Akamusic: une révolution en marche ?

par Elodie|
Phil Spector (John Lennon), Rick Rubin (Slayer, Red Hot Chili Peppers, System Of A Down), Nigel Godrich (Beck, Pavement, Radiohead, Paul Mc Cartney), George Martin (The Beatles) ... Ces producteurs célèbres se sont investis corps et âmes pour leurs protégés ce qui leur a valu à tous une renomée mondiale.

akamusic_logo_fond_blancVous qui êtes passionnés de musique, de rock, de folk, de pop, de funk, de noise ou de métal, ne vous êtes-vous jamais posés la question de l’effet que ça vous ferait de devenir producteur à votre tour et de dénicher la perle rare ?

Et vous qui êtes artistes, si votre Nigel Godrich n’était qu’à quelques portées de clics ?

C’est justement ce que propose Akamusic pour cette rentrée 2008. Ce site communautaire propose de se faire rencontrer des musiciens de tous horizons avec d’éventuels producteurs amateurs. Les artistes proposent leurs titres en écoute et choisissent de produire soit un single (coût 15 000 euros), soit un album (coût 50 000 euros). Les internautes peuvent par la suite investir en achetant des parts dans la production de l’oeuvre, par tranche successive de 5 euros chacune. Si la somme nécessaire est réunie, alors le processus de création et d’enregistrement s’enclenche et les producteurs pourront se partager 40% des ventes de disques des artistes qu’ils auront produits.

Un concept innovant, qui surf sur la vague actuelle des réseaux sociaux et autres sites participatifs, en bouleversant les circuits traditionnels mis en place par les maisons de disque depuis plusieurs décennies. Pour en savoir plus nous avons interrogé Michel de Launoit, l’un des créateurs d’ Akamusic

À l’heure de la crise du disque, le concept d’Akamusic n’est-il pas un peu utopique ?

michelIl s’agit de réagir face à un univers où tout est bouleversé, où l’on écoute la musique différemment. Aujourd’hui, je souhaite faire partager une expérience de producteur, une rencontre, un projet. Il faut réimaginer la musique. Avec Akamusic, l’artiste commence sa promotion durant la période de création, les maquettes peuvent être mises en écoute. Tout cela est résolument différent de l époque où l’artiste enregistrait en secret et éclatait au grand seulement lors de la sortie de l’album. Le monde de la musique tend à devenir de plus en plus vaste. Je crois que l’on va avoir beaucoup plus d’artistes, comme de radios.

Quel est l’accueil des grosses sociétés de production à votre égard ?

Pour l’instant nous n’avons pas eut de contre indications ni quoi que ce soit. Elles ne nous considèrent pas comme des concurrents, mais dans un milieu où tout bouge, il va leur falloir repenser la musique également …

D’autres sites comme Akamusic reprennent un concept similaire (MyMajorCompany par exemple), quelles sont vos différences avec eux ?

Akamusic est le seul site à inviter des promoteurs à soutenir les artistes, d’autre part nous proposons une plateforme ouverte vers l’internationale. Akamusic ouvrira dans un mois des versions espagnoles et anglaises pour permettre une diversité culturelle bien réelle.

L’équipe va donc être amenée à s’étoffer ?

En effet, nous emploierons des équipes de 4/5 personnes dans chaque pays, avec en plus des directeurs artistiques et des attachés de presse, comme dans l’équipe française.

Auriez-vous quelques chiffres ?

Akamusic c’est :

– 2287 producteurs

– 995 artistes

– 270.000 euros investis par les producteurs en 6 mois, soit une moyenne d’environ 1000 euros par jour !

Il y a aussi un blog, alimenté par la rédaction d’Akamusic. En ce qui concerne le site, est-il définitif ?

akamusic_screenshot_homeDes nouveaux outils vont apparaître très prochainement, à savoir, des nouvelles rubriques dont une, « Oreilles critiques », où la parole sera donnée aux promoteurs pour qu’ils s’expriment à propos des artistes du site.

En tant que producteur, on est amené à se poser beaucoup de questions sur l’utilisation de son argent. Concernant l’enregistrement, que se passe-t-il si le budget est dépassé ou au cas contraire si tout n’a pas été dépensé ?

Akamusic garantit 40% des ventes au producteur (qui devra alors déclarer ces sommes comme des revenus complémentaires) mais si l’artiste dépasse son budget il faut trouver un arrangement, mais pour l’instant, nous veillons à ce que cela ne se produise pas. Au contraire, s’il reste de l’argent, alors, il est alloué à la promotion de l’artiste, au marketing, à la communication…

Comment s’organise cette promotion d’artiste ?

Les producteurs ne se chargent pas directement de la communication autour de l’artiste. C’est Akamusic et son équipe de professionnels (directeurs artistiques et attachés de presse) qui gèrent tout ce qui concerne la communication. Les producteurs n’ont pas à s’improviser attaché de presse …

Quel est l’intérêt pour Akamusic de proposer ce type de service, outre la commission ?

C’est un partage. Le partage d’une expérience humaine. Suivre un artiste c’est suivre une histoire. Il ne faut pas voir cela comme un simple investissement. Aujourd’hui, s’effectue le retour de la musique « plaisir », a contrario de la musique « business » que l’on a connu ces derniers temps… La musique c’est avant tout un échange, un partage de plaisir et c’est ce que veut transmettre Akamusic .

