Air au Casino de Paris – Conditionnement Aérien

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L’approche d’un concert événement est toujours à double tranchant. Côté pile, l’euphorie prend le dessus, l’avènement engendre l’excitation et l’on rentre chez soi heureux d’avoir assisté à une prestation scénique époustouflante. Comme toute médaille, le revers peut être sanglant. Le côté face est beaucoup moins brillant, dans tous les sens du terme.

1973-casino-de-paris-paris-12-01-2010-4Attendu par tous comme l’événement de ce début de nouvelle année, Paris était en ébullition à l’idée de retrouver le duo versaillais Air sur scène pour la sortie de leur nouvel album Love 2 . De nombreux invités de choix étaient présents tels que les membres du groupe français Phoenix, Étienne Daho ou encore Sébastien Tellier.

Un parterre d’invités aussi bien choisi dénote de la popularité et de l’intégrité de Air . Acceptés par leurs pairs, Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin ont su se faire une place au sein du monde musical français et international. Issus du mouvement ‘French Touch’, leurs multiples succès ont traversé les océans. Leurs albums Moon Safari, Talkie Walkie et Pocket Symphony aux sons électroniques, pop et psychédéliques ont su projeter le groupe dans un univers fantasmagorique qui leur est propre.

Pour la présentation de leur nouvel opus, nous nous attendions donc à être transportés loin du vacarme parisien, dans un espace-temps imaginaire et irréel. Air ayant souvent misé sur l’apport de musiciens additionnels, l’arrivée sur scène de la formation en un simple trio laissait présager une approche intimiste du concert.

Accompagnés du batteur anglais Alex Thomas, le concert débute. Simples, mélodieux et épurés les sons envahissent la Casino de Paris. La tension est palpable et toute l’audience préconquise n’attend que le moment du décollage. Mais la langueur des morceaux présentés et les arrangements studio occultés enlisent le groupe français. L’ambiance se fait fébrile et ce n’est pas l’énergie scénique inapparente qui va sortir le groupe de l’enlisement auquel je succombe moi-même. Sans fioriture, les morceaux s’enchainent et malgré le manque d’attrait, la simplicité donne un nouveau charme au groupe.

1973-casino-de-paris-paris-12-01-2010-2 Air se présente sous un nouveau jour et l’attention du public n’est plus étourdie par les fastes et les spotlights. Cette sobriété récemment acquise permet de révéler d’anciennes mélodies telles que celles de Cherry Blossom Girl, Sexy Boy, Highschool Lover et Femme D’argent . En guise de récompense, ce sont les morceaux de Love 2 qui sont le plus plébiscités par le public parisien. Nous retiendrons des titres innovants et hypnotiques tels que Tropical Disease et Be A Bee qui en sont extraits.

Le concert s’achève sur une note plutôt sucrée bien que le conditionnement mitige parfois une assemblée qui est bel et bien divisée entre nostalgie et audace musicale. Air laisse après leur passage une sensibilité artistique novatrice qui nous affecte tous. Hors des sentiers battus, nous avons revisité nos classiques et appris à ne pas nous laisser influencer par nos définitions préconçues de ce que doit représenter un concert.

Le groupe sera présent à la Cité de la musique et à la Salle Pleyel du 1er au 6 juin 2010. Air proposera pour l’occasion des créations spéciales en collaboration avec des musiciens d’univers différents chaque soir. En attendant, leur album Love 2, mixé par Stéphane Briat (déjà présent sur Moon Safari ), est dans les bacs depuis le 6 octobre 2009 et reste à portée de main pour patienter sagement jusqu’au retour aérien de Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin .

Crédits photo : Nicolas Brunet

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A propos de l'auteur

Image de : Mes passions ont toujours été dévorantes et poussées à leur paroxysme. Les mots sont un exutoire idéal et mon admiration est totale envers des écrivains tels que Robert Heinlein, Hubert Selby Jr., Bret Easton Ellis, Franz Kafka ou encore Albert Camus. http://www.tasteyourmusic.wordpress.com

1 commentaire

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  1. 1
    le Jeudi 28 janvier 2010
    Eymeric a écrit :

    Je les ai pour ma part vu à Stockholm, l’impression que j’en ai eue était assez mitigée: certains morceaux me faisaient littéralement décoller, j’ai été très déçu par d’autres qui manquaient d’énergie et de sel. Cette sobriété affichée peut-être autant louable que laisser parfois sceptique… mais au final, comme on me l’a fait remarquer pour le cas de Stockholm, cette sobriété allait parfaitement avec le lieu du concert, qui était un hôtel du XIXe chargé de lustres et de sculptures. Cette sobriété c’est peut-être aussi une manière de s’effacer au profil de la musique…

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