Adam Kesher : Tick Tock it’s time to knock yourself out

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La Boule Noire possédait hier soir en son sein quelque chose d'immaculé, une cohabitation fortuite de deux figures montantes de la scène musicale française : Adam Kesher et Wagner.

Ce conte quasi onirique a pris forme en première partie sous les traits de Yan Wagner, qui a habilement réveillé cette salle chargée d’histoire. Mise en bouche appréciable accompagnée d’un public enclin à quelques pas de danse et de morceaux sulfureux de synth pop dont seul Yan à le secret, tels que This Light, Recession Song ou encore l’entêtant Changed, ont conditionné l’ambiance de la soirée. Indubitablement, Yan Wagner sait motiver les foules et mixe avec dextérité, deux qualités qui ont fait de lui la première partie des groupes les plus en vue tels que Midnight Juggernauts ou encore Air. Après un set détonnant, Yan rend les armes et laisse derrière lui un public trépignant d’impatience. Les écarts se resserrent, le « front row » habituellement « vide » – eh oui nous sommes à Paris ! – est quant à lui chargé de jeunes demoiselles prêtes à se dandiner sur les airs chargés d’Adam Kesher.

Entre conscience et inconscience, envolée lyrique et pop ultra tonique, les membres d’Adam Kesher distillent une musique résolument aérienne et délectable. Inspiration providentielle entre rock et électro, le groupe a su garder sa fibre post-punk primale, vivifiante et nécessaire. À mi-chemin entre les compositions intemporelles et extravagantes des groupes Action Action et The Faint, ce quintet francophone a su s’inspirer des grands tout en gardant sa propre mécanique instinctive. En effet, entre leur premier opus Heading for the hills, feeling warm inside (2008) et le dissident Challenging Nature (2010) le talent est présent, mais la différence est notable. Beaucoup plus recherché, le groupe a franchi le cap du deuxième album avec succès. Trouvant son juste milieu telle une brèche temporelle musicale presque parfaite, les synthés deviennent plus audacieux et les guitares plus animales.

D’emblée le groupe assailli la scène avec deux titres phares Armed Hands et Knock Myself Out, mais c’est avec l’enivrant single Hour Of The Wolf que Julien Perez et sa troupe montrent définitivement leurs crocs. Continuant sur leur lancée avec leur tout dernier single Gravy Train, puis sur une reprise de Joe Smooth Promised Land, le groupe enchaîne les hits tous aussi séduisants les uns que les autres. Mention spéciale cependant pour le titre Kiss Me Kinski qui prend une dimension totalement irréelle, beaucoup plus puissante en live. Malgré un incident technique au clavier, la réactivité et le self contrôle sont tels qu’ils viennent ajouter au talent d’Adam Kesher et non à desservir le show. L’encore arrive bien trop tôt, la foule n’est pas résolue à en rester là et après quelques brèves minutes de cris de rappel le groupe revient sur scène avec ses derniers titres punchy et signe en beauté avec Ladies, Loathing And Laughter.

Même après avoir quitté la scène leur présence est toujours palpable, les esprits sont marqués à vif planant ici et là, et les mines sont enjouées. Il est aisé de se laisser griser par l’expérience live tant leur énergie distinctive tend à les placer très haut. Rien à envier donc à nos camarades anglo-saxons, puisque c’est cette touche française, cette originalité qui fait d’Adam Kesher l’un des groupes les plus remarquables de sa génération.

Set list : Armed Hands / Knock Myself Out / Hour Of The Wolf / Kiss Me Kinski / Gravy Train / South Local Girl / Promised Land (Joe Smooth cover) / 100 Years Later
Encore : Blue Purple / Julien Julie / Ladies, Loathing And Laughter.

Crédits photo : Melchior T.

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A propos de l'auteur

Image de : Mes passions ont toujours été dévorantes et poussées à leur paroxysme. Les mots sont un exutoire idéal et mon admiration est totale envers des écrivains tels que Robert Heinlein, Hubert Selby Jr., Bret Easton Ellis, Franz Kafka ou encore Albert Camus. http://www.tasteyourmusic.wordpress.com

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