Annuals – Count the Rings

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La joyeuse bande de Raleigh, en Caroline du Nord, revient avec un deuxième album plein de charmes.

Lors de la sortie de Be Here Me en 2006, premier album des six américains ouvert par le pétillant Brother, les comparaisons flatteuses vont déjà bon train : la vingtaine à peine consommée, ils passent déjà pour les dignes rejetons d’Arcade Fire et autres protagonistes d’une scène canadienne qui aime les sorties de groupe. On parie que le prolifique Adam Baker ne rechignerait pas à ce qu’on le surnomme le Kevin Drew (leader de Broken Social Scene) du Sud,  lui qui posa les fondations d’Annuals à l’âge de 13 ans autour de bricolages musicaux, et rassembla cinq autres comparses en 2004. En 2006, Be Here Me invente le style d’Annuals : sous une mélodie délicate se cache une énergie juvénile prête à éclater. C’est d’ailleurs sur scène que leur réputation se construit, lorsqu’ils assurent les premières parties de quelques groupes de garage (The Flaming Lips, Bloc Party, Calexico…), échangeant leurs instruments comme d’autres les cartes Panini.

Depuis 2006, aucune de leurs sorties (plusieurs EP) n’avaient franchi la frontière des États-Unis : c’est chose faite avec Count The Rings, une collection de b-sides et de morceaux préférés du groupe. Une collection n’étant pas un album, l’ensemble impose toutefois une réelle cohésion. La volonté semble être d’entrer plus vite dans le vif du sujet et  de quitter les longueurs de Be Here Me, une évolution qui se sent notamment dans ce rythme particulier qui colle aux trois premiers morceaux, inspiré de la vague afro-beat qui a frappé l’indie rock récemment.

Le premier titre et premier single de l’album, Eyes In The Darkness, nous plonge dans le bain avec brio. La mélodie se fait d’abord discrète, ce sont surtout les percussions et les voix qui imposent leur rythme à quelques notes de synthétiseur. Entre joie de vivre et nostalgie, on se projette à la fin d’une époque, quand il est encore temps de profiter de derniers instants de liberté. Appuyée par des cris, la voix d’Adam Baker reste au premier plan sur le morceaux rock Hot Night Hounds pour nous bercer ensuite sur le délicat Springtime. Attention, ces quelques notes de piano et les souvenirs d’enfance jaunis cachent en fait un morceau qui pourrait se trouver dans la même playlist qu’Animal Collective. On vous avait dit de vous méfier de leur air candide : Annuals n’a qu’une envie, c’est de laisser exploser les mélodies, à renfort de cuivres (The Giving Tree) ou d’accordéon (Holler And Howl). Les morceaux sont construits sur des effets sonores qu’on ne débusque pas forcément dès la première écoute et qui justifient de se repasser l’album à l’envi. On vous le dit tout de go : Annuals n’est pas fan de cold-wave et serait plutôt « hot-wave », du genre «après le surf, on va se griller quelques chamallows sur la plage, tu viens ?».

Parfois, Annuals pêche par excès de zèle et suit quelques recettes à succès de ces dernières années, des couches de synthé-violon-voix qu’on a déjà vues chez Stars (Hair Don’t Grow) et ces fameux rythmes inspirés de l’afrobeat : sur Loxstep on frise l’overdose. À ce titre trop chaloupé,  on préfère largement  Sweet Sister et son refrain asymétrique. A part ces quelques maladresses, Count The Rings est l’album qu’il nous fallait pour finir l’été de bonne humeur. Et c’est déjà pas mal.

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Annuals, Count The Rings (Souterrain Transmissions), sortie le 23 août 2010.

Vous pouvez écouter l’album en streaming sur le SoundCloud de Soutterain Transmissions

A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

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