5ème Tremplin Rock The Gibus : demi-finales | 29.06.2013

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Petit week-end marathon que ce dernier week-end du mois de juin, pour les demi-finales du tremplin Gibus Rock. C'est en effet vingt groupes sur deux jours qui s'affrontaient avec à l'arrivée pour deux d'entre eux, l'opportunité de jouer à l'Olympia le 19 mars prochain pour la grande finale, en première partie d'un groupe prestigieux.

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Inutile de dire à quel point les attentes sont fortes pour tous ces vainqueurs des présélections, chacun espérant légitimement décrocher le précieux sésame.

En ce samedi après-midi, l’émotion est latente jusque dans les coulisses. Après des mois d’épreuves, tous ces groupes, au stade des demi-finales, ont apprivoisé l’équipe du Gibus qui sait qu’il faudra dire au revoir à 18 d’entre eux à la fin de ces deux jours. C’est un peu la même chose dans le jury qui a choisi chacune de ces formations une à une et a dû parfois batailler ferme pour voir son favori l’emporter ; investissement affectif garanti ! Les jurés du jour, outre votre serviteur, sont : Anissa Arfaoui pour France 2, Louis Eustache pour Hard Rock Mag, Georges Bodossian du groupe Océan, Dallas Frasca, une artiste rock qui débarque tout droit d’Australie et enfin Romain Turgel pour VeryShow, président du jury, qui vient notamment de faire tourner le mythique groupe TOTO.
Image de José et Julia du Gibus (c) Isatagada Pour cette petite finale avant la finale, donc, rien n’est donc laissé au hasard. Ou plutôt si, justement. C’est ainsi que l’ordre de passage des groupes est tiré au sort sur scène en présence de l’ensemble des participants. C’est que les festivités vont durer plusieurs heures et qu’il est encore tôt dans l’après-midi ; ainsi voit-on les premiers appelés à jouer grimacer tandis que les derniers tirés au sort ne masquent pas leur joie, persuadés que l’ordre de passage leur sera favorable.

Image de Jack's on fire (c) Isatagada Enfin, la compétition commence. C’est Plato qui ouvre le bal avec de plutôt bonnes chansons, suivi de Chinese Robots avec un beau gros son (et des voix cachées dans les samples). Pour ces deux là comme pour le suivant, la batterie peine à convaincre. Tantôt difficile à mettre en place, marquée par une caisse claire déficiente ou encore bien trop basique à ce stade de la compétition, la rythmique a de quoi refroidir l’enthousiasme. Les Jack’s on fire, pourtant, disposent de trois atouts de taille : des chansons hyper catchy entre Miles Kane et les Arctic Monkeys, un jeune chanteur guitariste qui se défonce comme si sa vie se jouait ce soir, et une bassiste chanteuse dont la voix est d’autant plus impressionnante qu’elle semblait timide avant d’ouvrir la bouche.

Image de Mystified (c) Isatagada

Wave, qui prend la suite, aligne une magnifique douze cordes qui fait pâlir d’envie. Malheureusement, malgré un harmonica franchement sympa, la basse est poussive, la batterie pas toujours dans les temps, et l’empreinte des Doors vraiment trop marquée. Après eux, Mystified fait un effet bœuf avec sa chanteuse qui se charge d’une véritable démonstration, autant à la guitare qu’au clavier. Avec de tels talents de virtuose, la voix est un peu décevante, bien que pas si éloignée de celle d’une certaine Nina Hagen – tout de même.

Image de The Probs (c) Isatagada Leur succède The Probs, qui avait tant divisé le jury lors de leur sélection. Leur belle énergie, leur chanteur hyper charismatique et la qualité du live me bluffe toujours autant. Pourtant je comprends davantage cette fois certaines critiques entendues ici ou là et notamment, un petit côté agaçant avec une façon relativement outrancière de solliciter le public. On sent par ailleurs que le groupe est pressé par le temps, dommage. Un son de fou pourtant, avec un potentiel qui ne demande qu’à exploser. Et une mention spéciale pour leur clin d’œil spécial Gay Pride.

