Agent Double

par Antoine|
Attendu de pied ferme et encensé par une certaine critique, Agent double est-il au final ce renouveau du film d’espionnage tant vanté ou n’est ce qu’un pétard mouillé de plus.

agentEric O’Neill ( Ryan Phillippe ) travaille pour le FBI, il prend des photos, suit des suspects, planque et se planque. Bref, Eric est un homme de terrain. Spécialiste de l’informatique, il va rapidement être conduit à travailler sur une nouvelle affaire : la plus grosse brèche connue de tous les temps au sein des services de contre-espionnage des Etats-Unis. L’homme de terrain devient alors un bureaucrate affecté au service de celui que l’on suspecte de revendre des informations confidentielles à l’ex-URSS.

Le film était annoncé comme une nouvelle version (prometteuse) du film d’espionnage par excellence. Mettant en avant l’aspect psychologique et officieux de cette profession mystérieuse et intrigante, il devait -selon des critiques ébahis- faire ressortir le côté noir de la chose, et trancher concrètement avec l’espionnage en concentré d’action méthode 007. Pourquoi pas.

Si le scénario, issu d’une histoire vraie tient debout, l’histoire reste décevante, presque insipide. À défaut d’action, il n’est pas vain d’espérer quelques retournements de situations soulignant le drame psychologique vécu par notre héros. Mais là aussi, à part les états d’âme d’O'Neill, rien ne vient. L’histoire se finit sans originalité, sans grands remous. Le seul suspense consistant à savoir qui verra le plus clair dans le jeu de l’autre. Rien de bien original et c’est dommage.

C’est dommage, car le style du film de contre-espionnage psychologique se développe depuis quelques années, tranchant avec l’action brut de décoffrage, mais malheureusement sans grand succès. Il y a quelques années déjà, Agents Secrets ( Vincent Cassel, Monica Bellucci, André Dussolier ) avait tenté l’expérience, sans grand soutien de la critique. Le film était pourtant bon, la torture mentale de cet agent manipulateur se retrouvant manipule à son tour, faisait voler les cliches et les poncifs du genre. Le réalisateur s’était alors concentré sur la perception que le héros a de lui-même, sur l’émotion qu’il pouvait ressentir de passer du stade d’exécuteur à celui de victime expiatoire.

Il semblerait donc que ce nouveau genre de thriller d’espionnage soit dans sa phase de tâtonnements. Vivement les suivants !

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