Les films de la décennie à voir avant le 21/12/2012

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Fin 2009, début 2010. Malgré la tentante originalité de faire un bilan de l'année qui commence, des chroniqueurs cinéma de Discordance essayent de tirer le portrait cinéma de celle qui s'achève. Une chose en entraînant une autre, c'est toute la décade des années 2000 qu'ils esquissent. Coups de coeur & coups de gueule, tous subjectifs.

Fin 2009, début 2010. Malgré la tentante originalité de faire un bilan de l’année qui commence, des chroniqueurs ciné de Discordance essayent de tirer le portrait cinéma de celle qui s’achève. Une chose en entraînant une autre, c’est toute la décade des années 2000 qu’ils esquissent. Coups de coeur & coups de gueule, tous subjectifs.

Les meilleurs films de 2009

Loïc :

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2009 aura été une année riche en beaucoup de choses, mais certainement pas en Cinéma. Achevant une décennie calamiteuse, elle nous a néanmoins donné quelques pépites et quelques cailloux communs, mais acceptables. Voici ceux que j’ai vus :

1. Gran Torino : Clint Eastwood s’est une fois de plus surpassé pour nous offrir Gran Torino . Il est peu probable que vous soyez passé à côté, mais si c’est le cas, foncez acheter le DVD, vous ne serez pas déçu. Les adjectifs n’ont pas manqué pour décrire ce film : il est beau, tout simplement. Incontestablement le nº 1 de cette liste.

2. The Wrestler : sobriété est le mot qui semble avoir dirigé l’excellent Aronofsky durant le tournage de ce film. Grâce à une prestation magistrale de Mickey Rourke, qui marque là un retour remarquable et remarqué au cinéma, The Wrestler est parvenu à nous surprendre et à nous émouvoir. Il était temps que l’on se souvienne de Rourke, l’un des acteurs les plus talentueux de sa génération.

3. Public Enemies : je cède là à mon penchant pour l’Amérique des années 30, mais pas seulement : réalisé par Michael Mann et interprété par Johnny Depp et Christian Bale (et une Marion Cotillard, légèrement perdue au milieu), Public Enemies retrace la course-poursuite entre le célèbre braqueur de banques John Dillinger et l’agent Melvin Purvis. Quelques approximations historiques, mais l’essentiel est là : on y croit et même en connaissant la fin on a envie que Depp – pardon, Dillinger – s’en sorte.

4. Vengeance : comment ne pas parler de Vengeance, le dernier film de Johnnie To ? La particularité de ce film, outre que son personnage principal est interprété par un Johnny Halliday étonnant de simplicité, réside dans les clins d’oeil faits au cinéma de Melville, et notamment au Samouraï . Ce n’est pas pour rien que To adaptera bientôt Le cercle rouge .

5. Les Insurgés : un film qui prouve que lorsqu’il n’est pas dans le smoking de James Bond, Daniel Craig peut être un très bon acteur. Ce film – tiré d’une histoire vraie, pour plus d’émotions – parvient globalement à ne pas céder dans la mièvrerie que l’on pouvait craindre pour nous dépeindre tant les bons que les mauvais côtés des deux frères héros de cette aventure.

6. La Vague : nous trichons un peu pour vous parler de ce film puisque s’il est effectivement sorti en 2009 en France nos amis Allemands l’avaient déjà vu depuis mars 2008. La vague n’est ni beau ni extraordinaire, mais il fait réfléchir. Inspiré d’une expérience menée en Californie dans les années 60, le film traite de la facilité avec laquelle nous pouvons être manipulés et amenés presque malgré nous à adhérer à un mouvement fasciste. Intéressant.

7. Sept Vies : il a été difficile de glisser Sept vies dans cette liste. En effet le film cède à un travers trop courant dans le cinéma américain : la mièvrerie. Néanmoins, l’histoire est intéressante et tant Rosario Dawson que Will Smith parviennent à sauver l’ensemble. À voir essentiellement pour leur performance, même si certains risquent de verser une petite larme à la fin (merci les violons).

8. Walkyrie : Walkyrie n’est pas en soi un « bon » film. Ou en tout cas pas au point de figurer dans cette liste. Son parti-pris pour le colonel Stauffenberg, que l’on tenterait presque de nous faire passer pour un résistant de la première heure, lui est très préjudiciable. Il a cependant le mérite de s’intéresser à ce dont on ne parle pas suffisamment : la résistance allemande. Et rien que pour ça il mérite bien de figurer dans ce top.

