Alex Beaupain au Café de la Danse

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Alex Beaupain. Un César de la Meilleure Musique de Film en 2008 pour Les Chansons d’Amour, une forte présence dans les films de Christophe Honoré (17 Fois Cécile Cassard, Dans Paris…), mais qu’en est-il de son projet personnel ? Cette date au Café de la Danse permettra rapidement de confirmer son talent singulier.

9 février 2009

aleixAprès une attente sur le pavé ruisselant du passage Louis-Philippe, donnant ainsi le ton à la soirée, on ne tarde pas trop à s’installer dans la jolie salle du Café de la Danse. Rapidement, les lumières se tamisent, donnant ainsi une ambiance intimiste et feutrée à l’assistance.

La première partie, Céline Ollivier, fait son entrée sur scène avec sa guitare et son pianiste. Elle ne tarde pas à nous embarquer dans son univers très poétique et délicat, bercé par le songwriting de Gainsbourg et la littérature française ( Babydoll, en réponse à Ronsard ). Et le plus de l’artiste réside dans sa faculté à jouer avec le public en l’invitant à claquer des doigts. Un set très court de 25 minutes qui met agréablement en jambe pour la suite de la soirée.

Quelques minutes de pause et Alex Beaupain fait son entrée sur scène, accompagné de ses musiciens. Il ouvre le bal avec des morceaux de son album 33 Tours : A La Mer, A Travers, Novembre, Paris Tokyo Berlin. La crainte qu’il ne s’inscrive de prime abord dans le sillage des Chansons d’Amour est donc estompée et il marque ainsi pleinement son identité musicale. Cependant, malgré la noirceur et la mélancolie de certains textes, le jeune homme garde une certaine allégresse dans son jeu de scène : ponctuant chaque morceau par une jolie complicité avec le public et un sens inné de l’ironie, il n’en oublie pas de faire sourire son auditoire. Quand il entame Juste ces mots, le public retient littéralement son souffle. Premier coup de maître du jeune auteur.

Le public n’est pas au bout de ses surprises puisque Beaupain nous annonce la venue de Frédéric Lo (qui a produit son album) pour le titre 33 Tours (dont la composition revient à Lo, justement). À peine le temps de souffler qu’il invite Marie-France pour un duo remarquable sur la chanson L’hélicoptère, écrite par Gainsbourg, père spirituel de Beaupain .

Toujours dans cette lumière sobre mais suffisante pour nous laisser au pays des merveilles, le set prend alors la tournure des Chansons d’Amour avec La Bastille et Ma Mémoire Sale . Clotilde Hesme fait son apparition pour interpréter Comme La Pluie, nous offrant ainsi un magnifique moment de complicité. Le public est toujours conquis par ce « génie de la Bastille ».

Et Beaupain alors de montrer une fois de plus son art de manier l’autodérision et la mélancolie en nous proposant une version très personnelle de. Comme un Ouragan (mais «  sans Stéphanie de Monaco  »). Le titre en acquiert alors ses lettres de noblesse et la scène semble embrasée par cette interprétation originale. L’artiste en profite pour nous présenter ses « pinettes » (surnom qu’il a donné à ses musiciens), toujours avec cette pointe d’humour pince-sans-rire qui lui sied si bien. Revenant à son piano, Beaupain entame un des thèmes des Chansons d’Amour ( Je n’aime que toi ), lorsque Clotilde Hesme lui fait la surprise de l’accompagner.

Cependant, personne n’a envie que cette magie prenne fin et un premier rappel se fait sentir. Brooklyn Bridge, Delta Charlie Delta (qui prend alors une ampleur incroyable avec la basse et la batterie) et Il Faut Se Taire (avec Céline Ollivier ) bercent un Café de la Danse émerveillé. Voulant « nous faire attendre comme dans un show à l’américaine », Beaupain est obligé de revenir rapidement sur scène pour un deuxième rappel. Bien évidemment, il ne se fera pas sans une pointe d’ironie dans les remerciements à l’équipe technique. Pas Grand-Chose clôt cette incroyable envolée dans le spleen de ce musicien hors norme.

S’il n’en était pas à son coup d’essai, Beaupain a réussi ce soir un coup de maître en rendant hommage à ceux qui l’ont fait ( Gainsbourg, Honoré ) tout en restant lui-même. Un véritable souffle d’air frais dans la chanson française, subtil mélange de poésie, d’écriture intelligente et de mélodie pop.

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3 commentaires

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  1. 1
    le Jeudi 19 février 2009
    Hélène a écrit :

    Complètement d’accord avec toi Ophélie.
    J’ai vu Alex Beaupain en novembre et il m’avait totalement emporté dans son univers et m’avait fait dépasser ce que je connaissais de lui : les Chansons d’Amour.
    Poésie, mélodie, fraicheur, ce sont véritablement les mots qui vont très bien pour le décrire.

    Sa version de « Comme un ouragan » m’avait laissé bouche bée et « Juste ces mots » m’avait donné la larme à l’oeil.

    J’aurais beaucoup aimé être là ce soir et apprécier cet accompagnement des guests dont Clotilde Hesme !

  2. 2
    le Vendredi 20 février 2009
    Eva. a écrit :

    Très belle chronique, Oph’, ça me donnerait presque envie de me mettre a une certaine frange de la chanson française et dieu c’est que ca, ca releve de la gageur ultime ;)

  3. 3
    le Vendredi 20 février 2009
    Fan de Marie France a écrit :

    Salut ! Pour tout savoir sur MARIE FRANCE, il y a un site (non officiel mais au top de son actualité) qui lui est consacré :

    http://lachanteusemariefrance.fr.gd/

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