CD : Delphic - Acolyte

par Baptiste, le 07.02.10 | 0 commentaire | Publier dans MySpace !
Delphic avait commencé par nous mettre l’eau à la bouche avec deux vidéos : This momentary et Counterpoint. Elles nous laissaient espérer que le groupe devienne l’une des révélations de l’année 2010. Force est de constater que les prédictions furent bonnes.

Il n’est pas impossible de trouver dans la musique de Delphic, en particulier dans le clip de Counterpoint, un rappel au processus brechtien de distanciation. L’urgence et l’assurance du morceau, accentuées par le texte lâché par James Cook, révèlent l’aspect contradictoire de la vidéo, lente, hachée, où les protagonistes semblent presque figés. Un homme, une femme apparaissent et avancent sans détermination. Sur le même principe, le dramaturge allemand commentait ses propres pièces, montrant des écriteaux et panneaux au public. Il désirait orienter ses spectateurs vers une réflexion et provoquer une réaction dans une époque dominée par l’Allemagne nazie.

L’artiste peut ainsi s’engager dans une cause, sociale chez Brecht, plus philosophique pour Delphic. Car l’album du groupe résonne comme un appel et sonne le clairon dès le premier morceau d’Acolyte : «  We all have time to change ». D’autre part, le clip de This Momentary confirme l’alliance parfaite de l’esthétique musicale et cinématographique. Il a d’ailleurs été nommé 3 fois aux UK Music Video Awards. Il s’agit d’une succession d’images volées évoquant une Russie en ruine. Malgré les vestiges, une certaine forme de pureté est retrouvée. Une pureté immaculée. Légère.

Les trois esthètes James Cook (chant), Mark Cocksedge (guitare) et Richard Broadman (divers instruments) envoient un message éternel avec suavité. En réalité, l’atmosphère est faussement neurasthénique. L’état de torpeur apparent n’est que trop nerveux, voué à l’agitation. Les soubresauts des arrangements électroniques participent à l’envolée enchanteresse d’une basse ronflante, digne de Peter Hook (bassiste de Joy Division).

Les influences post-punk sont donc bien présentes. Pourtant, il est évident que les Mancuniens ont le visage tourné vers un horizon abstrait et futuriste, dénué de tout superflu matérialiste. Bien qu’ils soient natifs d’une ville au lourd héritage, ils évitent de produire une pâle copie de New Order, Kasabian ou The Rapture.

Clarion Call donne le ton de l’album en à peine 3 minutes, rassurant les sceptiques de l’über-buzz. Vient ensuite un défilé de titres aussi accrocheurs les uns que les autres : le refrain de Doubt entraîne comme un hymne (le single du début d’année), et Red Lights tire le voile d’une brume vaporeuse. Le morceau fini, on se surprend à remuer la tête, mais c’est pour mieux repartir avec le titre de house planante Acolyte. Synthétiseurs étirés, hauts et bas déstabilisants. Submission, avec sa rythmique chaloupée, participe à l’épaisseur hétéroclite d’Acolyte et se termine sur un solo de guitare déchirant. La volupté pesante de Delphic ne laisse pas indifférente car saisissante dans son appel au rêve.

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Site officiel : http://www.delphic.cc/
Myspace : http://www.myspace.com/delphic

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