9. District 9 : je vous vois venir : non, ce n’est pas un fait-exprès si District 9 se retrouve à la neuvième place. En revanche ce qui est voulu c’est qu’il soit à l’avant-dernière. Il ne mérite de figurer dans cette liste que grâce à ses effets visuels. Pour le reste, ce n’est que sentimentalisme, violons et morale comme savent si bien le faire les Américains. A voir pour pouvoir en parler autour de la machine à café.

10. Inglourious Basterds : l’un des films qui a fait couler le plus d’encre cette année. Pensez-vous : c’est un Tarantino ! Pourtant là encore rien d’exceptionnel, à l’image de ce que Tarantino a fait ces dernières années. Inglourious Basterds demeure cependant l’un des films les plus amusants de cette année – après 2012 mais ça ne compte pas : c’est involontaire. Le casting à lui seul vaut son pesant d’or : Brad Pitt, Christoph Waltz, Eli Roth et Diane Kruger . Si l’on oublie Mélanie Laurent (ne fermez tout de même pas les yeux, vous rateriez la moitié du film), c’est un bon divertissement.

Arnaud :

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En premières places, ex aequo, impossibles à départager.

1. Antichrist, de Lars Von Trier. Le scandale de Cannes avait d’autres raisons de tonner : Antichrist est le chef d’oeuvre de Lars Von Trier, au coude à coude avec Dancer In The Dark . Sa revisite du mythe de la sorcière (et du film d’angoisse) est une claque, sur tous les niveaux, et en range plus d’un au placard.

1. Les Noces Rebelles, de Sam Mendes . D’abord, pour le plaisir coupable de retrouver « Kate & Léo » comme on les appelle. Puis, pour s’apercevoir qu’ils sont devenus des très - très - grands acteurs. Puis pour Sam Mendes, effrayant de maîtrise. Puis parce que j’aime décidément bien les claques. Un film immense et intense.

Puis :

3. Inglorious Basterds, de Quentin Tarantino, qui semble être le seul à comprendre l’ alchimie d’un certain cinéma. Il mêle dans son film sans complexe tout ce que fait les merveilles du cinéma d’auteur et du cinéma mainstream. Et il y a aussi Brad Pitt, l’ex-beau gosse, qui renvoie par son talent les Robert Pattison et autres Zac Effron dans les jupes de leurs mères – ce qui fait toujours plaisir.

4. Gran Torino, de Clint Eastwood. Parce qu’il est le dernier des Grands . Parce qu’on découvre enfin que l’homme, en plus d’être bourré de talent, a aussi beaucoup d’humour. Et qu’il maitrise toujours mieux la caméra.

5. The Limits Of Control, de Jim Jarmusch . Pour l’expérience cinématographique, qui rappelle que le cinéma, ce n’est pas juste des acteurs et une histoire, mais aussi un cadre, bourré de formes, de couleurs et de sons.

6. Funny People, de Judd Apatow . Parce qu’en plus d’être surprenant, le film est beau, drôle et sensible. Et qu’ Adam Sandler est un grand acteur.

7. Le Jour Où Dieu Est Parti En Voyage, de Philippe Van Leeuw . Le meilleur film qu’il m’ait été donné de voir sur ce sujet. Ça en est troublant. Oubliez tout de suite Hotel Rwanda (ce qui aurait dû être fait depuis longtemps).

8. Harvey Milk, de Gus Van Sant . L’américain est pour moi le cinéaste de la décennie. En 10 ans, il signe 5 films, qui méritent tous d’être dans toutes sortes de Tops. Comme une suite à Paranoid Park, Van Sant continue ici à mélanger avec grâce tout ce qui a fait son cinéma.

9. Welcome, de Philippe Lioret . Le cinéma peut-il être politique, engagé et intimiste à la fois ? Oui. Terriblement d’actualité. Et même s’il n’a pas la gueule de l’identité nationale, Firat Ayverdi est la révélation française de l’année, avec Tahar Rahim et Reda Kateb (vus dans Un Prophète ).

10. OSS 117, Rio Ne Répond Plus, de Michel Hazanavicius . Le film qui fait tâche, mais je n’avais plus ri comme ça depuis bien longtemps. Jean Dujardin est un corps burlesque comme on en attend depuis longtemps.

