« Allons voir » – La Rue Kétanou

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Cela fait maintenant 16 ans que je les accompagne, jamais de loin, toujours de près. De la rue à la scène, vaquant aux airs de la chanson, des influences tziganes à des touches plus folk, le périple de La Rue Kétanou n'a fait qu'aguerrir mon quotidien. Mais après quatre longues années passées sous silence suite "A contresens", l'envie se faisait trop forte pour que je ne puisse pas leur répéter : "allons voir puisqu'elle nous réclame, allons voir ce que demande la foule (...), allons voir puisqu'on nous appelle".

LRK

Petit et discret, j’ai toujours su me faufiler dans les valises de Florent, Mourad et Olivier au fil de leurs voyages. D’ailleurs, même si ma présence peut paraître inopinée pour certains, elle est en réalité toute à fait cohérente : nomade à souhait, j’ai connu les pavés humides de la rue, les grands débuts aux côtés de Tryo et le fabuleux destin de la compagnie du Théâtre du Fil. Les années défilent, et même si j’ai été mis à l’écart durant les nouveaux projets de mes trois compagnons de route (Mon Côté Punk, Florent Vintrigner), rien n’a vraiment changé : non, La Rue Két’ ne raccrochera pas à contre coeur.

Je l’ai senti dès les premières notes de cet « Allons voir ». Ces voix, ce trio, tout résonne comme si le temps s’était subitement suspendu : le titre éponyme claque comme un appel à la danse, une invitation sans cesse renouvelée que l’on n’oserait à peine la refuser. Harmonica en vie, couplage des guitares sèches et mélodies toujours aussi bien ficelées, les trois gaillards ont toujours envie de Bohème.

« On sait que les branches ne poussent pas au hasard, que si le bonheur se joue de nous c’est qu’il doit être quelque part… alors trouvons-le ! » (Negrita). Car dans la noirceur, La Rue Kétanou cherche toujours un brin de lumière avec entrain. L’ayant senti un peu moins optimiste sur « A Contresens », la troupe retrouve ici tout l’entrain de ses débuts : dans une marée de souvenirs et de rencontres, aux quatre coins des continents, accordéon et chaleurs latines confèrent à La guitare sud-américaine des airs de nouveau morceau incontournable ! Rimes implacables doublés d’un charango indomptable, La Rue Kétanou se pare d’influences de tout horizon comme toile de fond.

Là où certains groupes perdent de leur saveur avec le temps, La Rue Kétanou a su s’en servir : je me souviens encore quand il ramait, ramait, ramait pour trouver le prénom de sa femme mais même au fond d’un verre, les souvenirs restent. Aux contrées de la Bretagne, on hurlait à en perdre pied avec Le capitaine de la barrique. « On ne tourne pas la page », pas maintenant en tous cas, je souris encore quand je me revois écouter leurs entraînantes histoires de gosses avec cette chère Patricia. Même si je n’ai qu’un pied, même si je reste figé à leurs côtés, je me délecte toujours autant des vieilles anecdotes des Dessous de table, si justes, si bien contées, qu’elles continuent toujours à exister.

Avec malice -beaucoup d’ironie aussi-, La Rue Kétanou endosse le costume de Ménestrels des temps modernes sur L’âge nucléaire, tellement vrai, ou lors de la ballade de L’alignement des planètes. Aussi évocateur que provocateur, Interdit, du haut de ses 7 minutes de soubresaut, lance la charge revendicative de mes trois saltimbanques. Bien ancré dans mon rôle, je fais échos aux doux rêves, presque naïf, des histoires de Grand chelem ou de La distance sous pavillon ‘reggae acoustique’.

Lorsque certains rêvent de silence, je ne leur répondrais qu’il me serait fatal. Je resterais branché, là, à vos côtés, tout au long de cette tournée qui s’annonce sous un beau ciel bleu. Cet « Allons voir » sonne comme des airs d’antan, une sucrerie que l’on aurait du mal à ne pas redemander.

Quant à nous, je ne vous dis qu’une chose : nous nous verrons très bientôt sur les routes. Vous ne pourrez pas me rater, je suis souvent en plein milieu. Et n »oubliez pas ce que nous chantait La Tordue« le plus important… c’est d’être pas mort ! ».

« Allons voir » La Rue Kétanou (6 janvier 2014), 13 titres, 54 minutes. 

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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