2011 en une poignée de disques…

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Une sélection de quelques incontournables de 2011 tous styles confondus.

Retrouvez une sélection de la rédaction sur Spotify

Benjamin

Mondkopf – Rising Doom

Deux ans après Galaxy of Nowhere, la nouvelle bombe sonore du meilleur artisan de l’electronica française : un voyage au fin fond des ténèbres entre techno, drone, metal et IDM, et qui s’écoute comme on lirait un grand roman malade. Gothique, rave, noise, baroque, ce petit chef d’oeuvre mélange les ambiances et les influences pour un trip halluciné et torturé de cinquante minutes. Un cauchemar violent, magnifiquement soutenu par quelques envolées lyriques qui redéfinissent les canons de la beauté techno.

À écouter : Moon’s Throat, comme la B.O. épique du film dont on rêverait tous.

Modeselektor – Monkeytown

Après la parenthèse géniale Moderat avec leur compère Apparat, auteur cet année de l’excellent The Devil’s Walk, le duo allemand Modeselektor est de retour avec un album plein d’ambitions, fort de featurings classieux (Anti-Pop Consortium, Thom Yorke, PVT, Busdriver, Miss Platnum). Un assemblage parfait de techno, pop, minimale, hip-hop et house, qui résume en onze titres les grands courants de l’électronique actuelle. Production hyper léchée, mélodies héroïques, montées magiques : Modeselektor a réussi la synthèse parfaite de tout ce qui s’est fait de mieux en 2011.

À écouter : Shipwreck pour son IDM galopante et Berlin pour son groove imparable.

Metronomy – The English Rivieira

Le bijou 18 carats de l’année, étincelant de finesse, qui donne enfin au quatuor anglais la position méritée de leaders de l’indie-pop mondiale. Attendu au tournant depuis Pip Paine et Nights Out, Metronomy assure son passage dans le panthéon des icônes pop et enfante une compilation de tubes maîtrisés de bout en bout. Efficaces sans pour autant être simplistes, leurs onze titres sont autant de comptines à tiroirs qui résonnent dans les tympans comme les souvenirs d’un rêve éveillé. De la FM du futur, légère et sophistiquée, qui réinvente définitivement la pop.

À écouter : Everything Goes My Way, The Look, She Wants, The Bay, Corinne,… difficile d’extraire un morceau de cette continuité parfaite.

Stupeflip – The Hypnoflip Invasion

Le CROU le plus cinglé du hip hop variétoche a affirmé avec ce troisième album sa position d’ovni incontournable dans le paysage hexagonal. Auteurs de concerts mémorables et hystériques, instigateurs d’un culte incomparable en France, Stupeflip a provoqué un véritable électrochoc avec cet album déjà historique, blindé de hits implacables, calibré pour des rotations radio sans fin tout en revendiquant une authentique âme punk. Un must pour les geeks de l’ère du Stup, entre riffs agressifs et envolées radieuses, dopé au flow délirant de King Ju.

À écouter : Stupeflip Vite !!! parce qu’il doit être complètement rayé à force d’écoutes en soirée.

Gui Boratto – III

Le nouveau héraut brésilien de l’électronique mondiale nous ressert avec ce troisième opus sa techno racée et progressive, idéale pour une dégustation aux premières lueurs du jour. L’un des meilleurs représentants actuels de l’héritage Border Community prouve une fois de plus sa maîtrise avec une minimale mélodique et pleine de surprises. Kicks ouatés, basses profondes, synthés aériens, errances IDM, tous les ingrédients sont réunis pour un trip lysergique sans fin, puissant et pourtant et terriblement calme.

À écouter : The Drill pour sa basse qui grogne et Flying Practice pour ses violons désenchantés.

Ghost

16volt – Beating Dead Horses

Retour aux sources gagnant et démesuré pour l’un des groupes vétérans du rock industriel américain qui nous gratifie d’un album aussi incroyablement massif qu’intelligemment mélodieux. La nostalgie opère d’un bout à l’autre tant chaque seconde semble nous propulser au temps de LetDownCrush ou SuperCoolNothing. Malgré tout, l’évolution récente du groupe n’est pas laissée pour compte, les nappes de synthé atmosphériques et autres refrains aériens du plus bel effet étant légion. Enfin, les textes d’une noirceur et d’une intensité peu communes ainsi qu’une production d’excellente facture achèvent de faire de cet opus un incontournable de 2011.

À écouter : Somewhere New pour son atmosphère dépressive.

