2+2=5, l’Incroyable Festival – Jour 1 | Montpellier | 13.09.2013

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4e édition pour l'Incroyable Festival de Montpellier, le 2+2=5, en cette rentrée plutôt fraîche en terre héraultaise. Nouvelle configuration, nouveau lieu, nouveau décor, le 2+2=5 change de dimension. Deux jours de fête, de musique, d'arts de la rue et, surtout, de découvertes.

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L’année dernière du côté de la Secret Place (Saint Jean de Védas), 2013 rime avec un changement majeur : le déménagement à la Maison Pour Tous Léo Lagrange, entre les murs du Mas de la Paillade dans le quartier de la Mosson. Un endroit atypique pour un festival qui jouit d’une vitrine de nouveaux talents, une mise en lumière d’artistes locaux, nationaux et internationaux. Baignant dans une ambiance chaleureuse et clairement bon enfant, il y règne une odeur de salé et de sucré, entre l’orient et l’occident.

Le premier groupe à ouvrir ce premier soir symbolise d’ailleurs ce melting pot culturel signé 2+2=5. Aywa, groupe de raï originaire de Montpellier, s’est chargé de donner les premières notes au public de l’Incroyable. Musicalement aux frontières du rock et des musiques du monde, Aywa a ouvert comme il se doit cette 4e édition. On ne répètera jamais assez l’extrême difficulté de lancer un vendredi soir, extrêmement tôt (19h30), de jour. Festif à souhait, coloré et multi-instrumentistes, Aywa a invité Montpellier à la danse. Et Montpellier a accepté.

Dans les salles découvertes, ce beau monde commence à transformer la Maison Pour Tous en véritable fourmilière : Beni Blanco, dans un premier temps, tente de rassembler la foule. Malgré ses 20 ans de bouteille, son engagement sans faille (concerts dans des maisons d’arrêt, concert de soutien aux Ultras…), Beni Blanco a peiné. Peut-être par manque de moyen technique, peut-être parce que son rap paraissait peu audible ou peu convaincant. En même temps, de l’autre côté du site, Organik Trio avait donc le rôle d’aimant, aspirant une bonne partie des festivaliers dans le théâtre Jean Villar avec sa facette blues/jazz.

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Pourtant, il allait bien y avoir un groupe qui allait mettre tout le monde d’accord : Anakronic Electro Orkestra, programmé étonnament tôt dans cette soirée (21h), présentait son nouvel album, « Noise in Sepher », en mars dernier. Un virage musical affirmé, un condensé d’énergie qui ne demandait qu’à exploser au 2+2. Entre musiques électroniques, dub et influences klezmer, AEO a fait sa mue. Entre les amateurs du groupe, connaisseurs, et ceux venus avant tout pour découvrir, Anakronic a créé l’unanimité ! Boostant les machines, scratchs en soutien, Anakronic, qui se sature son son davantage en live, monte clairement en puissance. A en faire même saturer les enceintes du festival, visiblement pas au point pour recracher un tel son. Avec un set raccourci faute de timing (seulement 45 minutes !), les toulousais se sont délectés de leur excellent nouvel opus pour râfler la mise : des ondes digitales (Lady Mydriasis, Schrödinger…), à l’embalement des machines (Uruk, Samâ, (E)Met), Anakronic confirme sur scène qu’il durcit le ton. Injectant des doses dubstep (Noise in Sepher p.II) sur fond hip hop, ou des sonorités quasi drum’n'bass, le groupe a acquis une dimension scénique bien plus conséquente qu’à la suite de son premier opus (« Speak With Ghosts », 2009). Mais ce qui va faire finalement toute la force du groupe, ce sont ses influences balkanique et klezmer. En véritable combo clarinette/accordéon (accompagnés de la basse), Anakronic Electro Orkestra transforme Goran Bregovic en machine à danser imparable (KR for Things to See). Un final de feu où le public, forcément, en a redemandé… malheureusement sans succès. Le timing, c’est le timing.

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La suite des choses a été relativement différente : sur la grande scène, les parisiens de Poni Hoax se sont chargés de balancer un son rock’n'roll, malgré son étiquette indie, d’appuyer là où ça fait mal. Car les Poni Hoax sont, aussi, montés d’un cran par rapport à leurs débuts. Les mélodies emportent sans se forcer, les claviers, bien dosés, collent bien avec ce petit côté pop et 80′s qui suit le groupe. C’est à la fois dansant (Down On Serpent Street et son « hit », Antibodies) et on sent le groupe plus à l’aise sur scène. Sans forcément penser que Poni Hoax est le groupe qu’il nous fallait (un passage avant Anakronic Electro Orkestra aurait été plus judicieux), les parisiens ont fait le boulot. Comme il faut.

Poni Hoax a en tout cas ouvert la voie aux londoniens, The Egg a parfaitement géré son statut : un cocktail electro, funk teinté de rock et de funk, le dance-floor pouvait enfin se réveiller.

Crédits photos : Photolive30

2+2+5, l’Incroyable Festival, premier soir le vendredi 13 septembre 2013, à la Maison Pour Tous de Montpellier

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

2 commentaires

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  1. 1
    le Jeudi 19 septembre 2013
    Le curieux a écrit :

    Pour info, vous ne parlez pas du groupe CIADEL qui ont un univers absolument UNIQUE, et qui étaient bien là ce soir-là… Perso ils m’ont bluffé!

  2. 2
    Dimitri L
    le Vendredi 20 septembre 2013
    Dimitri a écrit :

    @ Le Curieux : Je sais, j’en ai entendu de très bons retours… mais étant avec Anakronic Electro Orkestra juste après leur concert, difficile de se dédoubler ;)

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