Alesana + We Came As Romans + I Wrestled A Bear Once @ Divan du Monde

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Alesana partageait l'affiche du Divan du Monde avec les Américains de We Came As Romans, I wrestled a Bear once et Glamour Of The Kill lundi 16 janvier 2012. En somme, le premier gros concert de Post-Hardcore de l'année.

Faisant suite aux (très) mauvais Glamour Of the Kill, I wrestled a Bear Once investit la scène du Divan du monde. Rien que le nom du groupe annonce la couleur. En effet, dès les premières paroles, on comprend très vite d’où le combo tient son nom, tant un ours aurait assurément pris peur face aux cris poussés par la chanteuse. Mais, il serait très limitatif de se contenter de cette simple remarque. Les chants gutturaux prennent place parmi les parties calmes des morceaux : aussi, derrière ce groupe de screamo se cachent une maitrise instrumentale impressionnante, un rythme riche et diversifié, ainsi qu’un chant finalement assez complet. Le Divan du monde a très vite fait néanmoins de se transformer en circle-pit, tradition oblige, au sein duquel un homme-ours (une personne déguisée en ours bien entendu) se fera une joie de pogoter.

Le groupe n’étant qu’une « seconde » première partie laisse bientôt place aux non moins connus membres de We Came As Romans. Déjà habitués à jouer dans l’hexagone, les Américains sont de retour sur cette date pour nous remémorer la force de ce groupe. Deux chanteurs pour offrir un chant plus diversifié, des rythmes énergiques et une réelle proximité avec le public. Aussi, le combo interprète ses titres incontournables tels We are the Reasons, To Plant a Seed (de l’album du même nom, NDLR), ou encore la plus récente Miss//Understanding.

Un Goodbye et c’est au tour d’Alesana de nous rejoindre. L’ambiance électrique est palpable. Le groupe, connaissant ici d’une fan-base assez importante, est l’un de ces groupes américains de la scène post-hardcore se faisant longuement désirer, alors que d’autres formations outre-Atlantique d’une moindre importance s’étaient déjà offert plusieurs fois le luxe de venir honorer leur public français. Le quintette a su dès ses débuts se démarquer des autres en se composant une identité bien particulière : deux frontmen ayant chacun un rôle particulier, un style un brin torturé avec des racines émo et des vidéos soignées venant appuyer la singularité de chacun de leurs albums.

Étrangement, le concert laissera donc un avis partagé, même si la prestation semble de prime abord rassembler tous les critères de réussite : un chant maitrisé, des morceaux aussi efficaces que sur CD, une énergie communicative, et un réel sens du show qui souffrira cependant de quelques maladresses notables. Ainsi, afin de parfaitement coller à son univers, le groupe en viendra à incorporer certaines parties de ses bandes sonores studio à son jeu live. Bien que l’exercice soit courant, on sera surpris ici d’entendre des séquences narratives assurées par du playback, alors qu’il eut suffi que le chanteur soit équipé d’un modulateur de voix au lieu de simplement remuer les lèvres, ce qui ne trompe personne, en plus d’être légèrement ridicule. À noter également l’absence de certains instruments indispensables aux harmonies du groupe (notamment le piano). La grandeur des lieux, et les contraintes logistiques ne permettent bien sûr pas de proposer une retranscription complète des multiples sonorités du groupe, mais il semble au final assez difficile de discerner le vrai du faux.

Alesana jouera pendant plus d’une heure, avant de nous envoyer ses derniers remerciements en quittant la scène, sans aucun rappel et en laissant un public légèrement sur sa faim, et assez partagé. Pourant le groupe avait l’air plutôt heureux d’être sur scène et n’aura pas oublié de jouer ses morceaux phares (The Thespian, The Murderer, ou encore Hand in Hand with The Damned).

De bonnes idées, mais qui souffrent d’un manque de moyens et d’artifices un peu cheap. Espérons donc que leur signature chez Epitaph Records, l’un des labels les plus important du milieu, leur permette de continuer à s’améliorer et de proposer un résultat à la hauteur de leurs ambitions.

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A propos de l'auteur

Image de : Photographe et chroniqueur, parfois ! www.philippeabdou.fr

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