Retour sur la discographie de 16volt / Interview du frontman Eric Powell

Akira Yamaoka – Shadows Of The Damned

Avec la bande originale du jeu vidéo Shadows Of The Damned, Akira Yamaoka (connu et reconnu pour sa participation sur la série de jeux Silent Hill) signe pour le petit écran un score aux allures cinématographiques. Maître dans l’art d’instaurer des ambiances aussi percutantes que dérangeantes, n’ayant pas son pareil pour créer des mélodies d’une profonde mélancolie et d’une grande justesse, il s’impose une nouvelle fois comme l’un des plus grands compositeurs de sa génération. En témoignent également ses quelques incursions vers le metal qui n’ont rien à envier à quelques grands noms du genre. Soutenu par des guests dont l’admirable Mary Elizabeth McGlynn, Akira Yamaoka délivre avec cet opus l’une de ses meilleures offrandes.

À écouter : Different Perspectives pour la superbe voix de Mary Elizabeth McGlynn accompagnant les notes tantôt âpres et troublantes, tantôt délicates et stellaires d’Akira Yamaoka.

Black Label Society – The Song Remains Not The Same

Après une cuvée 2010 pour le moins électrique, la cuvée 2011 de Black Label Society se veut acoustique avec le bien-nommé The Song Remains Not The Same (est-il besoin de noter le clin d’œil évident à Led Zeppelin ?). Sorte de compilation réunissant des versions acoustiques (forcément) de morceaux de l’album Order Of The Black et agrémentée de quelques reprises (Black Sabbath, Crosby, Stills, Nash & Young, Simon & Garfunkel et Blind Faith) présentes sur des éditions bonus de l’opus précité, l’effort rappelle indéniablement les plus belles heures des MTV Unplugged, Alice in Chains en tête. Voix débonnaire doublée d’une éternelle technicité guitaristique, arrangements impeccables et orchestrations de toute beauté démontrent une nouvelle fois le fabuleux talent de Zakk Wylde et de sa bande lorsqu’il s’agit d’interpréter le désespoir sous sa plus belle forme. Un émouvant album d’une authentique sincérité.

À écouter : Darkest Days pour sa beauté désenchantée.

Fear And The Nervous System – Fear And The Nervous System

Alors que Korn surfe au creux de la vague dubstep avec son nouvel effort (The Path Of Totality), le guitariste James Christian Shaffer s’associe à des membres de Faith No More, Bad Religion et Io Echo pour donner vie à son side project répondant au nom étrange de Fear And The Nervous System. À l’écoute de ce rock expérimental abrasif, torturé et ambiant, le choix de Steve Krolikowski de Repeater pour assurer le chant devient alors une évidence. Ses vocaux tristes, habités et par moments hargneux se marient parfaitement à une rythmique plombée et obscure, mais pas toujours dénuée de douceur. Sans révolutionner le rock en général, Fear And The Nervous System propose à l’auditeur curieux de découvrir un album étonnamment bon et prenant, permettant aussi à son guitariste en chef de renouer quelquefois avec l’atmosphère des premiers opus d’un certain groupe qui l’a fait connaître.

À écouter : Ambien pour son introduction et son final dans la tourmente.

Chimaira – The Age Of Hell

L’important changement de line-up qui aurait pu s’avérer handicapant n’aura visiblement pas arrêté la bande de Cleveland qui s’en sort très honorablement avec un The Age Of Hell imparable et dévastateur. La musique, c’est aussi se faire plaisir, et pour le coup la chimère l’a bien compris. Riffs assassins, refrains burnés, solos acérés, chant irréprochable et ambiances particulièrement travaillées lorgnant vers l’indus constituent cet album d’une efficacité redoutable et finalement à l’image de son titre, brutal et apocalyptique.

À écouter : Time Is Running Out, rien que pour se dire que nous ne sommes pas en présence d’une reprise du tube de Muse.

Hélène

François and the Atlas Moutains – E Volo Love

Parce qu’ils font partie des rares Français à être signés sur un label étranger. Parce qu’ils osent chanter à la fois en français et en anglais et qu’ils le font bien. Parce qu’ils nous ont littéralement envoûtés avec leur pop-folk onirique, poétique et sensible. Tout simplement parce qu’ils sont « les plus beaux » !

À écouter : Les Plus Beaux et ses sonorités ensoleillées.

