Alee, Guizmo (Tryo), Zeitoun (La Rue Ketanou), Le Pied de la Pompe | Centre Barbara Fleury | Paris

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Quand on est artiste avec un minimum de notoriété, on peut en profiter pour rentrer gratis dans des lieux ultra VIP, pointer son nez à des meetings politiques, ou encore dire deux phrases au milieu de 15 autres chanteurs ultra engagés qui s’unissent pour les enfants en Afrique.

D’autres savent qu’il ne suffit pas de se donner bonne conscience le temps d’un single, et préfèrent se lancer dans des tournées afin d’éveiller les consciences. Le collectif « On y pense et on y pense… », composé du Pied de la Pompe, de Guizmo (de Tryo), de Zeitoun (de la Rue Kétanou) et d’Alee, fait partie de ses artistes qui croient encore à leur mission. En concert au centre Barbara Fleury du quartier de la Goutte d’Or on peut dire que nos poètes ont réussi leur coup ! Résumé d’un concert ou communauté et solidarité s’allient à la désobéissance sociale.

Julia Guerre

C’est Alee qui ouvre le bal. Le « petit Beurre Breton » comme il aime à le décrire, allume doucement les esprits et les corps. Avec ses morceaux aux textes fins et recherchés et sa musique festive il remplit son rôle de première partie sans fausse note et sans oublier de préciser de temps à autre qu’un album « est en vente à l’entrée, si vous voulez hein… ». Un disque au titre évocateur (l’Heure a sonné)  que nous présentera ce soir ce poète du bitume, ami de longue date de Guizmo et des musiciens du Pied de la Pompe.

Si l’idée d’un collectif n’est pas nouvelle, il est rare d’assister à une telle osmose et à une telle évidente bonne ambiance entre des musiciens de groupes différents.

Erwan et Gérome, représentant du Pied de la Pompe, et quelque part un peu à la base du collectif, ont leur place sur scène, mais restent presque effacés à côté des zébulons que sont Guizmo, Zeitoun et Alee. Au fond à droite, de derrière sa batterie qu’il fait résonner uniquement à coup de pédale puisque ses mains sont déjà occupées par sa guitare, Gérome pose quelques fois sa voix grave et vibrante aux côtés du raggamuffin de Guizmo ou des envolées rap et ska d’un Zeitoun monté sur ressort. Du côté gauche Erwan gratte doucement les cordes de sa basse, nous faisant partager ses ondes graves qui résonnent au creux du ventre. On aura tout de même droit à quelques morceaux avec juste les Pied de la Pompe sur scène, laissant le loisir à Gérome de laisser s’envoler son chant à la Bertrand Cantat et à Erwan de redonner ses lettres de noblesse aux solos de basse.

Une ambiance faite des chansons du collectif, comme Fils de rien, Ici ou là ou encore On y pense et on y pense, mais qui ne s’interdit pas les bons vieux sons qui ont fait le succès de la Rue Kétanou ou de Tryo. Yakamoneyé, Les hommes que j’aime ou encore Y’a des cigales sont repris en cœur par un public sous le charme.

Très vite l’énergie débordante des artistes remplit la salle. On jump, on chante, on rigole de les voir jouer les policiers pour le morceau la municipale, et même quand Guizmo se prend les pieds dans l’ampli pour finir les fesses par terre, la performance ne perd rien de son niveau et de sa bonne humeur contagieuse.

Un concert festif, mais loin d’être superficiel ou commercial, un de ces moments dont notre société à de plus en plus besoin dans l’atmosphère politique actuelle. Allez donc jeter un petit coup d’œil au MySpace du Pied de la Pompe, toutes les dates de la tournée sont dessus alors ne les loupez pas s’ils passent près de chez vous !

Crédits photo :

On y pense © Julia GuerreOn y pense © Julia GuerreOn y pense © Julia GuerreOn y pense © Julia GuerreOn y pense © Julia GuerreOn y pense © Julia Guerre

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A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

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