1er album de LIPPIE : Attention, OVNI.

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Ceux qui la connaissent rongent leur frein depuis des années déjà. Les autres auront la chance de découvrir Lippie avec la sortie de ce premier album très attendu. Attention OVNI. Attention, coup de foudre.

Lippie - An Imaginary Truth

Aux CD promos demandés aux labels s’ajoutent parfois des disques non sollicités. Premiers disques, faits d’illustres inconnus, pas forcément très intéressants ou carrément à côté de la plaque, leur sort est souvent peu enviable. On les abandonne en tas avec d’autres, on les jette, on les oublie.

De temps à autre, pourtant, un diamant sort du lot. Le coup de cœur qu’on ne serait pas forcément allé chercher mais qui ne ressemble à rien d’autre, intrigue davantage à chaque écoute, et s’impose finalement comme si on l’avait attendu depuis toujours.

Nom de code : Lippie. Avec le L de Laura Peinetti, l’infini du Pi grec et surtout, l’insolence du mot « lippy » hors de nos si petites frontières.

Parlons-en des frontières. D’autant que Lippie les explose. Qu’il s’agisse du genre musical, de la langue (un anglais bien à elle, avec son accent aussi – et pour ceux à qui ça ne plairait pas, c’est pareil), la façon de créer, les collaborations, impossible de ne pas comprendre que cette fille là ne se laissera enfermer dans aucun cadre, recherchant avant tout l’authenticité et l’Etre, de préférence au Paraître. A cet égard, la rencontre avec John Forté (ex Fugees) fut providentielle, lui qui sut mieux que personne mettre en valeur les intentions profondes de la jeune femme tout en arrondissant les angles d’un style « industriel » pour faire de ce disque sans artifices le parfait émissaire de son auteure (« Powerful, beautiful, excellent / The little things are what we want »Little things, avec John Forte).

D’un titre à un autre, Imaginary Truth se balade entre hip-hop, reggae, soul ou pop-folk (We Fall aurait même des accents d’électro-pop à la Thom York) pour n’être jamais vraiment aucun de ces styles et inventer sa couleur propre, ni black ni white : celle de l’universalité. Le rythme est essentiel jusque dans la diction au flow impeccable, instinctif comme pourrait l’être celui qu’on entendrait au détour d’une rue de Harlem (Killing World, avec Tabi Bonney). Cette connotation franchement urbaine n’est cependant pas exempte d’une impression de grande liberté, pour des chansons d’une modernité autant que d’un naturel confondants. La voix, voilée comme celle de Camelia Jordana, insolite comme celle de Bjork, à fleur de peau comme celle de Fiona Apple, indomptée comme celle de Julia des Mansfield.tya martèle des textes encore capables d’une indignation qui vient des tripes, d’un cri d’amour déchirant (Arabic, hearing avec Saul Williams himself), ou d’un message d’espoir. De l’évident Can You et son piano à bouche structurant au poignant All The Cities, en passant par l’épuré Confession, la puissance mélodique des titres ne fait aucun doute, tant que le nombre de passages du disque sur la platine pourrait rapidement témoigner d’un début d’obsession.

Autant rendre carrément les armes : la musique de Lippie possède une force de conviction couplée à une sensibilité qui la rend irrésistible. Punk dans l’esprit, ce premier album a la fraîcheur et la beauté un peu émouvante d’une œuvre unique en son genre, à la fois indéfinissable et incroyablement homogène. Profondément sincère et brute, l’énergie qui s’en dégage soulève la poitrine et atteint en plein cœur.

 

 

 

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Album disponible le 4 juin 2012 et en précommande sur http://musique.fnac.com/a4064287/Lippie-An-imaginary-truth-CD-album (3ème Bureau / Wagram)

Lippie sera en concert le 27 avril à la Flèche d’Or et le 3 mai au Café de la danse (en 1ère partie de DJ Cam).

A propos de l'auteur

Image de : Isatagada a une fâcheuse tendance à en faire trop tout le temps : s’investir pour de nouveaux artistes, photographier, parler, filmer, s’indigner, lire, se faire de nouveaux amis et écrire, écrire, écrire... L'essentiel étant de galoper, pas de manger des fraises. Du coup, elle se couche tard et se lève tôt ; rêve de téléportation et de quelques vies supplémentaires. Et de servir à quelque chose quelque part, en fait. Blog / Flickr

3 commentaires

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  1. 1
    le Jeudi 26 avril 2012
    Corine a écrit :

    « De temps à autre, pourtant, un diamant sort du lot. Le coup de cœur qu’on ne serait pas forcément allé chercher mais qui ne ressemble à rien d’autre » J’aime beaucoup cette phrase et tout l’article d’ailleurs. Cela me donne envie d’ecouter cet album.

  2. 2
    Isatagada
    le Jeudi 3 mai 2012
    Isatagada a écrit :

    Oh merci Corine ! Je mettrai un lien pour Deezer dès que l’album y sera pour que tu puisses écouter.

  3. 3
    Isatagada
    le Lundi 4 juin 2012
    Isatagada a écrit :

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