Cheveu – 1000

Le 31 janvier 2011, on avait déjà trouvé l’album de l’année avec 1000 de Cheveu. Du rock complètement barré et tout simplement inclassable qui oscille nonchalamment entre garage, post-punk, electro Lo-Fi et psychédélisme. Ça aurait pu être le festival du grand n’importe quoi, mais 1000 prend tout son sens car il est porté par une façon singulière de concevoir la musique, sans frontière et totalement décomplexée ! Et ça fait du bien par où ça passe ! Cheveu nous a mis une grosse claque, mais on était prêt à tendre l’autre joue pour en prendre encore !

À écouter : Charlie Sheen et son envolée énervée à sa taper la tête contre les murs.

Girls – Father, Son, Holy Ghost

Le deuxième album, c’est censé être casse-gueule pour beaucoup d’artistes, mais pas pour Girls qui ont confirmé avec Father, Son, Holy Ghost que l’indie pop avait encore de beaux jours devant elle. Si Girls puisent clairement ses influences dans le passé, du surf-rock au doo-wop en passant par la pop, le groupe les réinvente sans cesse. À l’arrivée, Father, Son, Holy Ghost sonne comme un disque intemporel, doux et rêveur, porté par des chansons romantiques et ultra-mélodiques. Ces filles ont vraiment un truc en plus !

À écouter : How Can I Say I Love You pour son côté cheesy assumé.

M83 – Hurry Up We’re Dreaming

Retour gagnant pour M83 qui signe avec Hurry Up We’re Dreaming un double album électropop épique et lumineux, qui nous propulse tout droit au pays des rêves d’Anthony Gonzalez. Un pays où tout devient possible ! Hurry Up We’re Dreaming s’impose comme la bande-son d’un rêve éveillé où l’imaginaire côtoie la réalité en toute impunité.

À écouter : Midnight City parce que c’est LE single de l’année !

The Horrors – Skying

On attendait The Horrors au tournant après la sortie de Primary Colours, le disque quasi parfait qui avait mis tout le monde d’accord en 2009. Les petits Anglais ont travaillé dur et avec Skying, leur troisième opus, ils ont prouvé qu’ils n’avaient pas fini de nous surprendre. Sombre et classieux, entre guitares saturées et claviers aériens, Skying sonne comme un brûlot du rock moderne, porté par la voix profonde et ténébreuse de Faris Badwan.

À écouter : Endless Blue pour son intro lancinante qui laisse place à un rock électrique.

Julia

Kurt Vile- Smoke Ring For My Halo

Loin des projecteurs, Kurt Vile poursuit sa route dans le sillon des trois précédents albums qu’il a composés depuis son départ du groupe The War On Drugs. Toutefois, sur Smoke Ring For My Halo, il développe davantage l’aspect mélodique de sa musique, dans des tons délicieusement feutrés (On Tour) ou abreuvés de guitares électriques (Puppet To The Man). Une sorte de nonchalance adolescente émane des paroles et de la voix de Kurt, celle-ci étant toujours mise à distance par un léger écho qui participe à la cohésion de l’ensemble. On en déroule alors la gamme chromatique d’un bout à l’autre, en camaïeux de folk.

À écouter : Jesus Fever et son clip, c’est un peu l’image qui nous reste de Kurt Vile après l’écoute de l’album. Un type qui trace sa route dans le paysage musical américain, accompagné de ses musiciens (les Violators) ou seul avec sa guitare. Ici, le voyage compte plus que la destination.

Memoryhouse - The Years EP

Dans l’avalanche d’albums « électro-chill-wave » passés sur nos platines cette année (Still Corners, Washed Out, Tycho, Taragana Pyjarama…), l’EP de Memoryhouse est dans le haut du panier. Le duo ne nous a pas tellement laissé le choix : une voix légèrement voilée à la Scarlett Johansson, des nappes de piano rêveuses, c’est comme la perspective d’une matinée passée sous la couette. Avec une pointe de culpabilité vite effacée, on tombe dans le panneau. L’horoscope de Memoryhouse en 2012 ? Un premier album intitulé The Slideshow Effect qui sort chez Subpop le 28 février, et déjà un premier single en écoute sur leur site.

À écouter : l’EP en streaming intégral sur Vimeo avec les visuels de Jamie Harley.

Battles – Glass Drop

La rafale Battles sur scène n’a fait que confirmer tout le bien qu’on pensait de cet album chatoyant, acidulé et implacable. Si certains featurings manquent de relief (Sundome et Sweetie & Shag), c’était une drôlement bonne idée d’inviter le déjanté chilien Matias Aguayo sur Ice Cream pour un délire sucré. Avec un sens du rythme incroyable, Futura, Inchworm ou encore Africastle créent des labyrinthes dont la seule issue est l’abdication.

