16volt : rêves de lumière

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Vingt ans déjà que 16volt, mené par le génial Eric Powell, nous électrifie de son rock industriel nerveux, sombre et captivant. L’occasion de revenir sur une discographie frénétique et de se rappeler que Beating Dead Horses, le septième album du combo, est sorti au mois de mai dernier.

Bien que nombre de morceaux aient été enregistrés entre 1987 et 1990, ce n’est véritablement qu’en 1991 que prend forme l’avènement de 16volt dans le milieu professionnel. À l’origine du projet, Eric Powell, talentueux diplômé d’une école d’ingénierie sonore qui a pour ambition de mélanger les guitares saturées des débuts du punk avec les beats puissants et énergiques de la dance. Principalement pensé comme un one-man band, l’élaboration des albums voit l’intervention de nombreux guests.

Wisdom

Co-produit par David Ogilvie (Nine Inch Nails, Skinny Puppy) et Keith Fluffy Auerbach (Ministry), Wisdom sort en 1993. Brûlot coldwave et industriel, l’album reçoit un accueil très favorable. Lourd et nébuleux, ce premier effort est un véritable concentré de growls rageurs, de riffs saignants, de beats dévastateurs et de synthés apocalyptiques. En témoigne l’oppressant Filthy Love Of Fire, le percutant Dreams Of Light ou le virulent Motorskill, classique incontesté de la « machine rock » comme l’appelle son fondateur.

 

Skin

Plus nuancé que son prédécesseur, Skin voit le jour un an plus tard, en 1994. Les éloges ne manquent pas et l’album se place dans les charts en Europe, en Asie et aux États-Unis, tandis qu’il parvient à la deuxième place des « alternative charts » du célèbre magazine Rolling Stones. Il faut dire que cet opus est une démonstration en force de breaks incisifs et de mélodies imparables. Le morceau éponyme, Perfectly Fake et Stitched en sont de parfaits exemples.

 

LetDownCrush

Sorti en 1996, LetDownCrush se veut plus accessible que tout ce que Powell a pu délivrer par le passé. N’en reste pas moins quantités de tubes incontournables tel que The Dreams That Rot In Your Heart, The Cut Collector ou le superbe Crush. L’album voit d’ailleurs le one-man band être propulsé dans toute la grande presse américaine de musiques alternatives et atteint cette fois-ci la première place dans le magazine Rolling Stones. Une opportunité qui permet à 16volt de se lancer dans sa première tournée nationale aux côtés de Chemlab, Acumen Nation ou plus connu, Korn.

 

SuperCoolNothing

Mit en lumière par le succès de LetDownCrush, Eric Powell signe avec Slipdisc/Mercury/Polygram et prépare son quatrième album, SuperCoolNothing, qui paraît en 1998. Cet opus, qui voit l’arrivée de Mike Peoples en tant que membre permanent, reste à ce jour l’album le plus brutal du groupe ainsi que l’une de ses meilleures offrandes. Don’t Pray, Keep Sleeping, Happy Pill ou encore Machine Kit sont autant de titres mémorables. Mais le rachat du label par Seagram cause l’éviction du staff ayant travaillé sur la promotion de l’album. Après seulement deux semaines de tournée, Powell et cie sont contraints de plier bagages et SuperCoolNothing voit le jour sans promotion, sans tournée et sans aucun autre soutien financier.

Un an d’une bataille juridique acharnée oblige Eric Powell à jeter l’éponge. De fait, entre 2000 et 2006 sortent successivement Demography > The Basement Tapes (un album de démos et autres morceaux inachevés qui précèdent la période Wisdom), une ré-édition de SuperCoolNothing sobrement intitulée SuperCoolNothing v2.0 ainsi que The Best Of Sixteen Volt comprenant le premier live audio du combo. Le groupe participe également à la bande originale du jeu vidéo Primal, à une tournée Nord Américaine aux côtés de KMFDM, et Powell travaille en parallèle sur quelques side-projects (H3llb3nt, Ringer, Graphic).

 

FullBlackHabit

Le retour inattendu de 16volt sur le devant de la scène s’effectue en 2007 avec la sortie de FullBlackHabit, un opus acclamé par la presse et par les fans. Mike Peoples étant indisponible, le renouveau démarre sans lui dans cet album surprenant et très personnel, mêlant habilement ballades electro et trip-hop (And You Are All Alone Again, The End Of It All, Afterglow, Whisper Cure) à la verve propre à la musique de 16volt (Come For You, Cables And Wires, Suffering You, The Defect People).

 

American Porn Songs

Fort d’un retour clairement affirmé deux ans plus tôt, Eric Powell revient accompagné de Mike Peoples et d’un nombre conséquent de guests avec la sortie de American Porn Songs en 2009. L’opus, – généralement considéré comme le meilleur album du combo – fait la part belle à des titres explosifs, mélodieux, aux arrangements hétéroclites (Enjoy The Pain, With Fire And Burning, It Turns All Bad, Orange Insect). Sans omettre les anciennes démos retravaillées pour l’occasion (Alkali, American Porn Song, Blessed) qui s’intègrent parfaitement au tout. Et devant l’engouement général sort en 2010 American Porn Songs // Remixed.

 

Beating Dead Horses

Sorte de retour aux sources sans pour autant renier l’évolution entamée sur les deux précédents albums, Beating Dead Horses débarque en 2011. Le titre, métaphore d’une humanité reprenant inlassablement une attitude absurde, évoque le point de vue de son auteur qui se surpasse ici dans la puissance de ses textes. L’ensemble étant interprété avec un chant impeccable, tout en nuances, et transcendé par des riffs massifs et des synthés aériens. Citons pêle-mêle l’hymne metal Beating Dead Horses, l’entêtant single Burn, le dément Sick, Sick, Sick, le déroutant The Carrion ou le déchirant Somewhere New. Un album démesuré et éclatant de noirceur, finalement à l’image de la discographie d’un des combos rock industriel les plus influents de ces deux dernières décennies.

http://www.youtube.com/watch?v=Uv-zgDRnMJA

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Site officiel : http://16volt.com/

A propos de l'auteur

Image de : Esprit ouvert vers le monde, aussi bien apaisé que profondément rock'n'roll, Ghost erre dans l'immensité des paysages musicaux d'hier, d'aujourd'hui et de demain.

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