Adèle Blanc Sec en avant-première au BIFFF de Bruxelles

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Avant-première du 10 avril au BIFFF, Bruxelles. En présence de Luc Besson, Louise Bourgoin et Jean-Paul Rouve.

Ce soir-là, le BIFFF bombait à nouveau son torse, tout fier d’accueillir un film très attendu, avec ses invités de marque.

Il faut dire que, dans la queue interminable qui commençait déjà à se former une heure avant le début officiel des hostilités, les fans de Besson se disputaient la place avec les fans de Tardi, et entre les deux, les fans d’événements et de films populaires comptaient les points.

Fidèles à leur réputation de stars françaises internationales, nos trois invités pointèrent le bout du nez avec plus d’une demi-heure de retard, dans une salle déjà bien chaude.
Petit speech sympathique sur scène… Incroyable : Besson semble décontracté, lance des petites vannes, rigole.

Il faut dire que c’est un invité spécial pour le BIFFF, qui avait été le premier festival au monde à projeter son tout premier film, Le Dernier Combat, lors de son ouverture, il y a… 28 ans!

Un retour aux sources en quelque sorte.
Du coup, nous avons droit aux félicitations du réalisateur, qui nous rappelle que le BIFFF reste l’un des festivals fantastiques les plus connus dans le monde… celui étant réputé pour sa super ambiance aussi. Et c’est donc dans un tonnerre d’applaudissements qu’il se fait remettre la Légion d’honneur du Corbeau.

Après la petite chanson obligatoire, imposée à chaque invité (un joli trio)… le film démarre.

Dès les premières images, on comprend que le film restera fort classique dans sa structure : générique très simple, d’entrée de jeu (pas de séquence avant générique, vraiment à l’ancienne quoi), puis directement, on commence dans le vif du sujet… et là, surprise générale, on se regarde tous avec un petit sourire l’air « non, il osera pas! ».
Et si… pour les 10 premières minutes… Luc Besson nous fait du Jean-Pierre Jeunet pur cru.

La p’tite voix off comme il faut, nous décrit exactement ce que l’on voit à l’écran, nous raconte ce qui se passe à tel et tel endroit, au même instant, à tels mètres de distance… dans un vieux Paris du début du siècle passé… On entend des dents crisser. Heureusement, ce n’est pas la voix de Dussolier, mais… limite.

Puis, deuxième déception. Au lieu de faire durer le suspens… on se retrouve avec le point central du film, le fameux Ptérodactyle (ptéro…heu ptyro ? enfin bref), qui sort de sa coquille, directement en entrée en matière.

Suit alors, une longue autoparodie du 5e Élément dans les sables d’Égypte, où Bourgoin nous apparait enfin, telle une Indiana Jonette pure et dure, qui découvre un tombeau sacré, des sarcophages, dont les hommes de main s’avèrent être des pilleurs de tombes, qui se retournent contre elle, puis avec en prime l’apparition du méchant méchant (Mathieu Amalric, méconnaissable et… fagoté comme le méchant nazi dans un film qu’on a tous bien vu)… etc… etc… oui, vous avez bien compris, ne manquait plus à Louise que le chapeau et le fouet.

Petit clin d’œil à la scène du sarcophage dans les rapides, plutôt sympa… et paf… on revient sur Paris, où l’on s’amuse à reconnaitre les acteurs connus, déguisés, mal fagotés… bref, durant la première demi heure, on ouvre bien grand les mirettes.

Puis évidemment, les choses se corsent… et on découvre que l’histoire en elle-même ne dépasse pas l’âge mental d’un livre de Martine à Paris.
Et l’humour potache de miss Bourgoin, sympathique en diable, mais, semblant surjouer en permanence, ne nous aide pas plus à rentrer dans l’aventure.

Alors, évidemment, à chacun de se faire son avis… et c’est vrai que certaines scènes valent le détour, comme celle de la partie de tennis, très bien découpée, très chorégraphiée, et d’une photographie magnifique.

Mais plus le film avançait, plus je voyais mon ami (fan pur et dur de Tardi), s’enfoncer dans son siège, la main posée sur le visage.

Et au final (je ne vous parlerai pas du final, mais il est tout aussi bancal que le film lui-même, malheureusement)… on se demande si on ne s’est pas trompé de salle, en allant voir un Jeunet qui aurait adapté un très mauvais album de Tintin.

Cela dit, un film sympathique à aller voir en famille, si on ferme les yeux sur tout ce qui fait… un bon film!

Quant aux invités, ils se plièrent avec courtoisie aux questions réponses à la fin du film, puis… disparurent à la vitesse de la lumière, zappant par là même la séquence de dédicace.

Pas cool, les cocos.

Crédits photo : M/O/C

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A propos de l'auteur

Image de : Sorti d'une école de Communication Visuelle de Bruxelles il y a 15 ans, directeur artistique belge basé à Paris depuis 10 ans, c'est un touche-à-tout dans le domaine des arts graphiques et du multimédia. Tour-à-tour photographe, graphiste, vidéaste, ou illustrateur, c'est aussi un IA ( Internet-Addict ), qui apprécie particulièrement le "cinéma-qui-possède-sa-petite-musique-intérieure", les "musiques-qui-te-donnent-des-images-dans-la-tête" et les événements culturels un peu décalés. De là à devenir chroniqueur pour Discordance... il n'y a qu'un pas, qu'il a franchi avec plaisir. Site web : http://www.mockery.fr

2 commentaires

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  1. 1
    Chloé Saffy
    le Mardi 13 avril 2010
    Dahlia a écrit :

    Le seul choix de Louise Bourgoin en Adèle me laisse perplexe… Elle est bien trop jolie et cheerful, quand on connait un peu la BD Adèle Blanc-Sec c’est une nana renfrognée, regard perçant et qui ne sourit presque jamais. Au vu de son physique, j’aurai plutôt vu Sylvie Testud ou Emmanuelle Devos…

  2. 2
    M/O/C
    le Mardi 13 avril 2010
    M/O/C a écrit :

    Tout à fait… le nom de Sylvie Testud circulait pourtant.
    Et je pense sincèrement qu’elle aurait été parfaite, avec un humour pince sans rire bien plus efficace.

    Mais quand j’entends Besson qui dit au Grand Journal qu’il a fait passer aucun casting à Louise, ni à personne d’autre, parce que c’était elle qu’il voulait, et qu’elle avait assez prouvé ce qu’elle valait en s’entrainant des années durant en se grimant et en s’amusant à Canal+ … je me suis dit « C’est c’lààà ouiiiii ».
    :) dommage.

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