Une mention spéciale à The Wrestler, de Darren Aronofsky et Un Prophète de Jacques Audiard . Deux grands films, deux grands cinéastes, deux grands acteurs.

Dimitri :

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1. Good Morning England : un humour décapant avec des personnages finement travaillés et charismatiques, le tout saupoudré de la crème de la crème du rock « made in England », on en redemande. Pour moi le film phare de l’année.

2. L’Age de Glace 3 : la loi des série est toujours dure à enchainer, les suites perdent souvent en saveur, en originalité, en surprise. Contrairement à Shrek 3, L’Age de Glace 3 se pose en film phare de l’épopée, on se régale du début à la fin, encore et encore surpris à chaque minute dévorée.

3. Un Prophète : une vision dure des prisons, une terrible réalité qui vous pète à la gueule, Un Prophète est admirablement bien joué et surtout extrêmement bien retranscrit. Une pépite. Et elle est française.

4. Gran Torino : presque sans surprise, Clint Eastwood nous met encore une claque. Pas grand-chose à rajouter.

5. Inglorious Basterds : le grand retour de Tarantino, pas si exceptionnel que ça à la vue des nombreuses critiques élogieuses, mais une bonne approche qui casse la routine du genre.

La décade 2000

Eymeric :

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1. Morse, de Tomas Alfredson . 2008. Des vampires, on retiendra Twilight, de la Suède, on retiendra Millénium : pourtant ce film sombre a revisité le mythe du vampire dans les banlieues enneigées de la Suède pour explorer sans juger, tantôt dans l’hyper-réalisme, tantôt dans un fantastique bleu-glacier, les pulsions de vengeance d’un garçon à l’aube de l’adolescence et son amour avec une jeune vampire. Au-delà du bien et mal, macabre, distant tout autant que sensible.

2. 2046 de Wong Kar-Waï . 2004. Poétique par définition : centré sur sa propre écriture, sa propre esthétique, mélancolique et tellement sublime.

3. El Mar, d’ Augustin Villaronga . 2000. Un film qui fait habilement ressentir à son spectateur un désir inassouvi qui se prolonge jusqu’à sa conclusion. Pour le reste, on y retrouve une atmosphère troublante, entre vie et mort, désirs contenus et violence.

4. Dancer in the Dark, de Lars Von Trier . 2000. Pour la rencontre et le conflit entre Björk en Von Trier qui ont su donner un drame à la fois très noir et percé d’échappées poétiques, et surtout pour la musique et la prestation inoubliable de Björk .

5. Le Voyage de Chihiro, d’ Hayao Miyazaki .2001. Le film le plus culturellement dépaysant de Miyazaki, dans le monde des démons et merveilles du Japon. Un rêve éveillé.

6. Naissance Des Pieuvres, de Céline Sciamma . 2007. Parce qu’il fallait récompenser la sensibilité de ce premier film au milieu de ce top non-exhaustif. Un film qui exprime aisance et délicatesse, sans un faux pas, la naissance du désir de jeunes adolescentes.

7. Paranoïd Park, de Gus Van Sant . 2007. Moins connu qu’ Elephant et Harvey Milk mais plus intimiste et personnel, avec toujours le talent de Van Sant pour filmer avec subjectivité sans juger ni envahir. Ici, l’univers visuel et sonore forme un labyrinthe de pensées et de mémoire autour de son personnage.

8. Marie-Antoinette, de Sofia Coppola . 2005. Pour l’audace des anachronismes, et parce que Sofia Coppola insuffle habilement à un personnage historique sa subjectivité et son style, qui donne au final à Marie-Antoinette une approche sensible de l’Histoire et une certaine vérité au milieu des motifs esthétiques du film.

9. Les Noces Rebelles, de Sam Mendes . 2009. Sam Mendes tourne avec sa femme Kate Winslet, qui elle, refonde son duo mythique avec DiCaprio . Il en résulte un film intime, dans l’ambiance d’une nouvelle de Kressman Taylor, centrée sur les drames quotidiens, l’ennui et les frustrations d’un couple dans l’Amérique des années 50.

10. C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée . 2005. Une saga familiale un peu folle, traversée par les 70′s, souvent drôle mais toujours juste dans son aspect dramatique, allant de l’éclat de rire, aux bleus et aux larmes.

