Antennas to Heaven – Hermeneutics

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Un de ces coffrets à trésors découverts lors de pérégrinations tardives sur myspace. Etrange, beau et entêtant.

antennas_imageIl est des musiques qui vous prennent comme un tsunami, subitement, sans prévenir, aussi brutalement qu’une balle dans la nuque.
Des musiques qui laissent cois, les yeux dans le vide, décroché(e), indifférent(e) à tout le reste. Et qu’on écoute sans écouter.

Comprenez ça comme un compliment, même s’il n’est pas évident.

Hermeneutics est un concentré de nuage sous blister, de surnaturel en poudre, de berceuses pour rêves éveillés.

Ce petit quelque chose de frôlé par la grâce.

Fort heureusement, les Islandais n’ont pas le monopole de ces musiques-là, enveloppantes, magiques on-ne-sait trop comment. Et si on pense à Sigur Rós en écoutant cet album, c’est par pure mauvaise foi.

Non non, oublions ça, il faut faire table rase.

Leur album, sorti au mois d’août, s’est fait jusqu’à présent trop discret. Quelques triturations de matière s’imposent alors.

Antennas to Heaven est originaire de Manchester, UK. Avec tout le background rock/pop que cela comprend. Mais, une fois n’est pas coutume, il s’agit là d’un duo : David Smith (musique et voix) et Phil Hodgson (paroles). L » Herméneutique « , dixit le dico, est une discipline dont le nom vient de Hermès, le messager des dieux & interprète de leurs ordres. Parfaite cohérence, car on constate que le duo possède effectivement des antennes vers les cieux . Que leurs notes contiennent des ultrasons audibles uniquement par des entités extra-terrestres & incompréhensibles pour le commun des mortels ne m’étonnerait même pas.

Piano, batterie, guitares… Harmonies célestes & synthéthiques… On se demande si le live ne viendrait pas gâcher la fête, cette espèce d’intimité qui va grandissante au fil des morceaux.

Car Hermeneutics, c’est avant tout des instrumentaux, qui constitueraient une superbe B.O. de film gentiment S.F., du genre  » Mon ami l’alien « , ou  » Allons voir si la vie est douce sur Mars  »

Mention spéciale à Ghost Carp & My robot lets me watch the cricket, qui détiennent le secret d’une jolie envolée progressive, à 27 minute problems, dont l’ambiance crépusculaire pourrait bien durer 27 minutes qu’on n’y verrait pas d’inconvénient, ainsi qu’à la très belle conclusion que forme The Guns of the Kind .

Originalité ? Je dirais plutôt « expérimentation », tant la personnalité qui pourrait les faire sortir du lot se cache derrière la voix traficotée mi-parlée mi-chantée qui orne certaines de leurs chansons.

Discrets jusqu’au bout, ces garçons.

Tellement que ça force le respect.

Et donne envie de les suivre sur un p’tit bout d’chemin.

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A propos de l'auteur

Image de : Miss Cinéma de Discordance et chroniqueuse hétéroclite since 2005. [Blog] [Twitter]

2 commentaires

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  1. 1
    le Dimanche 2 décembre 2007
    Vincent Bidule a écrit :

    Je viens de passer sur leur myspace ça vaut le détour…et après écoute je suis à peu près certain que leur nom vient d’un titre d’album de Godspeed You Black Emperor,  » Lift yr. skinny fists like antennas to heaven « 

  2. 2
    VIOLHAINE
    le Dimanche 2 décembre 2007
    VIOLHAINE a écrit :

    Haa, oui, c’est pas impossible, merci pour la précision.
    En tout cas, ce nom leur sied à merveille ! =)

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