Agnès B. Printemps-été 2010

par Florent Tanet|
Agnès b. nous présente son défilé homme été 2010 à voir et à toucher à l'hôtel Meurice à PARIS. Une présentation « performance » qui montre la différence d'Agnès Troublé.

agnes_bLes collections d’ Agnès b. ont depuis quelque temps une résonance artistique qui dépasse celle à proprement parler du vêtement. Ses collections ne sont pas dans la démonstration, mais dans l’évocation de l’oeuvre artistique, elles se construisent comme un film. L’histoire est faite, la photographie prise ; le vêtement se monte autour de cette narration. Elles se construisent en toute simplicité avec ce qui l’entoure, sa famille, ses locaux rue Dieu à Paris, le canal Saint Martin tout proche, ses amies devenues mannequins pour l’occasion et son histoire.

Sa passion pour la photographie ou simplement pour l’image, une manière quasi rétentionnaire de sauvegarder des instants et moments passés, peut être une nostalgie de ce qui l’a habité et l’habite encore. Agnès b . Créer à chaque fois des histoires fictionnelles ou non pour ses collections, ses expositions, ses rencontres ou soirées. Elle en raconte une nouvelle cette année dans une suite de l’hôtel Meurice.

Sa présentation a ceci d’original qu’il ne s’agit pas d’un défilé. Perché sur les toits de l’hôtel, face au jardin des tuileries ; on partage la vue imprenable sur Paris et une suite avec les mannequins. Une sorte de télé-réalité sans écran et en temps réel où l’on observe et participe à la vie des mannequins. Une vie de joueur de poker, à la fois dandy en costume chic ou décontracte en chemise de gaze en lin. Un bain de mousse dans la grande baignoire en maillot noir à bretelle une pièce après une sieste en pyjama mauve sur le grand lit de la suite.

L’ensemble costume en coton huilé pour faire du scooter . encore un vêtement sortant tout droit d’une petite histoire d’ Agnès  ; jusqu’au blouson et pantalon au motif réalisé par l’artiste Jim Shaw qui nous invite encore une foi à se renseigner sur le travail de mécénat de la créatrice. Elle montre ici que son travail de créatrice ne se cantonne pas uniquement au vêtement et que sous le sigle Agnès b. se trouvent de multiples activités. Ainsi, on a pu approcher les vêtements comme à une exposition, pouvant toucher discrètement les matières comme on touche sans se faire voir, une sculpture.

Fini le podium classique où défilent les uns après les autres des mannequins automates réglés à la seconde. Agnès b . propose une présentation « in situ » où le hasard peut faire partie du jeu.

Fini la mise en abîme des mannequins sous le flash des photographes. On peut se demander parfois qui est qui ; la confusion est possible. S’agit-il d’un mannequin ou d’un visiteur ?

Le hasard, la confusion ; voilà les ingrédients pouvant constituer ce qu’on pourrait appeler un « anti défilé », où l’accident peut avoir sa place, où la communication est possible et où la frontière entre acteur et spectateur n’existe pas.

Ceci n’est pas étonnant de la part de cette créatrice qui dit ne suivre aucune tendance, n’aller dans aucun magasin et créer absolument tout elle-même.

Son travail est de plus en plus lié à celui de l’artiste. Agnès photographe, Agnès cinéaste, Agnès et ses copains artistes. Elle ne pouvait s’empêcher de réaliser une vidéo, témoin des coulisses, de la fabrication, des acteurs et en définitive de l’ambiance Agnès b .

Point d’ironie ou hommage, on finit par voir son petit-fils déguisé en Mickael Jackson pousser le moonwalk sur le bitume de la rue DIEU.

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Site officiel : http://www.agnesb.fr

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