Anita Bomba

par Stedim|
"C’est magnétique et ça fait ‘BOM !‘ si j’appuie là !" C'est ainsi qu'Anita Bomba aime convaincre son prochain d'oter son postérieur de son chemin. Mais voilà : Anita, solitaire et déterminée, se sent bien trop entourée.

anita-2 Anita Bomba est une terroriste au sale caractère et l’unique créature un tant soit peu sexy de cette saga se déroulant dans le futur post-apocalyptique d’un système solaire bien différent du nôtre et peuplé d’individus au physique très souvent dérangeant (là, c’est un point commun avec notre monde, je vous l’accorde). Elle est en quête de la fortune (tiens, une autre similitude), se fait accompagnée d’un charismatique mentor ainsi que d’un robot schizophrène et est poursuivie jusqu’à l’obsession par un flic mutant (encore un. pardon).

Son univers sombre, saturé de gris, de rouge, de sépia, est plein de dangers, de bric et de brocs spatiaux, d’êtres vils et affamés. La liberté y est précaire et l’envie de ne rien s’interdire pour survivre, elle, omniprésente.

Tous les paramètres sont donc réunis dans ce scénario d’ Eric Gratien pour divertir voire kidnapper le lecteur qui aime s’évader dans des mondes pires que le sien : une quête à multiples rebondissements (même les plus saugrenus), un saint graal sous la forme d’un trésor sale, un ordre en place oppressant et tout à fait contestable, un ennemi mortel inquiétant, un compère métallique particulièrement doué pour compliquer toutes les situations, un mâle dominant guerroyant efficacement, une relation amoureuse improbable, indicible et, surtout, une héroïne qui n’a besoin de personne !

C’est une pléiade de personnages très typés qui défile au fil des tomes. Tous arrivent au bon moment pour constituer un vaudeville intersidéral. Beaucoup meurent et, avant tout, tous souffrent à leur manière. Cruauté, violence, cynisme et humour noir sont présents dans tous les épisodes. La pureté n’est vraiment pas de ce monde. Mais on se surprend à piquer des fous rires entre deux scènes qui nous renvoient aux bassesses humaines. On en rit parce qu’on croise très souvent nos propres défauts, vices et lâchetés au détour des emmerdes (disons-le !) auxquelles Anita fait face.

En ça, Eric Gratien mène sa barque d’une main de maître. Et Didier Cromwell offre, par ses dessins aux traits à la fois inquiétants et humoristiques, un caractère très particulier à cette saga incontournable dans le genre !

La simple consultation des titres des différents tomes augure à elle seule un angle de vision assez décalé pour donner envie.

Anita Bomba
, on aime ou l’on n’aime pas !

Qu’on ne l’aime pas, elle s’en fout ! Mais qu’on lui manque de respect ou qu’on lui fasse obstruction, là, à tous les coups, c’est l’explosion !

1 – Aussi loin que je me rappelle. (j’ai toujours aimé faire chier le monde)

2 – C’est pas parce que je suis pauvre. (que je vais me priver)

3 – Un jour, j’ai arrêté de bosser. (et ma tête s’est remise à marcher)

4 – La vie est trop courte. (pour laisser les médiocres s’épanouir)

5 – Poussière d’ange

Les 4 premiers tomes ont été publiés chez Casterman entre 1994 et 1997. Le 5e et dernier l’a été chez Albin Michel en 2006. Anita Bomba est une bédé culte et sous-médiatisée qui mérite largement d’être redécouverte par la majorité !

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