AC/DC au Stade de France

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Raout d'honneur au Stade de France pour la légende absolue du rock'n roll et climax français d'une tournée de tous les superlatifs qui s'achève dans la fureur d'une dernière série de dates. AC/DC, le groupe que l'on présente plus, vient une fois de plus d'électriser Paris.

Deux ans déjà qu‘AC/DC traverse le monde à bord de son rock’n roll train pour y prêcher l’Évangile selon St Angus. Deux ans de shows bigger than life durant lesquels les montagnes de Marshall n’auront eu de cesse de déverser les riffs endiablés de l’éternel écolier à cornes. Deux ans à faire résonner les canons de l’Apocalypse et les cloches de l’enfer sous l’œil aguicheur d’une Rosie plus en chair que jamais. Deux ans à ravir les oreilles de centaine de milliers de fanatiques prêts à tous les sacrifices pour deux heures de rêve en compagnie de leurs idoles de toujours.

C’est le troisième passage dans la capitale depuis le début du Black Ice World Tour et malgré les shows qui se suivent et se ressemblent, le groupe accuse d’une fan base prête à tout. Trois jours après Nice, le chaudron du Stade de France est rempli à ras bord et prêt à exploser. La configuration de la scène respecte les basics du groupe : une avancée centrale et deux cornes rouges qui ornent la scène de part et autre, comme un phare vers lequel convergerait patiemment toute une cohorte de t-shirts noirs.

Plus qu’un groupe de rock, AC/DC est un phénomène de société. Le chainon manquant qui relie plusieurs générations entre elles, unies par une ferveur quasi religieuse. Entre les plus jeunes qui veulent pouvoir dire qu’ils y étaient au moins une fois dans leur vie et les vieux briscards collectionnant les patchs des différentes tournées comme autant de trésors de guerre, l’ambiance dans, et aux abords du stade est bon enfant. S’il n’est pas rare de voir des enfants accompagner leurs parents à un concert rock, c’est d’en voir autant qui est assez inhabituel.

On a souvent reproché au groupe, et à Angus Young tout particulièrement de n’avoir jamais évolué. D’avoir toujours fait la même chose depuis 40 ans. Mais c’est justement cette régularité de métronome et cette sincère dévotion au rock’n roll qui est un ingrédient majeur de leur succès et de leur longévité. Ce subtil mélange de petites nouveautés, distillées au milieu des nombreuses figures imposées vécues à chaque fois par le public comme autant de points culminants. Les 5 membres d’AC/DC sont des orfèvres du rock. Des artisans, qui malgré les dimensions démesurées de leur audience mettent un point d’honneur à donner des shows millimétrés, mais toujours d’une qualité exceptionnelle.

À groupe hors-norme, première partie prestigieuse avec la venue de Slash, musicien hors pair et ancien guitariste des Guns N’ Roses qu’il n’est bien sûr pas nécessaire de présenter. Lui et ses musiciens auront fait un show efficace, et apprécié. D’ailleurs l’arrivée de Sweet Child o’ Mine sera acclamée comme il se doit par une bonne partie de la foule sans doute également amateurs des Guns.

Changement de plateau et c’est à 21h00 pétante, devant une foule plus compacte et plus ready que jamais à avoir sa ration de good times, que les écrans s’allument et que le Stade de France s’embrase devant les premières images d’un rock’n roll train propulsé à une allure démoniaque sur les rails d’un enfer de manga. Une anime jubilatoire mettant en scène un Angus lubrique aux prises avec deux sylphides vengeresses. Un combat dont il ressortira naturellement vainqueur juste avant que l’imposante locomotive du groupe ne refasse une entrée fracassante sur scène, presque un an jours pour jours après le précédent concert du groupe au Stade de France.

Et comme dans un bon film que l’on connait déjà par cœur, mais qui pourtant continue inlassablement de donner le même plaisir, des premières notes de Rock’n roll Train aux derniers riffs de For those about to rock, c’est toujours le même grand frisson pour les 80 000 personnes présentes ce soir au Stade de France. Une ambiance extraordinaire. De la pelouse jusqu’au fin fond des tribunes, ce sont des milliers de cornes clignotantes qui tapisseront la foule et oscilleront à l’unisson de l’une des sections rythmiques les plus efficaces de l’histoire du rock.