Loïc :

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1. Eternal Sunshine of the Spotless Mind . 2004. Peu importe le nombre de ses détracteurs et de ses partisans: on l’aime ou on le déteste, mais il ne laisse pas indifférent. De ce qui aurait pu être un simple conte poétique Michel Gondry est parvenu à faire un must de la décennie. Comment ? Avant tout grâce à un exceptionnel duo d’acteurs. Si Jim Carrey est étonnant de sobriété et de justesse, Kate Winslet ne joue pas : elle vit. À voir et à revoir.

2. Gladiator . 2000. Il n’est plus besoin de présenter Gladiator et son acteur principal, Russel Crowe . Une mise en scène, des décors et des performances d’acteurs impressionnants : il n’en fallait pas moins pour faire de ce film l’un des plus gros succès de ce début de millénaire. Amplement mérité.

3. Gran Torino . 2008. Clint Eastwood n’a plus rien à prouver depuis longtemps et enchaîne les succès avec une facilité déconcertante. S’il est incontestablement l’un des grands acteurs du XXème siècle, son Gran Torino est sans conteste l’un des plus beaux films de cette décennie.

4. Lust, Caution . 2007. Réalisé par Ang Lee ( Retour à Brokeback Mountain ), ce film m’avait fait écrire ici-même, il y a presque deux ans : « Lust, Caution, ou comment redonner espoir aux amateurs de Cinéma ». Je n’ai pas changé d’avis. Rarement au cours de ces dernières années un long-métrage aura été si magnifiquement sobre et un réalisateur aussi doué pour capturer les non-dits. S’il faut ne retenir qu’un film d’ Ang Lee, c’est celui-ci.

5. Sin City . 2005. Sin City est un film particulier, à l’image de Frank Miller (qui l’a réalisé avec Robert Rodriguez ). Dans l’univers sombre et violent de Miller la couleur est un personnage à part entière. Doté d’un casting et d’un graphisme à couper le souffle, Sin City n’est pas qu’un film : c’est un précurseur.

6. La 25ème heure . 2002. C’est dans La 25ème heure que l’on retrouve l’un des monologues les plus marquants de ces dernières années, récité par Edward NortonFuck You » / « J’emmerde »). La véritable vedette de ce film est, de l’aveu même de Spike Lee, le New York post-11 septembre . L’atmosphère est lourde et l’intensité grandit au fur et à mesure que le spectateur avance avec le personnage principal dans sa dernière journée de liberté.

7. 28 jours plus tard . 2002. 28 jours plus tard demeure l’un des meilleurs films de Danny Boyle . Il marque avant tout par sa bande originale et ses images de Londres totalement désertée (ce qui rappellera à certains I am Legend ), mais aussi par quelques passages de pure beauté. Si 28 semaines plus tard fut loin d’être à la hauteur du premier volet, nous prions pour que 28 mois plus tard ( Danny Boyle, 2011) relève le niveau.

8. The Wrestler . 2008. Véritable retour à la vie pour celui qui aurait pu devenir l’un des grands acteurs de ces 20 dernières années, The Wrestler nous révèle un Mickey Rourke touchant, sensible et tourmenté. A voir à la fois pour la sobriété de la mise en scène et la superbe interprétation de Rourke .

9. Le dernier samouraï . 2002. Oui, c’est Tom Cruise . Mais c’est aussi Edward Zwick, Hans Zimmer et Ken Watanabe . Cela ne suffit cependant pas à le faire figurer dans cette liste. La raison de ce choix réside dans l’étonnante retenue de Cruise, dans la beauté qui traverse certaines scènes et dans la tentative suffisamment rare pour être applaudie d’un réalisateur américain de comprendre et dépeindre la complexité de la société japonaise.

10. Lost in Translation . 2003. & Good Night, and good luck . 2005. & The Dark Knight . 2008. Il fut impossible de faire un choix entre ces trois films, chacun ayant des qualités que les autres n’avaient pas. Lost in Translation est une oeuvre poétique et constitue à ce jour le meilleur film de Sofia Coppola (pas dur), Good night, and good luck rappelle à certains ce que le journalisme fut et ce qu’il devrait redevenir et The Dark Knight, bien que basé sur un scénario banal, impressionne par la sombre beauté de ses décors.

Arnaud :

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1. Gerry, de Gus Van Sant . 2002. Un des plus grands films qu’il m’ait été donné de voir, toutes décennies confondues. Point.

