A bord du Darjeeling Limited

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Figurez-vous trois bonshommes, l’air tous plus ahuris les uns que les autres. L’un (Owen Wilson) a le visage tout amoché et des bandages partout. L’autre (Adrien Brody), porte des lunettes de soleil trop grandes pour lui, et, de plus, pas à sa vue. Le dernier, enfin (Jason Schwartzman), arbore une moustache des plus ridicules. Une vieille folle, un éclopé et un routier émo ? Hé bien ces trois bonshommes-là sont frères, et vont devoir se supporter le temps d’un voyage spirituel en Inde…

.qui démarre à Paris.

Darjeeling Limited est en effet précédé d’un short film to be played before picture : Hotel Chevalier .

darjeeling-2Un homme, ( Jason Schwartzman (Louis XVI dans Marie-Antoinette), seul dans une chambre d’hôtel parisienne.

Décor surréaliste.

Au bout du fil, une voix de femme, mystérieuse. Débarque Natalie Portman .

Un couple improbable, des dialogues surréalistes. De toute évidence, on ne détient pas la clef.

Pourquoi Jack est-il à Paris ? Pourquoi sa petite amie, qu’il semble fuir, vient l’y rejoindre ? Pourquoi a-t-elle des ecchymoses partout ? Et pourquoi donc cette chanson Where do you go to my lovely ? Tel est le registre de ce court-métrage: ringard, touchant et existentiel.

Après un premier générique: changement de décor : Bill Murray (Que de seconds rôles délicieux !) dans un taxi qui se fera dépasser par Brody qui part rejoindre ses frères pour un voyage, dont, mis à part l’ainé, ils ignorent tous la cause.

Mensonges, cachoteries, les relations au sein de la fratrie ne sont pas vraiment au beau fixe. Avec eux, il n’y a pas de secrets qui puissent en rester un : « We don’t trust each other ». De soucis de communication en rivalités, ils ne s’épargneront rien. Pour le spectateur, la moindre de leur réplique est sujette à l’hilarité.

Surtout que les trois frères sont abonnés aux micro-catastrophes du style snake on a train . Accros aux médocs indiens en tous genres (« That’s a dumb way to get loaded ! ») et bourrés de manies : la clope au bec même s’il est écrit No smoking, cleptomanie, complexes de supériorité, et addiction au sexe opposé…

Qu’elles soient mères, épouses ou ex-femmes, elles seront d’ailleurs la principale raison de leur itinéraire spirituel plastifié, dans le huis clos d’un transindien de luxe, au gré d’escales sensées combler le vide en eux. Car ils ont l’impression d’avoir tout raté. Même l’enterrement de leur père. Chose qu’il essaieront de rattraper en bonne et due forme.

Pour en sortir grandis : « Yes, the past happened. But it’s over, isn’t it ? »

Outre l’humour souvent absurde de Wes Anderson (Cf La Vie Aquatique ), le mérite de ce périple est aussi visuel : la beauté des couleurs et des rituels hindouistes est soulignée par une photo très contrastée.

Derrière le grand guignol et le burlesque se cache également une très belle réflexion sur la famille, le couple, la mort et la vie. Entre grotesque et sublime, une grande farce très touchante.

Rafraîchissant.

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A propos de l'auteur

Image de : Miss Cinéma de Discordance et chroniqueuse hétéroclite since 2005. [Blog] [Twitter]

2 commentaires

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  1. 1
    PaD
    le Mercredi 16 avril 2008
    PaD a écrit :

    Déjà que j’m en voulais de l’avoir loupé, et bien maintenant c’est pire !

  2. 2
    VIOLHAINE
    le Mercredi 16 avril 2008
    VIOLHAINE a écrit :

    Tu peux, tu peux.
    Car c’est vraiment un de ces films qui donnent envie de hurler un grand MERCI au ciné indépendant américain !!

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