Alice Russell au Bataclan

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Envie de vibrer ? De frissonner ? D'avoir la chair de poule jusqu'à sentir chaque poil de sa peau ? Conseil alors à tous les fans de soul, de funk et de jazz déjanté, passez vous en boucle le nouvel album d'Alice Russell, Pot Of Gold, et puis tant qu'à faire, allez la voir en concert, elle vaut sérieusement le détour !

russellIl n’est que 20h et pourtant le Bataclan est déjà électrique. La petite blonde à l’air d’avoir son lot de fans prêts à pleurer devant ses vocalises hallucinantes. Mais il faudra attendre un peu, le DJ assurant la première partie venant s’installer derrière sa machine. Les sons envoyés sont intéressants et le bonhomme aurait tout pour faire danser une discothèque… si tout le public n’était pas dans l’expectative la plus totale de l’invitée principale de la soirée. Une jolie démonstration tout de même, qui se finit sur un mixx de Sexual Healing, histoire de plonger tout le monde dans la bonne température avant l’arrivée de la diva.

Et là attention, pour enflammer le Bataclan la demoiselle s’est entourée de huit musiciens au costard cravate immaculé. Alice Russell et ses huit men in white vous connaissez? Trois aux cuivres (trompette, tuba, saxo et parfois trombone), un à la basse, un à la guitare, un à la batterie, un aux claviers et enfin un touche à tout qui fait violon électrique, tambourin et choeurs.

Collants panthère et talons aiguilles argentés, moulée dans une robe noire décorée d’une énorme fleur aussi brillante que ses chaussures, le personnage est là, prête à faire sortir les notes les plus folles de ce petit corps de princesse. Les yeux fermés, une main sur le ventre, légèrement courbée, la chanteuse nous donne sur scène une énergie et une force digne des plus grands noms de la soul.

Mais notre pétillante blondinette a plus d’une corde à son arc et s’amuse comme une petite fille avec ce public qui l’ovationne à chaque chanson, ou avec ses musiciens surdoués. Le claviériste est tout particulièrement renversant de génie. Martelant ses deux claviers comme les plus grands pianistes de jazz, c’est de son côté que se trouve la pédale qui permet de donner au son des teintes électroniques, donnant un style trip-hop à certaines chansons à l’instar de Spread it now . Le violoncelliste, quant à lui, n’hésite pas à manipuler son instrument comme un ukulélé, plaçant ses petites notes aigües par dessus l’incroyable basse qui fait trembler le plancher du Bataclan.

Heureusement que les lots de serviettes et de bières sont là pour rafraichir toute cette joyeuse équipe ! Le public ne tarde d’ailleurs jamais à hurler sa joie dès les premières notes de morceaux comme Turn and Run, Seven Nation Army ou Laser . Rick James et les Gnarls Barkley auront quant à eux également droit à leur dédicace, leur tube gagnant une nouvelle fraicheur sous la voix chaude d’ Alice Russell .

Évidemment ce genre de concert passe toujours beaucoup trop vite, mais n’est pas une star de la new soul qui veut ! La demoiselle nous le prouve en effet une fois de plus quand, de retour sur scène pour le rappel, la voici changée de robe, comme prête à repartir pour le même show. Quelque part on n’en sera pas loin vu la surmotivation que toute l’équipe dépensera en trois morceaux : Dressed to impress où musiciens et chanteuse se retrouvent à courir sur place version chorégraphie de Véronique et Davina, Crazy où la chanteuse assure la reprise quasiment entièrement en a capella, et enfin Got the Hunger où le batteur finit sur un solo de fou faisant jumper notre diva perchée sur ses escarpins en même temps que toute une partie du public.

Mais cela aurait était trop frustrant de s’arrêter là, et voici alors les musiciens transformés en choeur de gospel autour d’un seul micro, accompagnant doucement la dernière ode soul que nous offrira Alice Russell pour un deuxième rappel.

Un concert fort en voix, en émotion, en complicité, en talent, bref que du bonheur à ne rater sous aucun prétexte !

Crédits Photo: Mathias Lamamy

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A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

1 commentaire

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  1. 1
    le Dimanche 8 novembre 2009
    thesaxofun a écrit :

    Déja vu Alice Russell au trabendo et le 5nov au bataclan
    de la tres bonne Zik ,une ambiance d enfer er cela donne la peche

    ai achete le remix de pot of gold!
    mon preferre UNDEr the munka moon2

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