Agnes Obel vs Rebekka Karijord

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L'hiver sera doux aux côtés de deux songwriters scandinaves, Agnes Obel et Rebekka Karijord.

Qui, quoi ?

Agnes Obel , Philharmonics

C’est le première album de la chanteuse danoise de 29 ans exilée à Berlin, après un E.P de trois titres en guise de préambule. A Copenhague, elle a grandi sous les auspices de Debussy, Bartók et Satie et ne quitte aujourd’hui que rarement ses pianos. Philharmonics est une collection de morceaux qu’Agnes Obel a collectionné comme on enfile les perles, avant de pouvoir enfin les sortir sur cet album délicat. L’air mystérieux et les yeux diaphanes, la belle nous intrigue dès la pochette.

Rebekka Karijord, The Noble Art Of Letting Go

The Noble Art Of Letting Go est le troisième album de Rebekka Karijord, une norvégienne qui a quant à elle choisi Stockholm comme lieu de résidence. Après quelques tournées aux côtés d’Ane Brun qu’elle accompagnait à la harpe et qu’on aperçoit sur cet album à l’occasion d’un featuring (le très joli Morning Light Forgives The Night), Rebekka a enregistré cet album avec l’aide du suédois Tobias Froberg pour la production et les arrangements construits avec soin.

Chances de réchauffer l’atmosphère

Agnes Obel : 90%

Le piano est, sans surprise, au centre de l’album, accompagné ici et là de guitare. Philharmonics est comme un petit rayon de soleil sur un glaçon, tissé de mélodies à fredonner comme sur Just So : « Drink a toast to the sun  / to the things that never go ». Agnes Obel nous invite à remarquer des détails qu’on avait oublié et à cultiver sa nostalgie dans l’attente de meilleurs moments. Le très joli morceau de piano Wallflower amorce une fin d’album en demi-teinte et sur Over The Hill, on pense à la Cat Power de Sea Of Love.

Rebekka Karijord : 70%

La voix cristalline de Rebekka et son haleine chargée de petits cristaux de glace parviennent à semer le trouble (Dead On My Feet). Les chansons de The Noble Art Of Letting Go sont soyeuses et sombres comme les plis du velours. Quelque titres se démarquent : Parking Lot mené par des violons enjoués, Life Isn’t Short At All et ses airs de happy end.

Chances de nous perdre au fond des bois

Agnes Obel : 55%

L’univers d’Agnes Obel nous apparaît très familier, et le traitement particulier de la voix crée un univers clos. Lorsqu’on s’aventure, ce n’est jamais pour se perdre : au bord de Riverside, l’eau qui coule produit un son aussi régulier que la petite ritournelle du refrain.

Rebekka : 85%

Dans le clip de Wearing It Like A Crown, Rebekka Karijord se confronte à ses démons, errant dans la forêt en compagnie d’une petite fille mystérieuse. Il est facile de se perdre dans les méandres de ses griefs. Rebekka veut être celle qui montre le chemin : « The daylight will soften your mood / come now accept what’s good. » (The Noble Art Of Letting Go)

Chances de passer l’hiver

Agnes Obel : 75%

Agnes Obel vous fera des soirées piano au coin du feu, reprenant Close Watch de John Cale comme si cette chanson avait toujours existé. Si vous aimez les morceaux rêveurs de Patrick Watson (Mr. Tom), Anna Ternheim et Soap & Skin.

Rebekka Karijord : 85%

On se laisse porter avec délice dans les arrangements variés de l’album, et les paroles, parfois attendues, interpellent souvent. Si vous voulez couper les ponts avec ce qui vous retient d’avancer, Rebekka Karijord vous fournira les ciseaux.

Meilleurs morceaux

Philharmonics : Avenue, Riverside, Brother Sparrow.

The Noble Art Of Letting Go : Wear It Like A Crown (Living Room Version), Undo Love, The Noble Art Of Letting Go

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En savoir +

Agnes Obel, Philarmonics (Pias), sorti le 4 octobre 2010

http://www.myspace.com/obelmusic

Rebekka Karijord, The Noble Art Of Letting Go (Lil Facit Records / Discograph), sorti le 15 novembre 2010

http://rebekkakarijord.com/http://www.myspace.com/rebekkaandthemysterybox

A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

6 commentaires

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  1. 1
    le Lundi 15 novembre 2010
    Sam a écrit :

    Une chronique comme je les aime beaucoup beaucoup :)

  2. 2
    le Lundi 15 novembre 2010
    Z a écrit :

    Je ne veux pas être m’imposer, mais ça serait bien de remplacer songwriters par compositrices.

  3. 3
    le Lundi 15 novembre 2010
    Z a écrit :

    Je ne veux pas m’imposer*

  4. 4
    Julia
    le Lundi 15 novembre 2010
    Julia a écrit :

    @Z : gêné(e) par l’anglicisme ?
    @Sam : merci !

  5. 5
    le Vendredi 10 décembre 2010
    Chris a écrit :

    Rebekka vient d’interpréter « Smells like teen spirit de Nirvana. Sublime. Récupérez le podcast : il vaut de l’or.

  6. 6
    le Dimanche 12 décembre 2010
    Julia a écrit :

    Merci Chris, où peut-on trouver ce podcast ?

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