Et même si les signes du temps qui passe commencent à se faire de plus en plus visibles sur le physique des membres du groupe, la passion est toujours là. Alors qu’importe la voix pas toujours juste, les petits pains discrets et un Brian Johnson pas complètement sur le tempo en début de show, le concert est un festin de tous les instants. Rosie, la poupée gonflable, aura salué Paris comme il se doit. Angus nous aura fait son traditionnel strip-tease The Jack et régalé de ses solos ravageurs. Les Hell Bells auront résonné de toutes leurs forces. Quelques représentes de la gent féminine auront eu leurs 15 secondes de gloire, juchées sur les épaules de leurs amis en exhibant fièrement leur poitrine. Et l’apparition d’High Voltage dans la setlist, à la place du très dispensable Anything goes.

Et pour finir le set, un Let there be rock dantesque avec Angus s’élevant dans les airs dans une mise en scène quasiment christique, avant d’achever définitivement le Stade avec un retour tonitruant sous les flammes d’Highway To Hell repris en cœur par tout le monde. Ultimes moments pour saluer leur public à grand coups de canons et de clôturer ces deux heures de show par le traditionnel For those about to rock.

Pas de rappel surprise comme en 2001 avec un Brian aux couleurs de l’équipe de France, rien d’étonnant vu les prouesses de notre sélection nationale. Mais qu’importe, la leçon de rock’n roll aura été magistrale et devrait laisser des étincelles dans les yeux à tous ceux qui ont eu la chance d’avoir pu être présent ce soir-là.

Difficile cependant de ne pas se poser la question, non sans un certain pincement au cœur, si ce ne fut pas là la dernière prestation française du groupe.

Crédits photo : Philippe Barbosa Galerie complète à voir sur son blog

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Site officiel : http://www.acdc.com/

A propos de l'auteur

Image de : Photographe professionnel & développeur front-end freelance à Paris. Site : philippebarbosa.com

10 commentaires

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  1. 1
    le Samedi 19 juin 2010
    Thomas B. a écrit :

    wah ! les photos sont vraiment superbes !!!

  2. 2
    Phil A.
    le Dimanche 20 juin 2010
    Phil A. a écrit :

    Juste génial. Article énorme et +1 pour les photos merveilleuses.

  3. 3
    le Dimanche 20 juin 2010
    Le Blog Ciné a écrit :

    Effectivement, vos photos sont très belles !!!
    Pour ceux qui le désire, vous pouvez retrouver nos vidéos sur notre site http://leblogcine.fr/actualite/concert-acdc-au-stade-de-france-7099

    Merci

  4. 4
    le Dimanche 20 juin 2010
    Lestat a écrit :

    C’était énorme.

    ENORME.

  5. 5
    le Dimanche 20 juin 2010
    Natacha a écrit :

    Magnifiques ! On dirait qu’on était pas au même endroit en comparant avec les nôtres mdr !!! Je vous est peut-être en photo de dos alors, car j’ai pris 3 photographes entrain de shooter lors du concert ;) !

  6. 6
    le Dimanche 20 juin 2010
    Mitch a écrit :

    Quelle émotion de revoir ces plans!
    Quand Bernie Bonvoisin (ex chanteur de Trust!) disait dans une chanson dédiée à Bon Scott « Ton dernier acte »(ex chanteur d’AC/DC, malheureusement décédé), je cite:
    « Les murs de la cité résonnent AC/DC; Le frisson des stadiums, hurlants pour communier! ».
    On y était! Et c’est exactement ça!
    Seuls ces mots traduisent ce que ce stade a vécu durant près de 2 heures de concert!
    Chapeau bas l’artiste, pour tes photos!!

  7. 7
    le Lundi 21 juin 2010
    Laurent a écrit :

    Vos photos sont superbes et donne une idée, autant que faire se peut, de l’ambiance lors du concert d’AC/DC.

  8. 8
    le Jeudi 24 juin 2010
    pita a écrit :

    merci pour ces superbes photos d’AC/DC, photographil et bravo au commentaire de Mitch sur la belle et si triste chanson de Trust « ton dernier acte » en la mémoire du trés regretté Bon Scott.

  9. 9
    le Samedi 26 juin 2010
    Youen a écrit :

    Concert de fou !!
    C’était trop bien !!

  10. 10
    le Lundi 28 novembre 2011
    Someone a écrit :

    Ha ha ha j’apparais sur une de ces photos xD (la 4°)

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