2. Eternal Sunshine Of The Spotless Mind, de Michel Gondry . 2004. Le plus beau film d’amour que je n’ai jamais vu. Quand la tristesse et la mélancolie font plaisir. Merci Gondry .

3. Le Labyrinthe De Pan, de Guillermo Del Toro . 2006. Parce qu’on aime le cinéma pour ça : des monstres, du sang, la beauté de l’horreur et une histoire poignante. Aussi parce que le film est une très belle métaphore du cinéma : ce qu’il y a sur l’écran vaudra toujours mieux que ce qu’il y a à côté.

4. Mulholland Drive, de David Lynch . 2001. La révolution esthétique. La réinvention du film-plastique (sans jeu de mot). Le film culte, emblématique de la décennie.

5. Elephant, de Gus Van Sant . 2003. Le cinéaste américain est le plus grand filmeur contemporain. Dans ses cadres, les acteurs deviennent des anges, la mort est palpable et la beauté éternelle. Le cinéma est un art, son film, plus qu’un chef d’oeuvre, une oeuvre d’art.

6. Dancer In The Dark, de Lars Von Trier . 2000. Plus grand film de son auteur Lars Von Trier, le grand inventeur formel. Lorsqu’il s’attaque au mélodrame, ce sont des larmes, toujours des larmes, et encore des larmes. Magnifique Björk .

7. In The Mood For Love, de Wong Kar-Wai . 2000. Le cinéaste hongkongais réinvente le glamour que l’on n’avait plus vu en Occident depuis la jeunesse d’ Audrey Hepburn . Personne ne filme l’amour aussi bien que WKW .

8. Le Fils, de Luc & Jean-Pierre Dardenne . 2001. & La Chambre Du Fils, de Nanni Moretti . 2001. Un même thème, un titre semblable, ces deux films sont de magnifiques frères jumeaux. Le deuil n’a jamais été aussi beau.

10. Uzak, de Nuri Blige Ceylan . 2002. Antonioni et Bergman sont morts, vive Antonioni et Bergman ! Le turc réinvente la contemplation contemporaine, dans un magnifique film subtil, sorte de « rat des villes, rat des champs » et digne d’une Avventura .

Sans oublier :

- Ratatouille, le meilleur Pixar, grande consécration de la décennie
- Supergrave & Napoleon Dynamite, le renouveau de la comédie US
- Aniki Mon frère, le dernier film de gangsters de Kitano .
- Je vais bien, ne t’en fais pas, Les Chanson d’Amour et Le Fabuleux Destin D’Amélie Poulain, les nouveaux souffles du cinéma français.
- Redacted, un des meilleurs De Palma .
- Paranoid Park, toujours Gus Van Sant .
- A History Of Violence, ou la redécouverte de Cronenberg .
- Innocents – The Dreamers, la surprise Bertulocci .
- Pingpong ou Naissance des Pieuvres, petites merveilles.
- Tropical Malady, l’ovni thaïlandais.
- Appel Ça Comme Tu Veux, le film anar-expérimental d’ Arnaud Michniak .
- Et bien sûr : Antichrist et Les Noces Rebelles, peut-être trop jeunes pour figurer plus haut.

Dimitri :

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1. Le Seigneur des Anneaux . 2001, 2002 & 2003. Le film par référence, enfin une épopée fantastique presque digne des livres, Peter Jackson nous en a mis plein la vue… Impossible de distinguer quel film est au dessus de l’autre, je vais plutôt parler de l’ensemble.

2. Mesrine, Ennemi Public n°1 . 2008. Dur de faire un classement parmi cette crème, cela reste très subjectif. Cependant la sortie des deux volets de Mesrine est une pure réussite. Un film de gangster français comme nous en avions perdu l’habitude depuis bien des années.

3. Good Morning England . 2009. On reprend les mêmes et on recommence.

4. Le Pianiste . 2001. On était encore loin des affaires Polanski, mais celui-ci reste pour ma part son meilleur. Prenant, touchant, retournant.

5. Good Bye Lenin! 2002. Le but est atteint. On arrive à nous faire rire face à la chute du mur de Berlin, tout en montrant la réalité brutale de la réunification des deux Allemagne et surtout de deux modes de vies très différents. Quand le Coca Cola débarque chez les Soviets, c’est toute une économie qui chavire. Émouvant, drôle, magnifique.

