Alan Corbel + Miossec au Splendid de Lille

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Voilà qu'un vent de Bretagne s'étend vers Lille. Direction le Splendid, petite salle mythique du quartier de Fives, en haut du Mont de Terre. On est mercredi et ce soir pour l'occasion, le public lillois s'est déplacé en nombre pour accueillir nos amis bretons. Une queue sans fin s'étend sur la place devant le Splendid et pénètre difficilement. Un public de tout âge, ça parle du spectacle à venir, du dernier album sorti quelques semaines auparavant...

alan-corbel-7On patiente gentiment dans la fosse, mais on entend par-ci par-là quelques inquiétudes quant à la première partie, inconnue au bataillon. Gros jets de fumée répétés sur le devant, à 20h – voilà un concert qui commence à l’heure ! – Alan Corbel entre en scène pour assurer la première partie.

Alan Corbel nous vient de Rennes, et nous accueille ce soir avec des chansons anglophones, tirées de son premier E.P. et de son album à venir. La guitare à la main, il promène durant 30 minutes son folk avec lui et nous l’offre avec réserve, assis sur son tabouret. Ayant eu la possibilité d’écouter son premier E.P. avant le concert, je retrouve avec plaisir les morceaux sur lesquels j’avais déjà bien accrochés, en live.

Débutant sur un nouveau morceau, il enchaîne ensuite ainsi Endless, Children of the Sun et Muse . Puis il se lève, troque sa guitare folk contre une électrique, et continue sa lancée avec trois autres morceaux, dont The Rain, tiré également de son E.P.

alan-corbelDans ses textes, une note de romantisme, l’harmonie du mélange du blues et du désespoir, un soupçon de rêverie mélancolique… Une mélancolie qui n’est pas sans nous rappeler Jeff Buckley, Elliott Smith ou encore Patrick Watson . Mais surtout une jolie voix de tête, de celles qui nous ouvrent des portes derrière lesquelles on s’envole. Alan Corbel quitte la scène après sept morceaux et le public s’applaudit comme il se doit, finalement satisfait.

Puis le noir, et la lumière refait son apparition dans la salle, tandis que les techniciens s’animent, la foule se retient puis souffle… L’attente se fait longue, le public applaudit en rythme, crie, appelle. Un rideau dans le fond qui bouge, mais ce n’est qu’une fausse alerte. Il devrait arriver, celui que tout le monde attend… Le Brestois au franc parler, Christophe Miossec . Dans sa tournée de France, il s’arrête le temps d’une soirée à Lille pour nous présenter son nouvel album, Finistériens, sorti le 14 septembre dernier. Et puis ses « vieux » disques aussi, bien sûr.

La salle est enfin replongée dans le noir, le public s’excite et la soirée s’annonce rebondissante. Quelques notes d’intro sont jouées dans le noir, mais toujours pas de Miossec en vue. Le public applaudit, s’impatiente, s’inquiète. L’attente se fait longue. Puis le voilà ! Avec sa canne et sa démarche hasardeuse qui lui est propre, voilà Miossec qui pénètre depuis le fond de scène, approche le devant, jette sa canne et empoigne le pied de micro, sur lequel il se reposera toute la soirée.

miossec-26 Miossec débute son set avec trois morceaux de son dernier album : Nos plus belles années, Les Joggeurs du dimanche et Hais-moi . Un album produit par Yann Tiersen, musicien aux multiples talents que l’on ne présente plus. Un album tout neuf mais déjà bien connu des fans, chez lesquels on peut lire les paroles sur les lèvres en même temps que la chanson.

Un concert de Miossec, c’est toujours un peu hasardeux. Une démarche titubante, un rythme cassé, des couplets oubliés… Mais les musiciens rattrapent avec élégance chacun de ses faux pas et le public assure sa part du spectacle. Titubant, il assure tout de même son show. Certains morceaux avec une fougue venue du coeur, certains plus hésitants, la soirée prend son rythme de croisière. Le pied de micro vole, Miossec fait du bruit en le violentant quelque peu contre le sol.

Quelques échanges avec le public, il y a des bretons dans la salle, et même un drapeau ! Il feuillette dans son livre des paroles, puis nous revoilà dans des morceaux plus anciens, et il attaque fort avec force, pour Fidélité, pour calmer le jeu et lancer les frissons sur l’inévitable Je m’en vais .

S’en suivent 30 ans, Fermer la maison, jusque-là tout va bien. Puis il fait véritablement vibrer la salle,  » Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest, est-ce que toi aussi ça te bouleverse ? « , avec son grand chef d’oeuvre Brest, qui bouleverse également le public.

Une traditionnelle chanson Les bières aujourd’hui s’ouvrent manuellement qui n’est pas sans faire réagir la foule, quelques nouveaux titres de Finistériens, et un majestueux Jésus au PMU . Il continue entre anciens et nouveaux morceaux et finit son set principal avec Fortune de mer .

miossec-10Vient l’heure des rappels, et le public ne s’en lasse pas. Il reprend trois morceaux, Loin de la foule, Non non non, Pentecôte, puis se réchappe de nouveau et se tarde à revenir,  » parti tirer sur une clope  » nous dit-il à son retour. Il finit avec brio sur  » Dom-Tom « , et Seul ce que j’ai perdu .

Le public ne se lasse pas, rappelle le chanteur encore une fois, mais le set est terminé et les lumières se rallument, laissant sur les visages l’impression qu’un fantôme les a plongés dans un rêve bizarre. On aurait cependant apprécié comme il se doit la présence de Yann Tiersen .

À la sortie du concert on retrouve Alan Corbel dans le hall, vendant son E.P. aux quelques curieux qui n’oublieront pas de le féliciter et de le remercier chaleureusement au passage. L’album sort l’année prochaine et pourrait bien taper fort… Un nom à retenir !

Playlist Miossec :

Nos plus belles années / Les joggeurs du dimanche / Hais-moi / Fidélité / Je m’en vais / 30 ans / Fermer la maison / Brest / Les bières aujourd’hui s’ouvrent manuellement / CDD / Les chiens de paille / Jésus au PMU / Le défroqué / À Montparnasse / La mélancolie / Fortune de mer

Rappel :

Loin de la foule / Non non non / Pentecôte / Dom Tom / Seul ce que j’ai perdu

Crédits photo : Marion Agé

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A propos de l'auteur

Image de : Photographe lilloise de 25 ans tombée soudainement dans la fosse des photographes de concerts, passe dorénavant la majorité de ses soirées à allier la passion de la photographie à la (re)découverte des groupes en concert dans son grand nord. Des sonorités post-rock, post-métal ou plus rock dans les oreilles, elle s'adonne avec plaisir au roller et à la basse.

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