Absynthe Minded

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Absynthe Minded se lance enfin à l'assaut des scènes françaises pour nous faire partager son swing, entre rock bigarré et jazz fantaisiste.

La discographie du quintet originaire de Gent, en Belgique, compte déjà trois albums de jazz rock métissé, sortis uniquement dans leur plat pays : Acquired Taste en 2004, New Day en 2005 et There Is Nothing en 2007.

abs1logoPouvant compter sur quelques parrains de qualité qui les ont invités en tournée ( dEUS et Arno ), les membres du groupe sont déjà de vraies stars en Belgique. Et pourtant, ils restent largement méconnus en France, un tort qui pourra être réparé cette année : Absynthe Minded entrera en studio le mois prochain à Paris, et aura réalisé sa première tournée française en ce début d’année. À la veille de la première date de celle-ci, nous avons rencontré Bert Ostyn et Renaud Ghilbert pour nous expliquer comment ça se passe, du côté de chez eux.

Plusieurs membres du groupe sont issus de formations jazz, mais votre univers est aussi largement pop rock, comment avez-vous mixé vos différentes influences ?

Renaud : Chacun au sein du groupe a déjà un acquis d’influences, Bert m’a initié à la musique pop que je ne connaissais pas bien parce que j’ai eu une éducation musicale très classique et jazz. Je pense que je lui ai apporté du jazz et du gipsy qu’il connaissait moins bien, dans un échange d’influences.

Bert : On ne veut pas se mettre de frontières, on aime beaucoup de styles musicaux différents.

Votre première tournée en France commence demain, et vous avez sorti un best of, Introducing, l’année dernière. Pourquoi si tard ?

Bert : On a toujours été un groupe indépendant, pas une grosse machine. On a joué dans beaucoup de pays, mais c’est toujours « step by step ». Actuellement, c’est le moment pour nous de beaucoup jouer en France, on va également sortir notre prochain album ici. À propos d’ Introducing, l’album n’est pas vraiment un best of, c’est une compilation qui présente clairement notre musique. On a pris le temps de choisir les chansons, c’est une unité cohérente.

Comment s’est fait le choix des morceaux ?

Renaud : On a recherché les singles qui ont bien marché en Belgique, ça nous paraissait logique de mettre ceux-là sur la compilation.

My Heroics, Part One a un statut particulier au sein de votre discographie, pouvez-vous nous raconter comment ce morceau a été composé ?

Bert : Je me souviens bien, je ne l’ai pas écrite la nuit, mais en journée pour une fois. Je n’ai pas eu l’impression que c’était très spécial sur le moment, mais il y avait un ami avec moi qui aimait beaucoup. Après ça, je l’ai jouée devant les autres membres du groupe et on a trouvé l’arrangement très vite. C’est quelque chose de magique qui arrive de temps en temps, très simple et sobre.

Avez-vous été surpris du succès de ce titre ?

Renaud : Oui, en Belgique ça a été notre tube.

Bert : Ce n’est pas facile de dire les choses comme ça, j’aime toutes les chansons qu’on fait. Mais c’est le public qui décide de ça, j’en suis très content.

Le clip de Subsitute est assez ironique, on y voit Arno avoir moins de succès que vous…

abs4logo Bert : C’était une blague, le clip a été réalisé au moment où on commençait à beaucoup jouer en Belgique. Arno est très bien dans ce clip.

Dans plusieurs autres clips, on vous voit jouer avec votre image, apparaitre dans les journaux… Comment gérez-vous vos rapports aux médias ?

Renaud : Concernant tout ce qui passe en France sur les radios et à la télévision, on reçoit régulièrement un mail de Vicken, notre promoteur. Mais on a pas vraiment d’idée de si ça marche ou non. Tout a l’air très positif en tout cas. Pour l’instant on démarre, peut-être que dans un an je pourrais dire comment on le vit. On n’a encore rien vraiment vécu en France.

Vous avez quand même fait quelques télévisions, Taratata en octobre dernier par exemple.quelles sont vos impressions ?

Bert : J’ai aimé Taratata, c’est une production qu’on ne pouvait pas imaginer en Belgique, ça n’existe pas en si grand et professionnel. Il n’y a pas de show live à la télévision où on peut apporter notre matériel et bénéficier d’un bon son.

Renaud : Et on a rencontré Metallica, Nagui .j’ai toujours été très fan de Nagui ! Je viens du côté francophone de la Belgique et donc je regardais beaucoup les programmes sur les chaînes françaises. J’adorais l’émission  » N’oubliez pas votre brosse à dents « . Je lui ai même demandé de faire une photo !

