Lispector + Alligator + Gammy Bird | L’Espace B | 06.03.2014

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Ce soir, nuit d'excellence lyonnaise en ce qui concerne la scène de l'Espace B: Alligator, Lispector et Gammy Bird, soit trois fiers représentants de la scène rhône-alpine façon Grrrnd Zero, entendaient bien faire respecter avec une douce fermeté les critères les plus élégants et exigeants d'une pop tout en souplesse et décontraction. Par un malheureux cumul de facteurs temporels et musicaux, nous ne pourrons retranscrire la performance de Lispector, voici donc un court retour sur les concerts d'Alligator et de Gammy Bird.

alligator + lispector

Gammy Bird est l’incarnation noble d’un groupe de pop, soit, comprenons-nous bien, la digne lignée de souples losers comme Sebadoh ou Pavement. Dean Spacer (aussi actif musicalement avec son solo House of John Player), ce grand échalas dégingandé à la voix haut perché, rend compte à lui seul d’une après-midi ensoleillée et forte en sourires relâchés, jeux d’enfants et végétation accueillante.

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Des mélodies lumineuses, si simples et belles à la fois, qui plongent leur visage dans cette manière de joie mélancolique avec des bouts de soleil en arrière-plan, soit le sourire légèrement voilé de Margaux, à la basse. Jake Burton, quant à lui, bourre ses fûts avec une puissance peut-être un peu trop engagée, puisqu’il aura presque le malheur d’effacer et de couvrir ses deux partenaires. Guitare et basse seront donc quelque peu maigrelets mais pas de quoi s’affoler non: les tubes s’enchaînent et le logique est respectée. La plupart des titres du premier EP y passent, un ou deux nouveaux morceaux si mes souvenirs sont bons, et le concert est plié.

 

Alligator passe sur scène, duo comprenant Lisa Duroux à la batterie, membre de Reveille, et Elizabeth Hargrett à la basse, jouant également dans Moms On Meth et Frustros. Ça commence avec décontraction par un faux départ, les pains, tout au long du concert, seront relativement nombreux, mais cela fait partie du charme de cette musique dépouillée. Une basse, une batterie, deux voix qui parfois s’entrecroisent, il n’en faut pas plus pour enchanter et tranquilliser le pénitent.

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Car Alligator arrive parfaitement à rendre compte de ces heures de désœuvrement paisible et absents, ces moments passés le week-end à se plonger, par la fenêtre, dans l’horizon flottant d’un œil rêveur et quelque peu perdu. Le jeu de Lisa est parfaitement minimaliste, Elizabeth ne force pas trop sur les cordes, tout ce qui résonne profondément humain – les erreurs, les lunettes qu’Hargrett remonte sur son nez toutes les deux mesures, Duroux qui dodeline de la tête en chantant – parvient, empli la salle et glisse des sourires sur la plupart des visages. Quelques nouveaux morceaux également, un très chouette concert.

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Crédits photos: Photographie Léo

 

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