il reste l’un des morceaux les plus aboutis de l’album. On s’arrêtera aussi sur It’s Over qui, bien qu’un peu « guimauve », est une ballade joliment mélancolique et légèrement obscure.

Le dernier morceau qu’on retiendra est In Time You Are . Au delà du fait que ce titre apparaît comme original au milieu d’un album plat, on le retiendra surtout son côté dérangeant. Un psychanalyste de comptoir y verrait une apologie de l’enfance, débutant par un orchestre désincarné mené par un ours-en-peluche-tueur-d’enfant, et s’achevant sur un rythme presque rituel et inquiétant. L’hymne d’Halloween parfait, en quelque sorte. On fera l’impasse sur Rip Together – Rip Appart, savant hybride entre le générique de Melrose Place et un trip woodstockien.

Le live sauvera t-il Ape School ? Michael Johnson, tu l’auras compris: on t’attend au tournant !

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