600 kilos d’or pur

par YocoTT|
Imaginez une jungle luxuriante où fourmillent mille créatures plus cruelles les unes que les autres. Imaginez un groupe d'individus assez farouches bien qu'insouciants du monde dans lequel ils vont s'immiscer. Et maintenant, placez leur 600 kilos d'or pur entre les mains, eux-mêmes perdus au milieu d'une jungle hostile, où la folie des Hommes va naître quant à la fièvre de l'or.

Image de 19470290.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20100629_055405 C’est en Guyane française que se tient le décor du nouveau film d’Éric Besnard, dont on doit Cash, relatant le jeu de la duperie et de l’arnaque dans une comédie très classe, ainsi que Le Sourire du Clown, film d’espionnage qualifié de noir.

Un film d’aventure est servi par un casting de choix avec entre autre Bruno Solo, dévoilant une autre de ses facettes, alors qu’il nous avait plutôt habitués à des comédies légères. On retrouve également Clovis Cornillac, dans l’un de ses rôles fétiches à fort charisme, ainsi qu’Audrey Dana, pour la touche féminine du film.

Le synopsis est des plus sommaires. Un groupe de sept aventuriers, cinq hommes, deux femmes, se retrouvent prisonniers de la jungle, après avoir entrepris le casse d’une mine d’or et, faute de quoi, leur hélicoptère doit se poser en catastrophe en plein cœur de la forêt. Ils se retrouvent ainsi littéralement livrés à eux-mêmes, pourchassés par la guérilla locale, mais aussi par les autorités françaises, et doivent faire face à un milieu hostile avec près de 600 kilos d’or sur les bras.

Le film dénonce, dans une moindre mesure, le trafic d’or sévissant notamment en Guyane, comme l’avait fait Blood Diamond avec le diamant, bien que le commerce d’or soit le plus meurtrier, nous souligne le réalisateur.

Un décor séduisant

L’ambiance intimiste, presque confinée, produit par cette immensité d’un vert uni, fait de cette forêt luxuriante un personnage à part entière. La caméra se faufile à travers les feuillages verdoyants dans des méandres insoupçonnés, et à grand renfort de contre-plongées donne l’impression d’une grandeur qui nous mettrait volontairement à l’abri des personnages, une technique qui se retrouve d’ailleurs dans le Shutter Island de Scorsese.

Une psychologie à rude épreuve

Pas à pas, le film retrace l’avancée trépidante de ces sept fuyards imprégnés d’une soif d’or des plus cruelles. L’hostilité de la jungle se répand peu à peu dans leur corps, prenant le pas sur leur humanité, et exacerbant certaines animosités bien réelles. Une cohésion de groupe qui se disloque et qui rappelle étrangement l’ambiance intime de Cube. Le sentiment d’enfermement, proche de la claustrophobie, se reflètera dans la psychologie de chacun des protagonistes, irrémédiablement coincés dans une ambiance moite, entre les feuillages et une canopée de plusieurs dizaines de mètres de hauteur. La Nature ne tardera pas à reprendre ses droits, répétant inexorablement son éternel cycle et laissant les hommes qui tentent de la dompter totalement impuissants face à sa colère.

Cela faisait longtemps qu’était attendu le film d’aventure français qui pourrait tenir la dragée haute à Hollywood. Le voilà enfin et, cerise sur le gâteau, pour moins de trois fois le budget de Camping 2.

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En salle depuis le 25 août

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