Image de Bernice (c) Isatagada On me souffle ensuite à l’oreille que Bernice est seule auteure compositeur de son projet, et c’est brillant ! Les compos sont ciselées avec soin, Bernice joue d’un peu tout avec une grande maîtrise, les chansons sont originales et au final, la presta est enthousiasmante. Une belle découverte.

Monéké, l’avant-dernière candidate (beaucoup de filles ce soir, finalement), a une voix magnifique. Ses sourires sont d’une fraîcheur absolue et sa soul qui tire parfois vers le reggæ pour faire groover les corps semble un peu hors catégorie dans ce temple du rock mais peu importe, car c’est un vrai régal.

Image de Rough Influence (c) Isatagada

Rough Influence, certainement la formation la plus aboutie de la soirée, cloture ces demi-finales. Avec sa chanteuse black à la voix puissante, ses musiciens au top niveau et la meilleure section rythmique de la soirée (dont un batteur aussi rageur d’expression que fin dans son jeu), le groupe fait penser aux Bellrays, entre soul et rock bien lourd comme on aime.

Et là, petit moment de flottement avec l’éveil des consciences, tout à coup : c’est qu’il va falloir choisir.

Image de Dallas Frasca (c) Isatagada

Dallas Frasca confie son vote au président du jury tandis qu’elle monte sur scène à son tour pour un set à trois hyper rock n roll (et quelle voix !).

Pendant ce temps là, en haut des escaliers, le jury est perplexe. Le vote à main levée, complété par la voix du public qui offre le sien à The Probs, ne parvient pas à désigner un vainqueur. Quatre groupes se partagent les votes : Rough Influence, The Probs, Jack’s on Fire et Bernice. La discussion est âpre : qui est le plus original, le plus convaincant ; qui irions-nous revoir sans hésitation ; qui ci , et qui cela… A l’arrivée, après une délibération menée de main de maître par le président du jury, le Gibus tient son finaliste.

Il est alors temps de monter sur scène pour sa proclamation, en présence des groupes du vendredi et du samedi, puisque les deux finalistes sont annoncés au même moment. Moment fort de la soirée, lorsque que les noms de Lost My Name (pour le vendredi) et Jack’s on fire (pour le samedi) retentissent dans la salle du Gibus. Certains vainqueurs ont du mal à y croire, ce qui les rend d’autant plus touchants.

En bonus, tous ceux qui le souhaitent sont conviés au tout nouveau Gibus Café où se termine à peine le concert de Vadel, avant que les Jack’s on fire ne remontent sur scène à leur tour pour un deuxième set plus tonique encore, avec des musiciens visiblement très heureux.

Mais rien n’est véritablement terminé.

Rendez-vous à l’Olympia en mars prochain, pour la grande finale de cette édition 2013 du Tremplin Gibus Rock !

Photos et vidéo (c) Isatagada

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A propos de l'auteur

Image de : Isatagada a une fâcheuse tendance à en faire trop tout le temps : s’investir pour de nouveaux artistes, photographier, parler, filmer, s’indigner, lire, se faire de nouveaux amis et écrire, écrire, écrire... L'essentiel étant de galoper, pas de manger des fraises. Du coup, elle se couche tard et se lève tôt ; rêve de téléportation et de quelques vies supplémentaires. Et de servir à quelque chose quelque part, en fait. Blog / Flickr

2 commentaires

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  1. 1
    le Dimanche 7 juillet 2013
    Quinze_W a écrit :

    Cool récap, Rough Influence méritait de gagner…

    Mais on ne parle que de la moitié des demi-finalistes. Le vendredi c’était comment ?

  2. 2
    Isatagada
    le Mardi 9 juillet 2013
    Isatagada a écrit :

    Le vendredi je n’y étais pas. Je le regrette beaucoup, sois-en sûr.
    Et un jury a tranché. C’est le jeu du tremplin :-) A chacun de retirer le meilleur de cette aventure car la route est longue et rien n’est jamais gagné en musique !
    Et puis, le véritable jury reste et restera toujours le public. Au final c’est toujours lui qui fera ou non la carrière d’un artiste :-)

    En attendant nous sommes fiers de nos deux finalistes !

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