31 Knots + Jordan + Lichens

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Très excitante soirée en perspective ce vendredi 20 février au Café de la Danse, en compagnie des Américains de 31 Knots, trio originaire de Portland, dont le style inclassable, entre math-rock, post-punk et indie-rock fiévreux, enflammera la scène parisienne et son public.

photo1-9Une fois n’est pas coutume, encore en retard ce soir, j’arrive vers la fin du set de Lichens, un set qui avait malheureusement l’air fort plaisant. Un seul homme, au micro, assis sur une chaise, quelques pédales devant lui, une électro ambient et planante en toile de fond, sur laquelle s’élève la voix de Robert Lowe, le mec derrière Lichens; voix haute perchée, enivrante, envoûtante, mélancolique… Trop tard, c’est déjà fini, même pas eu le temps de rentrer dans le set du chicagoan, Lowe salue la foule et basta.

Changement de plateau, au tour de Jordan de convaincre l’assistance. On ne va pas y aller par quatre chemins, ça ne l’a pas du tout fait pour moi, indie-rock fadasse, mollasson et surfait; les trois gonzes (trio synthé/guitare/batterie), en plus de multiplier les prises de kung-fu en gesticulant partout et n’importe comment sur scène, me lourdent vite fait avec leurs blagues pourries.

Un moment d’attente, et voilà enfin la tête d’affiche de la soirée, 31 Knots . Le trio déboule sur scène, et Joe Haege, le leader et guitariste-chanteur de la formation, se fait immédiatement remarquer, en train de trimballer son énorme valise qu’il ouvre directement sur scène, révélant une pile de vêtements qu’il étale sur le sol. Son acolyte, Jay Winebrenner, pendant ce temps, enfile sa guitare, qu’il cédera à Haege quelques morceaux plus tard, pour se saisir d’une basse, alors que Jay Pellici, batteur du trio, s’installe derrière ses fûts.

31 Knots entame son set, premier morceau, première claque. Ce groupe à la classe, la grande, de celle qui t’emporte dans leur univers, dans le tourbillon d’émotions qu’ils façonnent, qu’ils arrangent, qu’ils t’envoient dans la tête comme une gigantesque baffe. De leur mélange de divers styles (math-rock, art-rock, indie-rock…) résulte une musique extrêmement personnelle et d’une grande richesse, urgente, intense, passionnée, souvent au bord de l’implosion ( Man Become Me, superbe). Joe Haege y est pour beaucoup, s’époumonant dans le micro, raclant les cordes de sa guitare comme si sa vie en dépendait, comme si il ne lui restait plus que ça à faire, comme si c’était devenu essentiel pour lui.

photo2-6Mais le bougre ne se contente pas de faire le piquet sur scène, et change de vêtements de manière constante tout au long du set, en militaire sur Compass Commands, se rhabillant et se déshabillant à chaque morceau… lorsqu’il ne descend pas tout simplement dans la fosse pour jouer au milieu du public, sautant tel un gamin de 12 ans avec sa six cordes, où en crooner imperturbable et languissant. Un vrai showman, ce type ne fait pas semblant d’avoir l’air possédé, de vivre sa propre musique aussi puissamment que possible, et ne se gêne pas pour le montrer à toute la salle. L’assise rythmique, elle, est diablement efficace et carrée, pas une fausse note, pas un pain, le tout est parfaitement effectué avec grande classe.

Winnebrenner, qui aura commencé le show en chapka, gros manteau et grosse écharpe, le finira en marcel, ce qui n’entachera absolument pas son jeu chaloupé et élégant; quant à Pellici, il ne se fait pas prier pour tabasser ses fûts aussi forts que ses bras puissent lui permettre, pour se faire entendre. Le son d’ailleurs, seul reproche que l’on peut faire à la soirée, pas forcément mauvais, simplement pas assez fort, la voix de Haege est bouffée par le reste des instruments, et c’est cette même voix qui haranguera à plusieurs reprises l’ingé’ son afin de pousser un peu ce foutu bouton de volume, ce que celui-ci fera, mais pas assez pour satisfaire ni le leader de 31 Knots, ni le public. Un rappel et puis s’en vont, pas besoin de crier le groupe ne reviendra pas. N’en demeure pas moins un excellent concert, 31 Knots est assurément un groupe à voir en live.

Crédits photo : Melchior Ferradou (http://www.flickr.com/photos/melchiorferradou/)

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3 commentaires

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  1. 1
    le Lundi 2 mars 2009
    Julia a écrit :
  2. 2
    le Lundi 2 mars 2009
    Pacush Blues a écrit :

    oué, par contre, sur le fly, y’a marqué « Lichens VS Birdshow », ce qui supposait un duo d’artistes, mais y’avait que Lichens sur scène…

  3. 3
    le Lundi 9 mars 2009
    Anousonne a écrit :

    Hey à tous, j’ai fais une vidéo du concert des 31 Knots au Café de la Danse ici http://vimeo.com/3482263
    J’ai trouvé ça vraiment énorme, un de mes meilleurs lives jusqu’à présent!

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