6. Les Rivières Pourpres . 2000. Un bon thriller, un rôle qui colle parfaitement à Jean Réno, un cocktail policio-religieux, une enquête sanglante. On s’en souvient comme si c’était hier.

7. Joyeuses Funérailles . 2007. Ce n’est peut-être qu’un avis personnel, mais je n’avais plus autant ri depuis Les Visiteurs . Avec par-dessus ça l’humour anglais et c’est un enterrement qui tourne au massacre !

8. Persépolis . 2007. Film d’animation retraçant la dictature en Iran sous Le Shah ainsi que la persécution de sa population, Persépolis est le film phare de l’animation de la décennie pour adultes.

9. Little Miss Sunshine, de Jonathan Dayton & Valerie Faris . 2005. Avec Greg Kinear, Toni Colette, Steve Carell, Paul Dano et Abigail Breslin .

10. Bowling For Columbine . 2002. Après s’être demandé comment Michael Moore était toujours en vue aux USA, Bowling For Columbine éclaire admirablement bien la situation en Amérique sur la vente des armes, sa culture ainsi que ses conséquences.

Julia :

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1. Eternal Sunshine Of The Spotless Mind (2004), Michel Gondry . Suite à leur rupture, Clémentine ( Kate Winslet ) a effacé Joel ( Jim Carrey ) de sa mémoire grâce à un nouveau procédé inventé par le docteur Mierwiak. Joel décide de se lancer également dans le procédé, mais l’effacement ne se déroule pas comme prévu. Avec des astuces scénaristiques signées Charlie Kaufman, la musique originale de Jon Brion et Michel Gondry à la réalisation, ESOTSM réinvente l’histoire d’amour. Un chef d’oeuvre de trouvailles visuelles, drôle et touchant.

2. Le Voyage de Chihiro (2001), Hayao Miyazaki .
Si vous n’avez pas trop peur des parents qui se transforment en cochons, des spectres qui peuplent les bains publics et des sorcières jumelles, alors vous êtes prêts à entrer dans l’univers poétique du Voyage de Chihiro, l’un des meilleurs films du maître Miyazaki .

3. Le Seigneur des Anneaux (2001,2002 et 2003), Peter Jackson .
Très belle réalisation de Peter Jackson pour un réel défi cinématographique, étant donné la densité de l’univers créé par Tolkien . Les paysages de Nouvelle-Zélande semblent destinés à accueillir les épopées fantastiques, un vrai rêve de hobbit.

4. Old Boy (2003), Park Chan-wook .
Film appartenant à la trilogie sur la vengeance de Park Chan-wook avec Sympathy for Mr Vengeance et Lady Vengeance . Sûrement l’un des films les plus déroutants que j’ai vu ces dix dernières années. Violence, vengeance et amour par l’oeil d’un virtuose du cinéma sud-coréen.

5. Match Point (2004), Woody Allen .
Ces dix dernières années, Woody Allen n’a pas relâché la bride une seconde. Des tournages à Londres ( Match Point ), Barcelone ( Vicky Christina Barcelona ), New York ( Whatever Works ) avec les acteurs les plus en vue de leur génération ( Ewan Mc Gregor, Colin Farrell, Christina Ricci .) et une nouvelle égérie en la personne de Scarlett Johansson, ont donné naissance à huit films depuis 2000. Match Point, par sa puissance dramatique et sa critique à peine voilée de la bourgeoisie (anglaise) est peut-être le plus marquant de tous.

6. C.R.A.Z.Y (2005), Jean-Marc Vallée .
Le film qui a révélé Marc André Grondin, dans le rôle de Zak , cet ado du Québec post-Révolution tranquille en pleine quête de sa personnalité. Des histoires de sexe, de drogue, de musique ( David Bowie et Pink Floyd pour Zak, Charles Aznavour et Patsy Cline pour son père), les bonheurs et les malheurs d’une famille qui se rêve « normale ».

7. Lost In Translation (2004), Sofia Coppola .
Acteur has been en terres nippones pour le tournage du spot publicitaire d’une marque de whisky, Bob Harris ( Bill Murray ) subit un décalage horaire carabiné et une incompréhension totale de la langue, d’où quelques scènes absurdes sur le plateau d’un jeu télévisé ou sur les machines de sport de l’hôtel. Charlotte ( Scarlett Johansson ) est tout aussi perdue, mais peut-être à deux vont-ils trouver un sens à Tokyo.