D’autre part, permettre à un artiste d’être confronté à un avis multiple sur sa production, c’est beaucoup plus avantageux que de l’exposer à une seule personne, ce qui se passe dans les majors. Dans ces entreprises, il y a une moyenne correspondant à 1 succès sur 10 artistes sur lesquels le responsable (directeur artistique) a misé. Avec 2287 producteurs, la donne change pour permettre à un plus grand nombre d’artistes de tenter leur chance.

Quelles sont les plus belles découvertes d’Akamusic pour le moment ?

Il y a Matthieu Bioul, qui est à 39 000 euros (objectif : 50 000 euros), mais aussi Mister Scotch (6790 euros sur 50 000 euros) et les trois artistes qui ont atteint les 15 000 euros et qui vont enregistrer leur premier single ! Alice part en studio en septembre, V.O.Kal sort dans 15 jours et Fleen débutera l’enregistrement en novembre. D’autres noms nous ont rejoint comme Damien Sargue, qui a fait Roméo et Juliette . La plus belle surprise, c’est la communauté, le fait de voir des artistes dialoguer avec leurs premiers producteurs via des commentaires postés sur le site. Entendre des artistes se réjouir avec des  » Le moral est là  » ou  » C’est reparti « , c’est magnifique ! Ce qui en ressort, c’est bien au delà de l’argent et du site, une envie de faire de la musique par dessus tout.

Comment pensez vous l’avenir d’Akamusic ?

On compte être important sur la place !

En remerciant Michel pour toutes ces réponses, comprenons que dans un monde où toutes les règles sont bouleversées, tous les styles musicaux se mélangent avec des techniques de productions nouvelles. Ce sera à nous et à vous d’en juger…

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8 commentaires

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  1. 1
    Pascal
    le Jeudi 4 septembre 2008
    Pascal a écrit :

    Concept interressant et qui mérite qu’on s’y penche de plus près ! J’aurais quelques petites questions supplémentaires, si jamais quelque’un d’Akamusic passait par là…

    Comment cela se passe t-il avec les droits d’auteurs ? Qui touchera la SACEM ?

    Des pistes pour inclure les producteurs dans la production d’évènements live existent t-elles ?

    Si j’investis 50 euros dans un artiste pour l’aider à produire son album. Combien d’albums devront être vendus pour que je puisse « rentrer dans mes frais » ?

    Des accords ont-t-ils été conclus avec des plateformes de téléchargement légales ?

  2. 2
    le Vendredi 5 septembre 2008
    Akamusic a écrit :

    Bonjour,

    Voici les réponses à vos pertinentes questions:

    1 Comment cela se passe t-il avec les droits d’auteurs ? Qui touchera la SACEM ?

    Ils reviennent tous à l’auteur-compositeur.

    2 Des pistes pour inclure les producteurs dans la production d’évènements live existent t-elles ?

    Chaque producteur peut jouer son rôle de promoteur en utilisant les outils de Buzz offert par Akamusic, sur des pages Facebook, MySpace…
    Les producteurs issus du milieu musical, eux, peuvent s’inscrire comme promoteurs sur Akamusic (http://wwww.akamusic.com/user/psignup) et inviter les artistes à venir participer aux événements qu’ils organisent. A l’instar des festivals ou salles de concerts déjà inscrits.

    3 Si j’investis 50 euros dans un artiste pour l’aider à produire son album. Combien d’albums devront être vendus pour que je puisse « rentrer dans mes frais » ?

    20.000!

    4 Des accords ont-t-ils été conclus avec des plateformes de téléchargement légales ?

    Oui, l’ensemble des productions Akamusic sera downloadable sur l’ensemble des plateformes du marché.

    L’équipe Akamusic

  3. 3
    Stv
    le Lundi 8 septembre 2008
    Stv a écrit :

    Plutôt que de parler de producteur, Akamusic devrait plus parler d’investisseur ! Car les producteurs cités en début d’article sont avant tout des artistes et ici il est seulement question de finance…

  4. 4
    le Jeudi 11 septembre 2008
    Gilles a écrit :

    Dans la lignée, je me permets de reprendre une info entendue sur Inter avec le lancement prochain du site http://www.spot.us. Là il s’agit de financer des journalistes sous forme de mécénat.
    La mode du « crowdfounding » est bien lancée à voir le nombre de pages sur google !

  5. 5
    Stedim
    le Jeudi 11 septembre 2008
    Stedim a écrit :

    Et voici probablement la version pour le cinéma : http://www.20000prod.com/

  6. 6
    le Vendredi 13 mars 2009
    Jb a écrit :

    Dans le cas d’une personne qui investit 50 euros, il faut 20000 disques de vendus pour un retour sur investissement. Dans le cas où l’on investit une somme supérieure ou inférieure (prenons l’exemple de 500 euros), le nombre de disque à vendre pour un ROI (retour sur investissement) est-il le même?

  7. 7
    le Mardi 11 août 2009
    MACHOU a écrit :

    Si on gagne ne fusse que 5 euros , vous dites que l’on doit déclarer ces sommes comme revevu complémentaires? comment cela se passe t-il ? envoyez-vous des feuilles que l’on doit envoyer aux contributions ? car j’ai parrainé plusieurs artistes et cela vient de me refroidir ! bien a vous

  8. 8
    le Mardi 19 octobre 2010
    WASER Christian a écrit :

    AKAMUSIC, es-ce du réel et pouvons nous vraiment croire à nos sommes investies car nous n’entendons pas parler beaucoup de vous??? Kriss26 de VALENCE DROME FRANCE, à bientôt de vous lire

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