À écouter : L’incroyable Wall Streeet, toutes basses dehors.

M83 – Hurry Up, We’re Dreaming

Anthony Gonzales est désormais seul maître à bord du projet M83, et son obsession pour les années 80 commence légèrement à se faire sentir. Heureusement, c’est pour servir un univers qu’il a développé avec minutie depuis 2001. Dans Hurry Up You’re Dreaming, on retrouve les frissons de Before The Dawn Heals Us sorti en 2005 et pierre angulaire de sa discographie, mais pour atteindre une plénitude libératrice. Ce double album a clairement vocation à nous embarquer dans une odyssée imaginaire peuplée de rêves, de villes qui brillent et d’espoir. Alors on décolle avec Midnight City,on danse avec OK Pal, on plane avec Intro ou Another Wave From You, on rit avec Raconte-Moi Une Histoire et tout devient si facile. Ne pensons pas encore à l’atterrissage.

À écouter : New Map, chanson parfaite de nouvelle année.

Fink – Perfect Darkness

Avec des mots si bien choisis, Fink a encore une fois réalisé une oeuvre évocatrice avec un minimum d’artifices. La sensibilité blues qu’il cultive depuis plusieurs albums emmène les morceaux vers la source de l’émotion. Ok, Fink ne va pas vous remonter quand il ne vous restera plus que vos yeux pour pleurer. Mais est-ce vraiment cela que vous attendez de lui ?

À écouter : Perfect Darkness

La chronique complète sur Discordance : http://www.discordance.fr/fink-perfect-darkness-33335

Pascal

Trash Talk – Awake

Un EP radical, véritable concentré de rage, de violence et de concision. 5 morceaux en moins de 10 minutes, des prestations live réputées pour se finir en un chaos sans nom. Just another punk hardcore band ? Pas tout à fait, puisqu’au-delà des clichés du genre, Trash Talk arrive à se dégager de la masse tatouée par l’extrême qualité de leur DIY.

À écouter : Gimme Death pour sa minute quarante-neuf de constat désabusé, so 2012.

The Dukes – Victory

2011 aura été une année bien remplie pour François Shanka Maigret (No One is Innocent, ex-Destruction Inc) entre la tournée avec No One, la sortie de l’album de France de Griessen dont il s’est occupé, mais aussi et surtout, ce premier album de The Dukes, son nouveau bébé, qui illustre de façon éclatante les talents de composition du bonhomme. À la fois lourd et lumineux, Victory est l’un des meilleurs disques rock de l’année. Rien de moins.

À écouter : Nothing in this world pour son début langoureux, ses lignes imparables et son final électrisant, so 90′s.

Battles – Gloss Drop

Une captation de la Blogo devenue culte en quelques heures, une prestation envoutante aux Eurockéennes de Belfort et un excellent album pour ce Battles nouvelle version. La musique du quartet emmené par l’incroyable batterie de John Stanier est une sorte de poupée russe se déclinant à l’infini qui réussit le pari de ne pas rebuter le néophyte par une prétendue complexité de façade.

À écouter : Futura pour sa structure diabolique à faire pâlir tous les Skrillex de la Terre.

Shaka Ponk – The Geeks and the jerkin’ socks

Pas facile de succéder au parfait Bad Porn Movie Trax et à leur réputation de rouleau compresseur scénique. D’ailleurs les premières écoutes sont plutôt déstabilisantes entre une large part faite à la voix féminine de Samaha Sam et une énergie moins directe que par le passé. Goz aura pourtant de quoi être fier de ses petits singes, qui auront su évoluer vers un groove différent, mais toujours aussi addictif, voire même encore plus que par le passé. Preuve en est, cette explosion de notoriété amplement méritée, qui les aura vus remplir le Zénith de Paris et qui laisse présager sans grand risque de se tromper, que le meilleur reste encore à venir pour 2012.

À écouter : I’m picky pour sa complainte freaky-funky-groovy.

Social Distortion – Hard Time and Nursery rhymes

Ou le retour de Mike Ness, patron incontesté ès punk rock. Peut être pas le meilleur album du groupe, mais la voix rocailleuse du Maître suffit à élever le disque dans les sphères célestes (Where the angels sing), pour un boeuf d’anthologie entre Johnny Cash, Lux Interior et Joe Strummer. Un disque qui parle de gangsters, d’espoir, d’amour et de rédemption.

À écouter : Still Alive pour l’optimisme forcené qui se dégage de cette ode à demain.

