Adam Green à l’Alhambra

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L’éternel ado new-yorkais, Adam Green, est venu défendre son dernier et sympathique opus Minor Love sur la scène de l’Alhambra. De quoi nous faire oublier ses précédentes prestations aussi sobres qu’une Sue Ellen à l’apéro…

Image de Adam Green - Minor love En effet, il est de notoriété publique que le prince de l’anti folk, Adam Green, ne boit pas que de la grenadine… Et il est aussi connu que ce jeune new-yorkais n’est pas le plus mauvais des songwriters et mélodistes de sa génération… Et bien ces deux caractéristiques ne font pas bon ménage lorsqu’Adam monte sur scène. Prenons pour exemple le concert qu’il a donné en septembre dernier à Beaubourg, en compagnie de Carl Barat (ex-Libertines). Adam était saoul comme la Pologne et avait massacré la plupart des titres à renfort de grimaces et autres cabrioles… Amusant, mais navrant.

Le doute était donc permis avant ce nouveau show parisien. En arrivant devant la salle, une chose est sûre, Adam Green a rassemblé les foules. Le concert est sold out et les branchés sont au rendez-vous (petit florilège : « Non mais quand tu es dyslexique tu ne fais pas médecine… », «Je l’ai vu à New York l’année dernière, c’était vachement mieux… »). Sont également présents Herman Düne, Turner Cody ou encore Didier Wampas venu en famille.

Adam est en retard… des chœurs d’enfants chantant « Why you do this to me baby » résonnent dans la salle. Adam l’ado incompris, blessé, mais si drôle à la fois, est bien présent.

Et là, belle surprise… Certes Adam n’est pas non plus sobre comme un chameau, mais il est bien loin du coma éthylique et nous livre un show rock’n’roll impeccable.

Vêtu d’un perfecto et d’un pantalon pattes d’eph’, il entonne les premières notes de l’efficace Cigarettes burn forever. Et il est partout ! Il occupe tous les coins de la scène en sautant maladroitement dans tous les sens, joue avec ses musiciens et le public. S’en suit Gemstone qui parfait ce drôle de personnage.

Mais Adam garde un sacré charisme même en imitant le lapin fou sur Bunny ranch (issu de Friends of mine son meilleur disque). Il enchaîne les titres et les accompagnent de véritables performances scéniques, comme avec les théâtrales Drugs (qui prend tout son sens) ou encore Prince’s bed.

Et tout suit au fur et à mesure de ses délires. Tout d’abord, les excellents musiciens en phase avec leur front man, ainsi que le public qui n’en finit plus de pogoter, d’acclamer et de rire aux plaisanteries d’AdamLa prochaine chanson est un morceau traditionnellement chanté par moi-même », « Jesus, help me ! »).

Mais aussi sa très belle voix. Elle se propage impeccablement dans toute la salle et n’est pas altérée par les performances physiques de son propriétaire.

Puis Adam se transforme en chanteur de surf music avec le réussi Tropical Island, qui entre deux « Ooooooooh » se finit en cassage de pieds de micro.

Et pour rester dans l’ambiance il enchaîne, torse nu, avec les fougueux Nate King Cole, et What makes him act so bad.

Puis les musiciens s’éclipsent. Adam est maintenant seul sur scène accompagné de sa guitare, et entame une jolie rupture après le show survolté d’il y a quelques minutes. Une autre facette du personnage se découvre. Celle torturée, et joyeusement blessée.

Give them a token, Computer show ou encore le très touchant Boss inside prennent un véritable relief dans un silence des plus complet.

Au retour des musiciens, l’euphorie reprend de plus belle. Avec les fous et sexy Friends of mine ou encore Stadium of soul. Puis on alterne entre l’hystérie, avec Dance with me,Adam est littéralement porté par le public tel un Jésus superstar marchant sur l’eau, et les moments folk/rock et toujours fun avec Jessica (où Adam nous mimera plus ou moins des lacérations sur son ventre…), Morning after midnight et une reprise de Bryan Adams (Everything I do).

Rappel… Adam revient en peignoir de boxe histoire de nous achever un bon coup avec les hilarants No legs et Hairy Woman. Ce qui est tout à fait appréciable c’est à quel point sa nonchalance naturelle colle avec ces textes décalés.

Puis crochet du gauche, le concert se finit dans un joyeux bordel rock avec Baby’s gonna die tonight, sur lequel Adam danse en caleçon en embarquant une fille sur son dos jusqu’en coulisses.

Avec cette géniale soirée complètement barrée Adam Green a su nous faire oublier sa réputation d’alcoolique notoire. Il a surtout su enchaîner, comme personne, ces courtes pépites qui parsèment ses disques. Avec une classe, un humour et une sensibilité imparable.

Dis Adam tu reviens bientôt ?

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A propos de l'auteur

Image de : Co-responsable de la rubrique Musique sur Discordance.fr. Et même qu'une fois, je me suis faite accréditée sur un concert de Justin Bieber !

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