ACWL – Le chemin du ciel

par Arno Mothra|
Ne pas connaître ACWL relève du crime tant ce groupe irradie de la scène rock française. Autant influencé par le post-punk que le métal, par la pop que le grunge, par le rock que la new wave, le trio livre enfin son troisième album, Le Chemin du ciel, lui assurant définitivement une place aussi inclassable qu'incontournable dans l'hexagone.

acwl_logo_imageLoin du cliché de la formation typique menée par une voix féminine, ACWL est un trio français fondé en 1995. Après un essai autoproduit et peu concluant réalisé cette même année, le groupe enregistre six ans plus tard son premier véritable album, éponyme, distribué par M10. Un petit bijou, mélangeant le grunge à la pop rock, frôlant le chef-d’oeuvre, comme il n’en existe malheureusement que très peu. Propulsé par MCM et le clip A l’absent, ACWL acquiert une certaine popularité dans le milieu alternatif et indépendant.
La sortie dans les bacs en 2005 du deuxième album, Une Vie plus tard, marque un tournant radical et beaucoup moins brut, plus axé sur la new wave mais préservant un esprit rock et froid. Un très bel effort, malgré une qualité du son parfois aléatoire, qui sort les trois musiciens de l’ombre grâce aux singles Embrasse-moi, Quand viendra l’Heure et Les Amants du Paradis, poudrés de brume et plébiscités par un nouveau public.

Le Chemin du ciel, troisième album dévastateur appelant irrémédiablement aux frissons, arrive à temps pour tout chambouler. Chaque chose est là pour nous rappeler l’énorme talent du groupe : des textes d’une richesse poétique impeccable ( In Humanité ), la voix de sirène de Céline (le mystique E-fée ), des parties instrumentales à couper le souffle ( Renaissance, pureté grunge gothique, une pépite), des poussées de fièvre psychédélique ( Alarme ), des apartés plus calmes teintés d’une tendresse noire ( Tuer mon Idole ). Le Chemin du ciel porte délicieusement bien son nom, puisqu’il construit tout un parcours de contrastes aboutissant à des apothéoses célestes. Oui, Just like Heaven chantait The Cure en 1987.

Dans ce nouvel opus, la batterie martèle pléthore de riffs électriques assez violemment, tandis que la voix haut perchée contrecarre complètement les atmosphères multiples, vouées à muer au gré des secondes. Le Chemin du ciel s’ouvre sans pudeur à toutes les expérimentations rock, parfois limite noisy ; en atteste le radicalement brut Athéna, sorte de mixtion brillante entre le rock, le punk, et une pop aérienne ; ou encore L’invisible, d’une douceur vaporeuse sur les couplets avant de partir sur un métal assez sombre sur le refrain ; ainsi que Sanctus, aux allures d’ »opéra métal », rappelant quelque peu l’ex Nightwish, Tarja Turunen .
Mention particulière à Cueille-moi, final tout en douceur, moins torturé mais assez proche de Paris and Rome des Cranes . Le summum de l’ivresse : Morphée, mettant en exergue la voix hypnotique de la chanteuse, aiguisant ses cordes vocales telle une fée ses étincelles.

On étoufferait presque sur cette déferlante de frissons, de pluies sensorielles, d’explosions de mélancolie et de fraîcheur, de sons si atypiques…
Et s’il est trop tôt pour affirmer que Le Chemin du ciel surpasse ou non le premier album, ACWL prouve qu’il maîtrise, à présent, toutes les clés pour réussir de (très) grands disques. On pourrait juste regretter un peu que cette beauté glacée soit en premier lieu soutenue par La promesse en single, très loin des meilleurs titres se partageant cette cinquantaine de minutes, riches et précieuses.

La conclusion s’avère très simple : ACWL, ou la plus belle chose qui pouvait arriver au rock français. Une merveille.

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En savoir +

ACWL, Le chemin du ciel, 14 titres, sorti le 27 avril 2009 chez XIII Bis Records
http://www.acwl.net‘>Site officiel
http://www.myspace.com/acwlband‘>Myspace officiel

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