8. Little Miss Sunshine (2006), Jonathan Dayton et Valerie Faris .
Toutes les familles ont leurs personnages singuliers. Mais quand ce sont tous les membres qui ont un grain, la vie ne manque pas de piquant. Ici le père est obsédé par l’idée d’être un winner, le fils a fait voeu de silence depuis neuf mois, l’oncle est suicidaire, le grand-père, toxicomane. Cette joyeuse troupe décide d’accompagner la cadette Olive à un concours de Little Miss Sunshine à l’autre bout du pays : fous rires et crises de nerfs assurés.

9. Harry, un ami qui vous veut du bien (2000), Dominique Moll .
Enfin un thriller français palpitant. Un homme trop bienveillant, c’est forcément louche. Claire ( Mathilde Seigner ) et Michel ( Laurent Lucas ), couple en vacances dans une maison isolée, vont vite nourrir des soupçons à l’égard de Harry ( Sergi Lopez ), ami de lycée de Michel retrouvé dans une station-service sur la route. Serviable, attentionné jusqu’au malaise, Harry se montre de plus en plus envahissant et l’angoisse monte. Le couple Lopez-Lucas est parfait.

10. Memento (2000), Christopher Nolan .
Un homme veut venger sa femme. Seulement, il est amnésique et la cassette de sa mémoire s’efface régulièrement. Alors, il se tatoue les indices et prend des polaroïds des gens qu’il rencontre en notant au dos des informations du style de « ne lui fais pas confiance ». C’était sans compter les talents de manipulation de ses suspects. Un scénario monté à l’envers pas facile à suivre, mais un Guy Pearce irrésistible.

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A propos de l'auteur

Image de : Originaire de Franche-Comté, Eymeric est étudiant dans les métiers du livre à Aix en Provence et prépare les concours des bibliothèques. Il aime le cinéma, pour lequel il préférera toujours l'esthétique au scénario et la littérature quand elle touche à l'intime et au quotidien. Côté musique ses goûts se portent vers la psyché-folk mais aussi vers le trip-hop, version des origines et vers le rock des vingt dernières années, du moment que les guitares sont saturées et qu'elles multiplient les effets. Il s'intéresse également aux médias, à la culture populaire et, avec du recul, à la politique. Blog: http://legendes-urbaines.over-blog.fr/

2 commentaires

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  1. 1
    le Jeudi 14 janvier 2010
    AK a écrit :

    Salut les amis, Lost in translation m’a marquée, il est vrai. Dans la même veine, également les films de Wes Anderson sont mes number one, pour le sourire aux lèvres, l’élégance de l’humour.

    Dans mon top dix; Susan Bier, danoise, After the wedding, 2007(?). De Gavin Hood, Afrique du sud, avec Tsotsi (Oscar 2006). Et en 2009, cela a été tout de même le Danny Boyle, huit statuettes d’Oscars en 2009. Je me réjouis qu’un film français et une comédienne française aient été valorisés et primés aux Oscars d’ailleurs, en 2008. Les cerfs volants de Kaboul m’ont beaucoup émue, du suisse Marc Foster (Oscar 2008). Shnabel est encore dans le coup avec Before the night falls, qui est sorti en 2000, donc dans la décennie (je n’oublie pas le Scaphandre, très bien aussi). J’ai découvert ces dernières dix années, les films québécois. Je suis restée un peu bloquée à Un crabe dans la tête de Turpin en 2001, car cela a été mon premier film québécois vraiment apprécié, mais beaucoup d’autres par la suite. Et si je devais citer encore quelques réalisateurs qui m’ont impressionnée ces dernières années; Greg Araki, Terrence Malick comme toujours pour Nouveau Monde en 2006 (décrié mais j’ai beaucoup aimé). Et tous les réalisateurs que j’oublie injustement à l’instant. Avatar, un tournant au niveau de la technique, la 3D va changer une certaine approche du cinéma. Dans les films pour enfants, je crois que c’est tout de même Ratatouille, qui m’a le plus touchée. Enchanted était adorable dans le style contes de fées des temps modernes. Dans les comédies, Bridget Bridge aura été tout un symbole. La plus grande injustice des Oscars, ne pas le remettre à Joaquin Phoenix pour Walk the line.

  2. 2
    le Lundi 15 février 2010
    Julien Vachon a écrit :

    De très beaux films.
    J’aurai cité aussi un Gus Van San au passage. Mais également Lost Hight way :)

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