Sam

Colin Stetson – New History Warfare, Vol.2 : Judges

La création d’un monde où le rythme est une respiration, où la texture d’un son est une image au fort pouvoir cinématique. L’album de Colin Stetson est comme un recueil de poèmes où la musique remplace les mots. L’émotion de Judges réside dans ce fait précis qu’elle est le fruit de la force vitale d’un seul homme, d’un être qui se vide de toute son énergie pour nous emmener dans un voyage bouleversant, un être qui ne semble jamais à bout de souffle. Les étiquettes jazz ou avant-garde restent des étiquettes, comme on a besoin de mettre les choses dans des cases. Cet album est au-dessous des cases et jamais cette année, l’air ne fut aussi maîtrisé, aussi possédé, aussi beau. Magistral !

À écouter : L’époustouflant The Stars in His Head (Dark Lights Remix).

Tom Waits – Bad As Me

2011 a marqué le retour de Tom Waits, et c’est un événement musical en soi qu’il était impossible d’ignorer, le second est qu’il ne déçoit pas, loin de là, même. Tom Waits ne fait jamais de promesses, il fait ce qu’il veut quand il le veut, pas de plan, pas de programme. Bad As Me montre que sa voix a toujours sa place dans le paysage musical et qu’elle a toujours sa puissance pour dessiner des images, raconter des histoires, à des oreilles attentives.

À écouter : Kiss Me et Hell Broke Luce pour les deux visages de ce retour en forme et en force.

Nicolas Jaar – Space is Only Noise

« Est-ce qu’on peut bien décrire un paysage, si on ne le parcourt pas de haut en bas, de la terre au ciel, du ciel jusqu’à la terre, aller-retour… » Nicolas Jaar dépeint un univers minimaliste aussi sensuel que fascinant, entre ciel et terre, tantôt sur des terrains connus, tantôt au sein d’un espace où chaque sample, chaque note, chaque bruit est comme un astre éclairant mieux la voie que nous traversons, une voie où le silence n’a pas sa place, où il est annihilé au nom d’un bruit aux multiples personnalités. Space is Only Noise brouille les repères : tout semble aller à la fois vite et au ralenti… Jaar joue avec le temps et d’une certaine façon, l’espace. Dès lors, ce premier album est une promesse, une promesse électronique, et en musique, on aime les promesses tenues. À suivre…

À écouter : Keep Me There, un des plus beaux bijoux de l’album.

Shabazz Palaces – Black Up

Abstract hip-hop. Deux mots qui peuvent donner une idée précise de cette vaste entreprise qu’est Black Up. Remarquable et fascinant en sont deux autres. Certaines idées brillantes de ce LP ont probablement émergé par accident, il n’en reste pas moins que cet album fait de virages déroutants s’éloigne des projets hip-hop formatés. Les transmutations hypnotiques de l’album viennent du fait que rien n’y est figé, il n’y a aucune logique dans l’évolution d’un morceau et le tour de force réside dans cette capacité à déstabiliser sans jamais frustrer. Dans sa façon de faire Black Up est aussi et surtout le symbole d’une certaine forme de liberté.

À écouter : Le remarquable An Echo from the Hosts that Profess Infinitum pour ses irrésistibles mutations rythmiques.

Cheveu – 1000

Impossible is not french : « French know how to do what you don’t know what to do ! ». L’album qui pourrait soit être la contradiction, soit l’exception à ce que disait John Lennon : « French Rock tastes like English wine! ». 1000, c’est un pur bordel mélodique, une « lo-fi symphonique » comme disent les trois membres du groupe. Alors, ouais, 1000 possède en bonus track invisible, mais perceptible entre chaque note, ce cadeau aux auditeurs, ce sentiment de fierté, parce qu’un groupe français est capable de pondre une telle tuerie ! C’est jouissif sur le papier comme dans les oreilles ! Mille mercis les mecs !

À écouter : Quattro stagioni, parce que c’est la première piste et donc le premier qui vient.

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A propos de l'auteur

Image de : En plus de travailler dans la promotion musicale, Benjamin aime passer son temps perdu à écrire sur les médias en général, la théorie du cinéma, l'économie des NTIC ou encore la transformation de l'industrie musicale. Sinon, il adore les salles de concert qui sentent la sueur, les films de plus de trois heures sur l'histoire des Etats-Unis, la techno planante au petit matin, les hot-dogs, les papiers gonzos, la radio, la vodka, le rock qui envoie, les polars de 800 pages avec des personnages orduriers, les documentaires sur la CIA, et puis surtout les yaourts et les glaces.

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