Bert : Tous les francophones en Belgique regardent la télévision française.

Renaud : Il n’y a pas beaucoup de shows et de spectacles en Belgique. Sinon, ce sont des trucs minables. Des trucs de politique qui ne servent à rien.

Lors de votre tournée en Belgique, vous avez tourné dans les deux parties du pays ?

Renaud : Non, on a beaucoup plus tourné en Flandres, et à Bruxelles. Je pense qu’on va atteindre la Wallonie via la France.c’est un peu le style belge.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre prochain album ?

Bert : Nous avons déjà 18 chansons qui sont prêtes. On entre en studio en avril, enregistrer avec Jean Lamoot . Il a travaillé avec Alain Bashung, Noir Désir, et a également fait beaucoup de world music. Ce sera dans un très chouette studio, le Studio Ferber et je pense que ce sera un album très chaleureux, jazzy.

Renaud : Sexy, envoutant, chaud, swing, mouillé..

Le Trabendo - 24/03/2009

abs7logoC’est devant ce qui semble être un public d’initiés qu’ Absynthe Minded investi le Trabendo. La salle n’est certes pas remplie, mais ceux qui se sont déplacés pour accueillir le quintet sont déjà enthousiastes à l’écoute du morceau d’introduction du concert, un titre qui pourrait être la bande originale d’un road trip dans les Balkans. En attendant l’arrivée du groupe, on a tout loisir d’étudier la cohabitation des guitares électriques avec des instruments plus classiques, contrebasse et violon, ainsi que les amplis vintage qui habillent la scène.

S’étant emparés de leurs instruments, les Belges démarrent le concert avec un titre bien punchy, Plane Song . Malheureusement, tout le premier couplet de chant passera à l’as, la faute à un problème de son sur les micros. Au moment du refrain, c’est avec soulagement qu’on apprécie enfin la voix de Bert, d’une justesse irréprochable tout au long de la soirée. Le côté un peu sage ou convenu qui transparait au début du show s’estompe au bout de quelques morceaux, pour laisser place à plus de décontraction et de surprises.

Alors que leurs albums comptent de belles ballades, Absynthe Minded privilégie sur scène les titres les plus entrainants, à l’image d’ Acquired Taste ou d’un Pretty Horny Flow aux accents gipsy. Renaud, au violon, amène paradoxalement une touche grunge à certains morceaux, grâce à des effets de distorsion ou de réverbération.

abs9logoLa particularité du groupe réside dans l’habile combinaison de ses influences, qui sera très bien illustrée ce soir : on se laisse porter d’une pop légère à de l’improvisation jazz, en passant par des sonorités de l’Europe de l’Est.

À l’heure de leur single délicat My Heroics, Part One, le public apprécie le nuage de velours qui passe au dessus de sa tête : parfois, la simplicité est le meilleur des ingrédients. Au moment du rappel, le groupe entame à la faveur d’un problème de violon un extrait de l’album New Day, Singalong Song, sur lequel plane l’ombre de Miles Davis et des Doors .

L’accueil du public aura été plus que chaleureux, et à l’issue de deux rappels, le groupe doit se résigner à quitter la scène. Les gentlemen saluent le public : les présentations sont désormais faites.

Crédits photo : Mathias Lamamy

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Le site d’Absynthe Minded : http://www.absyntheminded.be » href= »http://www.absyntheminded.be »>http://www.absyntheminded.be
Myspace : http://www.myspace.com/absynthemindedtheband
Le clip de Substitute : http://www.youtube.com/watch?v=x03nBLga-TE » href= »http://www.youtube.com/watch?v=x03nBLga-TE »>http://www.youtube.com/watch?v=x03nBLga-TE

A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

3 commentaires

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  1. 1
    le Mardi 7 avril 2009
    élodie a écrit :

    j’étais au trabendo ce soir là pour voir ce groupe génial de mes propres yeux et je dois dire que j’ai été sur un petit nuage toute la soirée !!! Quel talent ! Revenez vite Absynthe Minded ……. ;-)

  2. 2
    le Mardi 7 avril 2009
    giz404 a écrit :

    Je les ai vus il y a quelques mois à Strasbourg en première partie de Bang Gang. Une très bonne surprise. Ils gagnent à être connus !

  3. 3
    le Mercredi 8 avril 2009
    Clara a écrit :

    Excellent, j’aime beaucoup le côté posé tout en étant original musicalement. Bonne découverte :)

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